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Accueillir et accompagner les personnes étrangères


La question de l’accueil des personnes venues des quatre coins du monde interroge notre système d'orientation tout au long de la vie : quelles structures d’accueil ? Quelles voies d’insertion possibles ?  Et dans quelles conditions ?

La sémantique, la législation, les différentes  politiques définissent l’encadrement de situations variées.  
Les contenus ci-dessous tentent d’apporter un éclairage sur une thématique qui nécessite des prises en charge adaptées.

Migrant, réfugié, demandeur d'asile, apatride : quelques définitions

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  • Un migrant, selon la définition de l’ONU, est une personne née dans un pays et qui vit dans un autre pays pour une durée supérieure à un an, quelles qu’en soient les raisons. C’est une catégorie générale à laquelle appartiennent notamment les réfugiés, mais aussi les étudiants étrangers ou les travailleurs venus d’autres pays, par exemple.
     
  • Un réfugié est une personne à qui un pays d'accueil accorde une protection en raison des risques de persécution qu'elle encourt dans son pays d'origine du fait de son appartenance à un groupe social ou ethnique, de sa religion, de sa nationalité ou de ses opinions politiques et ce en application de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. 
     
  • Un demandeur d'asile est une personne ayant fui son pays parce qu'elle y a subi des persécutions ou craint d'en subir. Sa demande de statut de réfugié n'a pas encore fait l'objet d'une décision définitive.
     
  • Un apatride est une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. Vidéo explicative ci-dessous produite par la UNHCR
L'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) statue sur les demandes d'asile et d'apatridie. Guide des procédures à l'OFPRA 

 

Mineurs Non Accompagnés

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  • Un mineur est considéré comme non accompagné lorsqu'aucune personne majeure n'en est responsable légalement sur le territoire national ou ne le prend effectivement en charge et ne montre sa volonté de se voir durablement confier l'enfant, notamment en saisissant le juge compétent. Article 1 de l'arrêté du 17 novembre 2016 relatif aux modalités de l'évaluation des mineurs privés temporairement ou définitivement de la protection de leur famille. 
    Les Mineurs Non Accompagnés relèvent de la protection de l'enfance.

  • 17 022 personnes déclarées mineures non accompagnées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018 ont été portées à la connaissance de la cellule de la Mision Mineurs Non Accompagnés. La cellule nationale ne comptabilise que les personnes dont la minorité et l'isolement familial ont été reconnus sur décision de l'autorité judiciaire. Les situations des personnes en cours d'évaluation ne sont pas prises en compte dans le calcul des effectifs. Après l'augmentation record de 85% en 2017, l'accroissement pour l'année 2018 est de 14%. (Source : rapport annuel d'activité 2018 Mission Mineurs Non Accompagnés)

En savoir plus

Accueil et parcours d'intégration

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Le contrat d’intégration républicaine

Depuis la  loi du 7 mars 2016, chaque étranger souhaitant s’installer durablement sur le territoire français peut bénéficier d’un « contrat  d’intégration républicaine ».
Ce contrat a été renforcé avec des formations doublées et un nouveau volet emploi à partir du 1er mars 2019.
 
Téléchargez l'infographie 

Formations
 
 
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Structures relais

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Associations, structures d'accueil...


Différentes structures peuvent aider aux démarches administratives, conseiller pour une formation ou un projet professionnel, etc. 
Voici une sélection, non exhaustive, de ce type de structures :

