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Construction des certifications professionnelles en blocs de compétences

Si le projet de loi "Pour la liberté de choisir son avenir professionnel" est adopté en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, les certifications professionnelles enregistrées au RNCP devront être structurées en blocs de compétences. Ces derniers étant définis comme « des ensembles homogènes et cohérents de compétences contribuant à l’exercice autonome d’une activité professionnelle et pouvant être évaluées et validées »

Les pratiques de construction des certifications professionnelles et d'ingénierie de la formation vont évoluer, en suivant la logique de construction des certifications professionnelles en blocs de compétences, consacrée par la loi de 2014, cela devrait prendre de l’ampleur à l’avenir avec la réforme de la formation en cours.

Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » examiné actuellement au Sénat et qui devrait revenir en deuxième lecture à l'Assemblée nationale courant de l'été, précise que les certifications inscrites au RNCP devront être constituées en blocs de compétences. À l’avenir, une action de formation permettant d’acquérir un bloc de compétences sera considérée comme certifiante et sera donc éligible au compte personnel de formation -CPF-. En pratique, une telle formation sera sanctionnée par une « attestation de validation de blocs de compétences ».

L’intérêt de ces dispositions, comme le rappelle Valérie Hellouin, consultante sénior ingénierie et politiques de formation de Centre Inffo, est de faciliter l’accès de l’individu aux certifications RNCP dans le cadre d’un parcours de qualification progressif, bloc après bloc.  Au-delà de la possibilité de se former progressivement, la logique de blocs de compétences vise aussi à faciliter les équivalences et les passerelles entre différentes certifications. L’idée est de fluidifier le paysage de la certification et potentiellement de réduire le nombre de certifications.

La définition figurant dans le projet de loi précise que les blocs portent sur des compétences contribuant à l’exercice autonome d’une activité professionnelle, ce qui pourrait réduire les choix des certificateurs, selon Valérie Hellouin. Reste à savoir si la notion d’activité dans le projet de loi correspond à celle du référentiel utilisé pour les certifications.

Comme aujourd’hui, les blocs seront adossés à une certification enregistrée au RNCP. Mais rien n’empêchera de faire correspondre un bloc à une certification du répertoire spécifique (nouvelle appellation de l’inventaire).

De manière générale, le projet de loi vise à encourager l’instauration d’équivalences et de passerelles. France Compétences pourra ainsi adresser aux certificateurs des demandes de correspondances totales ou partielles de leur certification avec des certifications jugées équivalentes. Si cette demande n’est pas satisfaite, des sanctions seront appliquées. À savoir, le retrait de la certification du RNCP.

De leur côté, les organismes de formation vont devoir structurer leur offre en modules permettant aux stagiaires d’acquérir les blocs de compétences définis par les certificateurs. Ce qui peut demander un important travail de ré-ingénierie des formations. Une étape à ne pas négliger. « Si on ne peut pas faire le lien entre un bloc de compétences, c’est-à dire une partie de certification, et un ou plusieurs modules de formation, le problème de l’éligibilité au CPF et du financement va se poser », selon Valérie Hellouin.




Date de publication
3 juillet 2018