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Les métiers d'art

Avant-propos


Conservation et restauration du patrimoine, arts du spectacle, travail des métaux et matériaux, arts graphiques, décoration... Les métiers d'art sont une composante de l'artisanat. Ils représentent un pan important de l'économie et constituent un secteur à fort potentiel d'emplois. Ils sont représentés dans près de 38 000 entreprises, en grande majorité des TPE (Très Petites Entreprises), par 60 000 emplois et un chiffre d'affaires d'environ 8 milliards d'euros, dont 700 millions à l'export(1)

 

Un rapport parlementaire paru en décembre 2018 a émis 22 propositions visant à préserver et développer les métiers d’art et du patrimoine vivant.

Ce dossier a pour objectif de mieux faire connaître ce secteur de l'activité économique, en présentant certains métiers pratiqués en Auvergne-Rhône-Alpes, illustrés par des témoignages.

Il vous permet également d'accéder à une cartographie en temps réel de l'offre de formation en Auvergne-Rhône-Alpes dans les 16 domaines de métiers référencés par l'INMA, avec la possibilité d'élargir votre recherche à la France entière. 
L'offre de formation correspondant à certains métiers connexes aux métiers d'art (web designer, designer graphique...) est intégrée au périmètre de recherche pour apporter une réponse optimale et refléter l'innovation et les perspectives d'avenir offertes par les métiers d'art.

(1) Source : Institut National des Métiers d'Art (INMA)

Un moteur de recherche dédié aux métiers d'art

Suivez le fil de veille


  • Forte augmentation des créations d'entreprises artisanales, notamment dans le rural
    17 juin 2022
    Les immatriculations d'activités artisanales ont bondi de 13% en 2021 par rapport au niveau d'avant-crise, selon un baromètre ISM-Maaf publié jeudi 16 juin. Un dynamisme qui profite d'abord aux communes rurales et à des départements comme les Alpes-Maritimes et le Var. A noter également, la progression très forte des activités de bouche (biscuiteries, chocolateries, pâtisseries) et des métiers d'art. Seul bémol : la plupart de ces activités sont sous statut de micro-entrepreneur et devront être confirmées dans le temps. 
  • Semaine de l'artisanat : focus sur la fabrique des savoir-faire
    13 juin 2022
    Selon la Chambre de métiers et d'artisanat régionale, on compte en Auvergne-Rhône-Alpes, 221 000 entreprises artisanales enregistrées (37 200 en Isère 43 700 dans le Rhône 19 700 dans la Loire), soit une augmentation de 39 % en cinq ans (+ 45 % en Isère), pour un chiffre d'affaires généré de 42 MdEUR.Des données qu'apprécie le président de la CMA régionale, Vincent Gaud, qui ne s'en étonne pourtant pas. "C'est une très bonne nouvelle due à différents facteurs, dont certains très techniques, comme l'apparition du régime fiscal de microentreprise qui facilite la création. On note aussi que près de 43 % des créateurs ont moins de 35 ans. Et que l'artisanat se féminise puisque 31 % des créateurs sont des créatrices", détaille-t-il. "Sur le dynamisme des secteurs, force est de constater que le BTP concerne encore beaucoup d'entreprises artisanales : 33 % dans la région. On est sur 10 % dans les métiers de la fabrication, dont beaucoup de sous-traitance notamment pour les industries. 29 % dans les métiers de services (coiffure, esthétique, réparation automobile... ), et 28 % dans l'alimentaire. Avec évidemment des spécificités selon les départements."© DR / Vincent Gaud, président de la CMA régionaleL'amour de l'artisanat se serait intensifié depuis la pandémieToujours selon le constat de la CMA de région, la tendance et l'amour de l'artisanat se seraient intensifiés depuis 2020, du fait de la pandémie, dopant l'intérêt des citoyens pour les produits locaux, pour une consommation responsable et plus écologique, et de manière globale, pour une économie de proximité.C'est aussi l'avis d'Hugues Poissonnier. "Il y a une appétence des personnes qui veulent devenir artisan, mais aussi un goût des clients. Ils ont une exigence plus forte pour les produits fabriqués localement avec des matières respectueuses de l'environnement, qui n'ont pas fait trois fois le tour de la planète. Des produits de qualité que l'on va jeter moins rapidement", souligne le professeur d'économie à Grenoble école de management."C'est une vraie tendance de consommation qui fait que les débouchés sont là. Et pour ceux qui se lancent, on note l'envie d'indépendance. Le fait de quitter une organisation et sa hiérarchie, pour prendre les décisions qu'on estime être les meilleures, même si ce n'est pas confortable tous les jours. Il y a des gens qui font le chemin inverse, qui étaient artisans et qui décident de rentrer dans une organisation pour favoriser la tranquillité du salariat. Ces dernières années, la tendance est en effet à l'artisanat", poursuit-il."Et comme les débouchés sont là dans beaucoup de secteurs, cela explique cette augmentation assez forte. Enfin, si le choix du client est orienté par ses valeurs, c'est aussi le cas pour l'artisan, qui décide en s'installant, de ce qu'il veut valoriser. L' indépendance permet de se mettre en cohérence avec ses valeurs."