  • Centres d'accueil de demandeurs d'asile - CADA offrent aux demandeurs d’asile un lieu d’accueil pour toute la durée de l’étude de leur dossier de demande de statut de réfugié. Cet accueil prévoit leur hébergement, ainsi qu’un suivi administratif (accompagnement de la procédure de demande d’asile), un suivi social (accès aux soins, scolarisation des enfants, etc.) et une aide financière alimentaire. Les CADA sont en général gérés par des associations ou des entreprises.
  • La Cimade, accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits, agit auprès des personnes enfermées et se mobilise pour témoigner. En Auvergne-Rhône-Alpes, la Cimade propose : 
    • Des permanences juridiques.
    • Des ateliers socio-linguistiques.
  • Entraide Pierre Valdo. L’Association Entraide Pierre Valdo gère depuis plus de 40 ans de nombreux établissements et activités dans le champ de l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion sociale et professionnelle :
    • À destination du public migrant, demandeur d’asile et bénéficiaire de la protection internationale.
    • En faveur de l’inclusion, du logement et de l’hébergement des personnes défavorisées.
    • Au bénéfice de l’enfance (loisirs et protection de l’enfance).
  •  Forum réfugiés - Cosi. Association qui a des missions auprès des demandeurs d'asile (premier accueil, hébergement, présence d'un tiers à l'OFPRA), des réfugiés (programmes d'intégration, programme de réinstallation, hébergement) et des mineurs non accompagnés (mise à l'abri et évaluation, accompagnement dans la demande d'asile). Les actions de Forum Réfugiés comprennent également :
    • L'accompagnement juridique en centre de rétention adminitrative. 
    • Un service formation et documentation. 
    • Un centre de santé qui vient en aide aux personnes exilées en souffrance psychique et aux victimes de violences intentionnelles et de torture. 
    • Le playdoyer et la sensibilisation. 
  • France terre d'asile. Gère de nombreux centres d'accueil pour demandeurs d'asile et réfugiés. Les demandeurs d'asile y sont hébergés et bénéficient d’un accompagnement social, juridique et administratif. Elle assure également :
    • L'accueil et d'orientation auprès des mineurs non accompagnés.
    • Des formations sur les thèmes du droit d’asile en France et en Europe, de l’accompagnement psychologique et social des demandeurs d’asile et des réfugiés et de l’insertion professionnelle des réfugiés. France terre d'asile propose également un MOOC "Ensemble en France" pour les étrangers sur les valeurs et principes républicains. Une cinquantaine de vidéos sont traduites en 7 langues.
    • La conduite de projets d’insertion professionnelle des réfugiés et migrants.
    • Une aide à l'exercice des droits des personnes placées en centre de rétention administrative.
       
  • InfoMIE, Centre de ressources en ligne sur les mineurs isolés étrangers. Propose :
    • Une plateforme et un centre de ressources en ligne.
    • Une Lettre InfoMIE avec les actualités sur la thématique des mineurs non accompagnés.
    • De favoriser la création des liens entre acteurs et experts dans le domaine des mineurs non accompagnés, mutualiser les expériences professionnelles et élaborer un guide de bonnes pratiques...
    • Une liste de diffusion et de discussion.
       
  • Solidarités nouvelles face au chômage accompagne des chercheurs d’emploi grâce à un réseau de bénévoles.
     
  • SINGA est une association qui propose de contribuer à la création d’une économie de l’asile dans laquelle les nouveaux arrivants contribuent à l’économie, à l’innovation et au lien social. Elle accompagne les entrepreneurs réfugiés depuis 2013.
     
  • HOPE Hébergement, orientation, parcours vers l'emploi. Il s'agit d'un programme destiné aux réfugiés. 
     
  • En lien avec HOPE, l'Opcommerce lance le programme AIRE : Accompagnement Insertion Réfugiés Emploi
     
  • CeCler propose PIETRA , la plateforme d'intermédiation professionnelle, destinées à accompagner les réfugiés et les entreprises du territoire puydômois.

Reconnaissance des diplômes et de l'expérience professionnelle

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Reconnaissance de diplômes 



ENIC-NARIC France est le centre français d'information sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes.
Il établit des attestations pour les diplômes, les études et les formations obtenus à l'étranger.
Le coût de l'attestation est de 70 €.
Pour en savoir plus :
Téléchargez l'infographie  

Exercice d’une profession en France 

Le centre ENIC-NARIC France informe sur les procédures à suivre pour exercer une profession réglementée et oriente, si besoin, vers les autorités qui autorisent l’exercice de la profession visée.
Pour en savoir plus : l'Annuaire des professions règlementées

VAE 

Toute personne, quel que soit son âge, sa nationalité, son statut et son niveau de formation, qui justifie d’au moins 1 an d’expérience en rapport direct avec la certification visée, peut prétendre à la VAE.
Pour en savoir plus : Le portail de la VAE
Le centre ENIC-NARIC France délivre également des attestations de reconnaissance d’études ou de formation à l’étranger.
 