© Pxhere / Photo d'illustrationArtisan ou micro-entrepreneur ?Un discours qui résonne certainement dans l'esprit d'Elsa Drigny, artisane en sérigraphie sur objets, qui a lancé son activité à Lyon l'année dernière (lire par ailleurs). "Mes grands-parents étaient respectivement ébéniste et couturière, et j'ai toujours apprécié ce côté créatif. Mais mes parents ont préféré que je suive une filière scolaire générale. J'ai donc une formation en architecture d'intérieur et en décoration. J'ai ensuite travaillé sur diverses missions dans ce secteur, puis durant plus de huit ans en tant que visuel marchandiseur dans des magasins : je m'occupais de l'aménagement des boutiques et de la décoration des vitrines. Au départ, ce travail était très créatif. Il y avait de la conception, de la réalisation et de la mise en place, mais petit à petit, les magasins se sont standardisés, laissant de moins en moins de place à mon esprit créatif", explique-t-elle.Parallèlement, un problème de santé lui a fait perdre partiellement l'ouïe. "Le fait d'être malentendante m'a beaucoup gêné professionnellement. Je travaillais pour un très grand groupe de prêt-à-porter, et je ne trouvais plus ma place en tant que salariée avec un statut handicapé. Jusqu'à ce que je sente que je ne pouvais pas continuer, et qu'il fallait que je retourne travailler avec mes mains. Pour fabriquer."Christian Rostaing, président de la CMA de l'Isère, partage le constat de l'engouement pour l'artisanat, mais nuance. "Ceux qui se lancent par passion sont généralement passés par l'apprentissage, puis ont été salariés d'un artisan. Ils suivent la voie « classique ». Les créateurs de microentreprises sont de gens qui décident de passer du monde salarié à la création « comme ça ». On s'est battu pour que la microentreprise ait une durée limitée avant de passer en entreprise en nom propre, en EURL... Pour avoir un statut, pour cotiser. Car si on ne déclare pas, on ne cotise pas, et ça peut être problématique plus tard, pour la retraite notamment.[...] Quand on monte son entreprise, on a l'impression d'être autonome, de créer quelque chose. Le souci, c'est de savoir si cela va durer dans le temps."© Thomas Richardson / Christian Rostaing, président de la CMA de l'IsèreEn effet, explique le président isérois, les artisans sont confrontés à différentes étapes susceptibles de remettre en question la pérennité de leur affaire. « 40 % des entreprises ne passent pas le cap des trois ans. La première année, c'est dû un forfait de cotisation. La deuxième, il y a un rattrapage de la première année. Il ne faut pas confondre chiffre d'affaires et bénéfice. Pour la microentreprise, les obstacles sont différents car elle est facturée sur ce qu'elle déclare. Mais elle a l'inconvénient de ne pas récupérer la TVA. Alors lorsqu'il y a un achat de véhicule ou de matériel, cela peut être lourd à financer. Fiscalement, ce sont des choses à étudier. »Des artisans en lien avec leur environnementSelon l'observatoire de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes, les créations de microentreprises sont en augmentation de 105 % entre 2016 et 2021. Un engouement qui a pour conséquence de diminuer le nombre moyen de salariés par entreprise artisanale - qui se situe aujourd'hui à 1,5 - les microentreprises embauchant très peu. Selon le même observatoire et sur la même période, malgré la crise économique, le nombre d'entreprises radiées est en hausse depuis cinq ans, mais le stock total d'entreprises est également beaucoup plus important.Pour résister aux différentes épreuves, les artisans ont dû se montrer résilients. Comme toutes les entreprises, celles qui ont le mieux résisté sont celles qui ont su investir du temps et de l'argent dans l'organisation des ressources humaines (mise en place de formes innovantes d'organisation), l'exploitation des solutions numériques, ou la transition écologique. C'est ce qu'explique aussi le président de la chambre régionale."L'artisanat a réussi à se synchroniser avec l'époque. Il y a beaucoup de nouveaux métiers liés à la transformation écologique, à la transformation numérique... L'artisanat peut faire valoir une réactivité qui ne dépend que de la personne qui porte le projet. On compte nombre de nouvelles entreprises autour de la mobilité, du vélo, de la réparation par exemple. Mais aussi autour du recyclage de matériaux", précise Vincent Gaud. "L'artisan est ancré dans son époque comme dans l'écosystème économique. Quand un fabricant sous-traite pour l'industrie, c'est que l'artisanat est toujours présent dans l'écosystème des ETI. Sans ces petites entreprises, les ETI ne progressent pas."Le professeur de GEM, Hugues Poissonnier va plus loin en soulignant la nécessité des entreprises et des pouvoirs publics d'être solidaires avec les artisans. "Les donneurs d'ordres ont une responsabilité à assumer. L'engouement des particuliers pour le local est important, mais les donneurs d'ordres doivent avoir la volonté d'être des acteurs responsables de l'écosystème économique. Les marchés publics peuvent passer par l'allotissement : découper un grand marché en plusieurs lots permet de faire appel à des PME, TPE et des artisans."© Grenoble Ecole de Management / Hugues Poissonnier, professeur d'économie à GEM."Cette solution témoigne de la volonté des acteurs publics de faire travailler l'écosystème local. De la même façon, les acteurs privés ont une responsabilité, celle de payer les artisans relativement bien, de leur permettre de faire des marges décentes, et de les payer suffisamment vite pour ne pas risquer de les mettre en difficulté de trésorerie."Anticiper l'avenir de l'artisanatAvec apparemment de beaux jours devant lui, l'artisanat ancré dans son époque et dans son territoire n'oublie pas de préparer l'avenir. D'autant que les CMA sont aussi en charge de la formation des apprentis. "Les chambres sont les premiers formateurs de France. En Aura, on compte 22 700 apprentis dans les CFA, et donc dans les entreprises artisanales. Ça fait partie de notre ADN. Il n'y a pas plus bel ascenseur social que l'artisanat. On prend un jeune, et quel que soit son niveau scolaire, on l'intègre dans un métier, et on lui transmet un savoir-faire", se félicite Vincent Gaud.Du côté de l'Isère, le président Rostaing, rappelle qu'à l'EFMA de Bourgoin-Jallieu, centre de formation en gestion directe, les apprentis qui étaient 800 il y a quelques années, sont désormais 1 200. "On construit à côté pour accueillir plus d'apprentis. L'apprentissage c'est une voie d'excellence, qui n'est plus considérée comme une voie de garage. On peut commencer avec un CAP et participer au concours de meilleur ouvrier de France. Le taux d'emploi est de 95 %. Les apprentis d'aujourd'hui sont les salariés de demain et les repreneurs de nos entreprises. C'est une chaîne." © Pxhere / photo d'illustrationUne chaîne qu'il est en effet bon d'entretenir. Car si les chiffres de la création sont encourageants, ceux de la reprise inquiètent davantage Vincent Gaud, qui déplore que les conditions n'encouragent pas toujours la transmission. Or, dans les cinq années à venir, on comptera 42 300 entreprises artisanales régionales à transmettre, 21 % des artisans ayant plus de 55 ans. "C'est un vrai sujet. Peut-être même une inquiétude. Ce sont des gestes, parfois ancestraux. La transmission est importante pour garder des métiers, qui s'avèrent toujours dans l'air du temps. Ce chiffre est énorme, c'est un vaste chantier, car créer une entreprise c'est bien, mais il ne faut pas oublier ce que d'autres ont créé durant de nombreuses années, par exemple dans les métiers d'art, ou des métiers traditionnels", rappelle Vincent Gaud."Aujourd'hui, il est plus facile de créer que de transmettre. Une banque prête plus facilement sur le business plan d'une entreprise qui n'existe pas que sur une entreprise qui a un passif. C'est ça le vrai problème, sur lequel on travaille beaucoup avec les réseaux bancaires. Faire comprendre que dans les reprises, on a déjà un fichier clients, une empreinte locale... Le taux de réussite est beaucoup plus important quand on reprend que quand on crée. Près de la moitié des entreprises créées n'existent plus au bout de cinq ans. Ce taux est beaucoup plus faible quand on reprend, même si oui, fiscalement, il y a un coût à la reprise. Mais des salariés, du matériel, des clients et des commandes au démarrage : ça n'a pas de prix. Sans compter que tous les artisans aspirent à transmettre."