 
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Veille

 
  • « 60 % des réfugiés sont sans activité à l'issue de leur contrat d'intégration républicaine »
    5 octobre 2020
    Jean-Noël Barrot est député MoDem des Yvelines et coauteur, avec la députée du Maine-et-Loire La République en marche (LRM) Stella Dupont, d'un rapport sur l'intégration professionnelle des réfugiés, présenté mercredi 23 septembre à l'Assemblée nationale. Il rappelle que « plus une personne étrangère acquiert rapidement la maîtrise de la langue et accède tôt au marché de l'emploi, plus sa trajectoire d'intégration est réussie à long terme S'il souligne le « véritable effort » engagé depuis 2018, « beaucoup de progrès » restent à faire, notamment dans l'apprentissage du français. A la lecture de votre rapport, on a le sentiment que la politique d'intégration professionnelle des réfugiés est un millefeuille un peu flou ? La question de l'intégration professionnelle des réfugiés se pose avec acuité depuis 2015 et il a fallu attendre 2018 avant que des engagements forts soient pris par le gouvernement à la suite du rapport du député Aurélien Taché [Pour une politique ambitieuse d'intégration des étrangers arrivant en France, présenté en février 2018]. Dans leur très grande majorité, ils ont été tenus. Un véritable effort a été fait et, au-delà de l'Etat, les collectivités locales, les associations et les entreprises ont suivi. Ça peut donner l'impression d'une pluralité de solutions mais il y a eu un véritable changement d'échelle, que ce soit sur la préparation opérationnelle à l'emploi, la mise en relation avec des employeurs ou l'apprentissage du français. Ainsi, depuis 2018, tous programmes confondus, on estime qu'il y a eu 75 000 entrées de réfugiés dans une action d'accompagnement ou de formation professionnelle dont 39 000 formations linguistiques, ce qui représente 5 millions d'heures de français dispensées et 250 millions d'euros mobilisés. Lire aussi Intégration des immigrés : priorité à l'emploi et au français Des zones d'ombre subsistent. Ainsi, les administrations n'identifient pas les réfugiés, ce qui limite considérablement l'évaluation des actions déployées. Nous avons besoin de connaître le niveau de qualification des personnes, leur taux de chômage ou leur accès à des formations pour un meilleur pilotage. Le seul élément dont on dispose aujourd'hui nous montre que 60 % des réfugiés sont sans activité à l'issue de leur contrat d'intégration républicaine (CIR) [contrat conclu entre l'Etat et tout étranger non européen admis au séjour en France, qui consiste en une formation civique obligatoire et une formation linguistique selon le niveau en français] alors que, parmi eux, 90 % souhaitaient en exercer une. Il vous reste 56.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
  • Intégration des réfugiés : la France doit mieux faire
    5 octobre 2020
    Une bénévole donne un cours de français à des réfugiés dans une association à Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme), le 26 août. THIERRY ZOCCOLAN / AFP Depuis le remaniement gouvernemental cet été, l'« intégration républicaine » a pris du galon, à tout le moins dans le protocole. Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin, en a fait un des dossiers-clés de son portefeuille. Un rapport parlementaire, qui doit être présenté, mercredi 23 septembre, à l'Assemblée nationale et dont Le Monde a pris connaissance, fait justement le bilan des actions du gouvernement en matière d'accès à l'emploi des réfugiés et d'apprentissage du français. Si « un véritable effort a été fait », d'après le député MoDem des Yvelines Jean-Noël Barrot, coauteur du rapport avec la députée du Maine-et-Loire La République en marche (LRM) Stella Dupont, « beaucoup de progrès restent à faire ». En juin 2018, dans le cadre d'un comité interministériel à l'intégration, le gouvernement d'Edouard Philippe avait pris des engagements, notamment à travers divers programmes de préparation opérationnelle à l'emploi des réfugiés, de mise en relation avec des employeurs ou d'apprentissage du français. Le contexte est alors celui d'une augmentation constante du nombre de demandeurs d'asile depuis 2015, une évolution jusque-là « difficilement accompagnée par les pouvoirs publics », souligne les rapporteurs. Faiblesse de l'accompagnement L'année 2018 marque le début d'un « véritable changement d'échelle », tient à souligner M. Barrot. Depuis, jauge le rapport parlementaire, environ 250 millions d'euros ont été engagés