  • Les formations aux métiers d'art ont-elles perdu leur sens de l'orientation ?
    10 juin 2022
    Le syndicat professionnel du secteur accuse le gouvernement d'abandonner ses filières de formation. En cause, la refonte du diplôme qui délaisserait les savoir-faire, et celle de la formation professionnelle, qui serait inadaptée. Retour en cinq questions sur ces sujets qui fâchent. Le gouvernement vante les savoir-faire français, mais les formations aux métiers d'art sont en « déliquescence ». C'est le principal syndicat professionnel du secteur, Ateliers d'art de France, qui l'affirme, rapport et pétition à l'appui. Ses revendications portent sur deux points principaux : les problèmes entraînés par la récente réforme du diplôme et les difficultés d'accès à la formation continue. À l'occasion de Révélations, la biennale des métiers d'arts, du 9 au 12 juin au Grand Palais éphémère, à Paris, passage en revue des sujets qui fâchent. Avant, avec le bac, quand on voulait devenir bronzier d'art, ébéniste ou mosaïste, on passait par une année de mise à niveau suivie par un cursus de deux ans. Et l'on obtenait un DMA, diplôme des métiers d'art. Depuis 2018, la mise à niveau est intégrée dans un cursus en trois ans débouchant sur un DNMADE, diplôme national des métiers d'art et du design. Valant « grade de licence », il est reconnu au niveau européen et permet la poursuite d'études. Mais la présidente d'Ateliers d'art de France, Aude Tahon, lui reproche de dissoudre l'artisanat d'art dans le design : « Nous avons affaire à des métiers dont les processus, la réflexion et l'approche de création sont opposés. Pour les métiers d'art, la création s'exerce dans le dialogue avec la matière. Du côté du design, on part d'une idée, d'un concept, et ensuite on le teste sur la matière. » Cet article est réservé aux abonnés S'abonner, 1EUR le premier mois Déjà abonné ? Je me connecte
  • Que voir à Révélations, la Biennale internationale des métiers d'art et de la création ?
    9 juin 2022
    Des oeuvres monumentales ou étonnantes en bois, verre, céramique, plume, métal, les savoir-faire africains et des jeunes talents à découvrir... Voici les temps forts du salon Révélations, qui se tient du 9 au 12 juin au Grand Palais éphémère, à Paris.
  • 22 artisans distingués par le Département et la Chambre de métiers de l'Isère
    9 juin 2022
    AccueilÉconomie22 artisans distingués par le Département et la Chambre de métiers de l'Isère©Thomas Richardson - L'ensemble des lauréats présents lors de la remise des prix, mardi 7 juin à Grenoble.Économie Publié le 08 juin 2022 à 06h00, Thomas RICHARDSONMardi 7 juin, à la Chambre de métiers et de l'artisanat de l'Isère (CMA), à Grenoble, s'est déroulée la cérémonie de remise des prix aux lauréats de l'opération Succès d'artisans en Isère. Une action portée, depuis 2019, par Isère Attractivité, l'agence d'attractivité du département, le Département de l'Isère et la CMA.22 artisans ont été distingués dont 16 au titre des éditions 2019 et 2020 (reportées pour cause de crise sanitaire) et cinq au titre de l'édition 2021. Sélectionnées par la CMA de L'Isère, les entreprises artisanales souhaitant participer déposent un dossier de candidature. Ce dernier est examiné par un comité de validation composé de représentants de la CMA, du Département et de l'agence d'attractivité.Six catégoriesLes lauréats sont distingués au sein de l'une des six catégories (la catégorie maître artisan a été regroupée avec celle de métiers d'arts en 2020) : développement commercial (croissance forte sur une période courte), responsable (responsabilité sociétale des entreprises), export (capacité à se développer à l'international), innovation (technologique, organisationnelle, commerciale, etc.), apprentissage, métiers d'art maître artisan. Les lauréats bénéficient notamment d'une présentation vidéo sur le site Internet d'Isère Attractivité.Catégorie développement commercial : Annie Frénot Photographie (Meylan), Avitsam Accessibilité (Grenoble).Catégorie responsable : Benoît Bertet Musique -Gières), Cordonnerie de Guibert (Grenoble), Eco-système Construction (Saint-Martin-d'Hères).Catégorie export : Alpine Design (Le Touvet), Bio Composants Médicaux (Tullins) et Gorgy Timing (La Mure).Catégorie innovation : Escadrone (Montbonnot-Saint-Martin), Finoptim (Fontaine).Catégorie apprentissage : CCF Energies (Claix), Peyron Charpente (Estrablin).Catégorie métiers d'arts et maître artisan : L'Araucaria (La Pierre), Atelier Montfollet (Grenoble), L'Atipik Fabrik (Vienne), Salvaïa, c'est plus fort que toit (Fontaine).Pour l'édition 2021 :Catégorie développement commercial : Aurehum (Saint-Victor-de-Cessieu).Catégorie responsable : Behring Water (Meylan).Catégorie innovation : Orok (Bourgoin-Jallieu), G-Tech (Fontaine).Catégorie apprentissage : Moyne Tradition (Leyrieu).Catégorie métiers d'arts et maître artisan : La Faute à Voltaire (Lumbin).Articles similairesLe fil infoNos servicesLa newsletter pour être #bieninformésChaque semaine, le partenaire économique pour la performance de vos marchésLes plus lusAbonnez-vousAbonnement intégral papier + numériqueNos suppléments et numéros spéciauxAccès illimité à nos servicesS'abonnerJournal du02 juin 2022Journal du26 mai 2022Journal du20 mai 2022Journal du12 mai 2022S'abonner
  • Artisanat : La réussite de la fabrique à savoir-faire ?
    8 juin 2022
    Selon la CMA régionale, on compte en Auvergne-Rhône-Alpes, 221 000 entreprises artisanales enregistrées (37 200 en Isère 43 700 dans le Rhône 19 700 dans la Loire), soit une augmentation de 39 % en cinq ans (+ 45 % en Isère), pour un chiffre d'affaires généré de 42 MdEUR. Des données qu'apprécie le président de la CMA régionale, Vincent Gaud, qui ne s'en étonne pourtant pas. « C'est une très bonne nouvelle due à différents facteurs, dont certains très techniques, comme l'apparition du régime fiscal de microentreprise qui facilite la création. On note aussi que près de 43 % des créateurs ont moins de 35 ans. Et que l'artisanat se féminise puisque 31 % des créateurs sont des créatrices. Sur le dynamisme des secteurs, force est de constater que le BTP concerne encore beaucoup d'entreprises artisanales : 33 % dans la région. On est sur 10 % dans les métiers de la fabrication, dont beaucoup de sous-traitance notamment pour les industries. 29 % dans les métiers de services (coiffure, esthétique, réparation automobile... ), et 28 % dans l'alimentaire. Avec évidemment des spécificités selon les départements. »Toujours selon le constat de la CMA de région, la tendance et l'amour de l'artisanat se seraient intensifiés depuis 2020, du fait de la pandémie, dopant l'intérêt des citoyens pour les produits locaux, pour une consommation responsable et plus écologique, et de manière globale, pour une économie de proximité.C'est aussi l'avis d'Hugues Poissonnier, professeur d'économie à Grenoble école de management. « Il y a une appétence des personnes qui veulent devenir artisan, mais aussi un goût des clients. Ils ont une exigence plus forte pour les produits fabriqués localement avec des matières respectueuses