pour, « tous programmes confondus, plus de 75 000 entrées de réfugiés dans une action d'accompagnement ou de formation ». Près de la moitié a consisté en des cours de français dispensés par l'Etat à tous les réfugiés, dans le cadre du Contrat d'intégration républicaine (CIR), pour acquérir un niveau élémentaire de maîtrise de la langue. Les députés notent, outre l'engagement de l'Etat, celui des collectivités territoriales, des associations et des entreprises. Mais ils soulignent les limites à cet élan. Chaque année, quelque 46 000 personnes ont obtenu une protection internationale en majorité de jeunes hommes célibataires et « chacune doit être accompagnée », dit M. Barrot. Le rapport souligne en outre que les crédits dédiés à la coopération avec les collectivités territoriales ne sont pas entièrement consommés. Le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), Didier Leschi, reconnaît que « l'accompagnement vers l'emploi, même s'il n'est pas négligeable, n'est pas à la hauteur des besoins ». A l'issue du CIR, 60 % des réfugiés sont sans emploi alors que 90 % d'entre eux souhaitent exercer une activité. Lorsqu'ils travaillent, c'est le plus souvent dans les secteurs de l'hôtellerie-restauration, du bâtiment ou du nettoyage, soit, pour les deux premiers, des marchés directement impactés par la crise. Il vous reste 61.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
  • Le migrant qui a créé une solution d'alphabétisation
    25 septembre 2020
    Publié le 10 septembre 2020 Mis à jour le 25 septembre 2020 7 % des Français sortent de l'école illettrés et 2 % sont totalement analphabètes. Dans ce contexte, toute solution d'alphabétisation semble la bienvenue pour permettre à ce pourcentage restreint d'acquérir ces savoirs de base. Une initiative française a été développée... par un migrant guinéen.En effet, comme le montre ce reportage, Ousmane Bah a mis en place tout seul Solodou. Il a réalisé à son arrivée dans son quartier que de nombreux voisins n'arrivaient pas à comprendre les inscriptions françaises. Il a ainsi appris la programmation et a créé une solution informatique et mobile, accessible en partie gratuitement, autant pour les formateurs que les apprenants. Une initiative qui a déjà atteint un vaste public, 12 000 personnes ayant téléchargé l'application et, ce, sans publicité.Durée : 3min26 En savoir plus sur cette ressource Mots-clés: Alphabétisation Migrants Immigration Analphabétisme Application mobile illetrisme Analphabètes République De Guinée Voir plus de ressources de cette institution
  • Rapport d'information relatif à l'intégration professionnelle des demandeurs d'asile et des réfugiés
    23 septembre 2020
    Les rapporteurs formulent 15 propositions visant à mieux mesurer le nombre d'autorisations de travail demandées et accordées aux demandeurs d'asile ainsi que le taux de chômeurs des réfugiés, à rendre plus effectif l'accès au marché du travail et à la formation de ces personnes et à affiner la stratégie nationale pour l'accueil et l'intégration des réfugiés.
  • Société - Rencontre avec deux jeunes Ivoiriens, arrivés mineurs isolés à Aurillac et aujourd'hui prêts à être embauchés par leurs patrons
    17 septembre 2020
    « C'est une grosse surprise, soupire Sophie Molina, bénévole, qui intervient comme conseillère auprès de Kouffi et Seko*, deux jeunes Ivoiriens qui peinent à faire renouveler leur titre de séjour. Je pensais que, comme ils ont un patron qui les suit et un travail, ce serait prolongé. » Pour comprendre la situation des deux jeunes hommes aujourd'hui âgés de 19 ans, il faut remonter en arrière. Trois ans, précisément, du côté de Briançon pour Kouffi. Là, il vient de traverser la frontière Italienne, à 16 ans. Et il prend la tangente dans ce pays encore nouveau pour lui : un premier train, dont il descend, poussé dehors par le contrôleur, puis un second. Il arrive à Rodez par hasard, rencontre une dame, qui lui offre un repas. Le hasard d'Aurillac Premier foyer, où il est reconnu comme mineur, puis direction Quézac. Deuxième foyer, puis un troisième, au bout de quatorze mois, à Tivoli. Pour Seko, même type de parcours, plus institutionnel. Après Privas et Valence, il arrive à Aurillac, au même foyer. Pas encore majeurs, les deux jeunes découvrent les arcanes de l'administration, reconstruisent leur identité à coup de papiers, et découvrent une expression imagée, qui a le mérite de tout dire : « L'assistante sociale est venue me voir, il y avait un problème, se souvient Kouffi. Elle m'a dit que mes papiers n'étaient ni bon, ni faux. » À chaque fois, notamment pour les extraits d'actes de naissance, s'ils semblent bons, il manque ici un tampon, là une authentification. Les demandes sont donc faites, au pays, pour obtenir les documents, avec un résultat parfois aléatoire, plus ou moins reconnu par l'État français. En clair : c'est long, et incertain. Arrive enfin le passeport ivoirien, réalisé avec toute la bonne documentation, sorte de graal pour les deux jeunes hommes. « Cela m'a tranquillisé, se souvient Seko, qui allait atteindre sa majorité. Ensuite, ils m'ont donné une carte de séjour étudiant. » C'est là que le bât blesse, pour lui : aujourd'hui, il est en attente de la prolongation de cette dernière. Comme le veut la procédure, en plus de son passeport, la préfecture lui demande également un extrait d'acte de naissance, pour lutter contre la fraude : « En ce qui concerne les mineurs entrant illégalement sur le territoire [...] ils bénéficient de plein droit d'une autorisation de travail [...] jusqu'à la veille de leur majorité, explicite la préfecture. À leur majorité, ils doivent présenter, à l'appui de leur demande de titre de séjour, les documents justifiant de leur état civil et de leur nationalité [...] Compte tenu de leur entrée irrégulière sur le territoire français, ces documents sont adressés à la Police de l'air et des frontières pour authentification ; les documents fournis sont assez fréquemment expertisés comme frauduleux ou falsifiés. Aucun document de séjour ne peut être délivré tant que l'identité du demandeur n'est pas confirmée et, par voie de conséquence, ils perdent leur droit au travail. » Problème : le document en question a servi à faire le passeport, et est resté à l'ambassade. Aujourd'hui, Seko multiplie les démarches pour le récupérer, sans pouvoir travailler. « Je le vis très, très, très mal, explique-t-il. Je ne sais pas comment cela va se passer. Moi, je n'ai pas de problème à Aurillac, je veux rester. » Dans le Cantal, des semences libres et reproductibles pour retrouver le goût des légumes Prêts à rester Car entre-temps, les deux jeunes hommes ont fait leur trou. Kouffi travaille dans la boulangerie, avec un patron qui le suit, veut l'embaucher, comme Seko, peintre (lire par ailleurs). Les deux ont loué un appartement, parviennent à équilibrer leur budget avec leurs salaires d'apprentis qui n'atteignent pas le Smic, loin s'en faut. La fin d'une errance pour Seko, forcé de dormir à droite et à gauche pendant plusieurs mois. Le patron de Séko, qui travaille dans la peinture, ne tarit pas d'éloges sur le jeune homme : « Il a cette capacité à s'insérer : il est gentil, discret, travailleur, disponible... Un peu étourdi, mais ça reste un jeune de 18 ans ! » Des qualités qu'il peut retrouver chez des Français du même âge mais « c'est beaucoup plus rare. [...] Je pars du principe que chaque individu mérite sa chance, et c'est quelqu'un qui mérite vraiment de rester dans le Cantal. J'en parle souvent, tellement il m'a agréablement surpris. » « Il a besoin d'être encadré parce qu'il est jeune, renchérit la patronne de Kouffi, qui travaille en boulangerie. Mais il est très bien : assidu, motivé, impliqué... On compte l'embaucher et l'intégrer à l'équipe, c'est un très bon élément et le recrutement est compliqué, donc nous souhaitons le garder... Mais cela dépendra de la préfecture. » En dehors du travail, l'appartement est impeccablement rangé, Kouffi joue également au foot dans un club Cantalien... « Je me suis intégré parce que j'ai eu des conseils, analyse-t-il, regard tourné vers Sophie Molina. Je ne pensais pas que j'arriverais à me payer une maison comme ça ! » Leur vie ressemble furieusement à celle de tout jeune Cantalien, l'indépendance d'une vie sans les parents à côté en plus. Automatisation et conversion en bio, le nouveau portrait-robot d'une exploitation laitière du Cantal Autonomes Sophie Molina intervient-elle, en bénévole, « je gère mon temps comme je le souhaite, explique-t-elle. Pour leur permettre d'acquérir de l'autonomie, ce temps que l'on prend avec eux, il est important. Ce sont des jeunes qui n'iront pas toquer à la porte du Conseil départemental pour demander de l'aide à une assistante sociale, ils savent faire les démarches, gérer leur argent, aller aux impôts... Ensuite on se débrouille, je ne vais pas le leur facturer. Ils me paient un repas de temps en temps, comme ça, ils ne me sont redevables de rien... » Cet équilibre est donc mis à mal : Seko, devait faire la rentrée dans un centre d'apprentissage, mais tout est suspendu pour le moment. Un temps dans l'attente également, Kouffi a pu récupérer un récépissé qui, s'il n'augure pas forcément une réponse positive, lui permet de continuer à travailler. Le temps de la course en avant, celui où Kouffi prenait le train depuis Briançon, est terminé. « Cela fait trois ans que je suis là, je connais plein de monde. Je veux rester ici parce que je me suis attaché à plein de personnes. » Alors, « on espère que ça va s'arranger, termine Sophie Molina. Avec leur parcours, ils sont un exemple, un repère pour les autres : cela peut marcher. »  Pierre Chambaud (*) Les prénoms ont été modifiés.
  • Le gouvernement veut accélérer la naturalisation des travailleurs en 1re ligne pendant le confinement
    10 septembre 2020
    POLITIQUE - Pendant le pic de la crise sanitaire du coronavirus et le confinement, ils se sont retrouvés "en première ligne". En signe de remerciement, ceux qui avaient déjà entamé une procédure pour obtenir la nationalité française pourront compter sur l'appui du gouvernement pour accélérer les démarches.Dans une interview accordée au Parisien dimanche 6 septembre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la ministre déléguée Marlène Schiappa ont développé les principaux axes du projet de loi sur les séparatismes voulu par le gouvernement. Dans ce texte, un volet devrait cependant être dédié à la naturalisation, alors qu'Emmanuel Macron souhaite justement mettre en avant ce que "cela signifie d'être un citoyen français". Au Parisien, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa expliquent vouloir "solenniser" la procédure de naturalisation française, pour la rendre plus "symbolique". "Nous allons établir un vade-mecum de la naturalisation à destination des préfectures. Cela va passer systématiquement par des photos officielles, la diffusion d'un nouveau film sur les valeurs de la République, une chorale qui vient chanter la Marseillaise", explique la ministre déléguée à la Citoyenneté.Parallèlement, le gouvernement souhaite "accélérer la naturalisation des personnes de nationalité étrangère en première ligne lors du confinement qui ont entamé le parcours pour devenir Français." Cela concerne notamment les "éboueurs, caissiers, infirmiers, médecins", autant de corps de métiers fortement sollicités pendant la crise. Actuellement, une fois toutes les démarches effectuées, l'administration française a 18 mois au maximum pour répondre à la demande. Le délai peut être réduit à un an si le demandeur peut attester de sa résidence principale en France depuis au moins 10 ans.Dé-financer les associations "ennemies de la République"Au-delà de cette mesure très symbolique, le projet de loi sur les séparatismes sera surtout l'occasion de légiférer sur "les zones grises juridiques" qui profite "séparatisme islamiste". Le sujet avait été lancé juste avant la crise sanitaire par Emmanuel Macron, qui avait notamment évoqué sa volonté de mettre un terme à la venue d'imams étrangers et de mieux contrôler le financement des mosquées.Dans Le Parisien, Marlène Schiappa et Gérald Darmanin se sont particulièrement attardés sur ce second aspect, évoquant le (dé)financement des associations "qui sont les ennemies de la République". Ils ambitionnent ainsi de généraliser une charte de financement des associations, qui établira des critères pour bénéficier ou non des subventions publiques. Selon Marlène Schiappa, certains élus ont déjà tenté localement d'appliquer des mesures similaires, mais ils sont tombés sous le coup de la loi qui n'autorise pas pour l'instant ce type de mesure. La charte devrait donc permettre d'officialiser cette sanction. "À chaque fois que le ministère de l'Intérieur constatera que les valeurs de la République sont bafouées comme l'égalité hommes-femmes, la laïcité, le respect de la dignité de chacun ou encore la liberté de conscience , il s'opposera aux versements de subvention. Ceci concerne toutes les associations, qu'elles soient sportives, culturelles, ou autres", précise Marlène Schiappa.Le projet de loi contre les séparatismes doit être au menu du séminaire gouvernemental de mercredi avant une présentation à l'automne. Emmanuel Macron devrait s'exprimer sur le sujet courant septembre.  À voir également sur Le HuffPost: Relance: Castex menace ses ministres pour faire appliquer son plan
  • La Daaen complète son offre avec les formations de français à distance
    13 juillet 2020
    La cartographie développée par les Carif-Oref permet à ceux qui accompagnent les étrangers dans leur parcours d'intégration et aux étrangers eux-mêmes de connaître rapidement les offres de proximité disponibles mais aussi les formations dématérialisées. « La diversité des formations peut être une vraie richesse et un facteur de résilience, comme pendant cette crise, et non un facteur de complexité. » Pouvez vous présenter la Daaen et votre fonction ? La Direction de l'Accueil, de l'Accompagnement des Etrangers et de la Nationalité est chargée de la politique d'intégration des primo-arrivants, c'est-à-dire des étrangers bénéficiaires d'un premier titre de séjour en France et ayant vocation à s'y établir durablement, venus dans le cadre de l'immigration familiale, pour travailler, ou en qualité de réfugiés. Le parcours d'intégration républicaine vise à leur donner les clés de l'autonomie dans la société française, dans le respect de ses valeurs. A l'autre bout du parcours, la direction est également responsable des voies d'accès à la nationalité qui relèvent du ministère de l'Intérieur : naturalisation par décret ou accès par déclaration. La direction est enfin responsable de l'équipe de la Commission interministérielle pour le logement des populations immigrées. Votre Direction pilote les actions d'apprentissage du français. Quels en sont les principaux dispositifs ? La langue est bien évidemment un facteur essentiel pour l'accès à l'autonomie, objectif de la politique d'intégration. La première « brique » de l'apprentissage linguistique est constituée par les cours dispensés en présentiel dans le cadre du contrat d'intégration républicaine (Cir). Organisés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), ils visent le niveau A1. Après le Cir, l'étranger peut poursuivre son parcours vers le niveau A2, puis B1, toujours en présentiel. Nous soutenons également des Mooc permettant à chacun de compléter sa connaissance du français. Sur le territoire, nous incitons les préfets à développer des cours de français à vocation professionnelle, axés sur les métiers en tension. Vos marchés publics visent des actions de formation mixtes ou à distance. A quels enjeux répondent celles-ci ? L'enjeu essentiel est de permettre à nos publics de progresser, à leur rythme et selon les vecteurs adaptés, vers une bonne maîtrise du français. Le principe directeur est la complémentarité entre les offres : formations en présentiel et cours dématérialisés, Mooc structurés et « applis » à vocation ludique, cours à vocation générale et formations ciblées sur un secteur professionnel... La variété des modalités est un facteur d'adaptation en cas de crise. Pendant la crise du Covid-19, il est apparu essentiel de permettre à des personnes qui venaient de signer le Cir, en attente de commencer leur formation ou l'ayant déjà entamée, de ne pas souffrir de cette rupture dans leur parcours d'intégration et de continuer à progresser en français. L'Ofii a ainsi développé une version dématérialisée de ses formations, qui permet à de continuer les modules à distance. Durant cette période, nous avons également lancé le Mooc « Vivre et accéder à l'emploi » : déjà une réussite en nombre de connexions ! Comment le réseau des Carif-Oref vient- il en appui pour informer sur l'offre ? Il est en effet fondamental que les formations trouvent leurs publics. A ce titre, l'outil de cartographie développé par les Carif-Oref permet à ceux qui accompagnent les étrangers dans leur parcours d'intégration (institutions, collectivités, etc.), et aux étrangers eux-mêmes, de connaître rapidement les offres de proximité disponibles, et de prendre connaissance en un coup d'oeil des formations proposées. Déjà répertoriées, les formations dématérialisées accessibles de partout nous incitent à renforcer la réflexion sur l'exhaustivité et leur visibilité dans le contexte actuel. La mise en place d'une offre linguistique de qualité au bénéfice du public étranger suppose à la fois de la diversité (supports, acteurs, approches, rythmes, etc.), de la complémentarité pour que les parcours s'enchaînent bien en fonction des objectifs de chacun, et de la cohérence, pour une vision d'ensemble au niveau national et sur les territoires. Ainsi, la diversité des formations peut être une vraie richesse et un facteur de résilience comme pendant cette crise, et non un facteur de complexité. Propos recueillis par Christine Barret-Labre (mai 2020) Tags : Foad | CIR | primo-arrivant | cartographie | Défi métiers
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