de l'environnement, qui n'ont pas fait trois fois le tour de la planète. Des produits de qualité que l'on va jeter moins rapidement. C'est une vraie tendance de consommation qui fait que les débouchés sont là. Et pour ceux qui se lancent, on note l'envie d'indépendance. Le fait de quitter une organisation et sa hiérarchie, pour prendre les décisions qu'on estime être les meilleures, même si ce n'est pas confortable tous les jours. Il y a des gens qui font le chemin inverse, qui étaient artisans et qui décident de rentrer dans une organisation pour favoriser la tranquillité du salariat. Ces dernières années, la tendance est en effet à l'artisanat. Et comme les débouchés sont là dans beaucoup de secteurs, cela explique cette augmentation assez forte. Enfin, si le choix du client est orienté par ses valeurs, c'est aussi le cas pour l'artisan, qui décide en s'installant, de ce qu'il veut valoriser. L' indépendance permet de se mettre en cohérence avec ses valeurs. »Un discours qui résonne certainement dans l'esprit d'Elsa Drigny, artisane en sérigraphie sur objets, qui a lancé son activité à Lyon l'année dernière (lire par ailleurs). « Mes grands-parents étaient respectivement ébéniste et couturière, et j'ai toujours apprécié ce côté créatif. Mais mes parents ont préféré que je suive une filière scolaire générale. J'ai donc une formation en architecture d'intérieur et en décoration. J'ai ensuite travaillé sur diverses missions dans ce secteur, puis durant plus de huit ans en tant que visuel marchandiseur dans des magasins : je m'occupais de l'aménagement des boutiques et de la décoration des vitrines. Au départ, ce travail était très créatif. Il y avait de la conception, de la réalisation et de la mise en place, mais petit à petit, les magasins se sont standardisés, laissant de moins en moins de place à mon esprit créatif » explique-t-elle. Parallèlement, un problème de santé lui a fait perdre partiellement l'ouïe. « Le fait d'être malentendante m'a beaucoup gêné professionnellement. Je travaillais pour un très grand groupe de prêt-à-porter, et je ne trouvais plus ma place en tant que salariée avec un statut handicapé. Jusqu'à ce que je sente que je ne pouvais pas continuer, et qu'il fallait que je retourne travailler avec mes mains. Pour fabriquer. »Artisan ou micro-entrepreneur ?Christian Rostaing, président de la CMA de l'Isère, partage le constat de l'engouement pour l'artisanat, mais nuance. « Ceux qui se lancent par passion sont généralement passés par l'apprentissage, puis ont été salariés d'un artisan. Ils suivent la voie « classique ». Les créateurs de microentreprises sont de gens qui décident de passer du monde salarié à la création « comme ça ». On s'est battu pour que la microentreprise ait une durée limitée avant de passer en entreprise en nom propre, en EURL... Pour avoir un statut, pour cotiser. Car si on ne déclare pas, on ne cotise pas, et ça peut être problématique plus tard, pour la retraite notamment.[...] Quand on monte son entreprise, on a l'impression d'être autonome, de créer quelque chose. Le souci, c'est de savoir si cela va durer dans le temps. »En effet, explique le président isérois, les artisans sont confrontés à différentes étapes susceptibles de remettre en question la pérennité de leur affaire. « 40 % des entreprises ne passent pas le cap des trois ans. La première année, c'est dû un forfait de cotisation. La deuxième, il y a un rattrapage de la première année. Il ne faut pas confondre chiffre d'affaires et bénéfice. Pour la microentreprise, les obstacles sont différents car elle est facturée sur ce qu'elle déclare. Mais elle a l'inconvénient de ne pas récupérer la TVA. Alors lorsqu'il y a un achat de véhicule ou de matériel, cela peut être lourd à financer. Fiscalement, ce sont des choses à étudier. »En lien avec son environnementSelon l'observatoire de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes, les créations de microentreprises sont en augmentation de 105 % entre 2016 et 2021. Un engouement qui a pour conséquence de diminuer le nombre moyen de salariés par entreprise artisanale - qui se situe aujourd'hui à 1,5 - les microentreprises embauchant très peu. Selon le même observatoire et sur la même période, malgré la crise économique, le nombre d'entreprises radiées est en hausse depuis cinq ans, mais le stock total d'entreprises est également beaucoup plus important. Pour résister aux différentes épreuves, les artisans ont dû se montrer résilients. Comme toutes les entreprises, celles qui ont le mieux résisté sont celles qui ont su investir du temps et de l'argent dans l'organisation des ressources humaines (mise en place de formes innovantes d'organisation), l'exploitation des solutions numériques, ou la transition écologique. C'est ce qu'explique aussi le président de la chambre régionale. « L'artisanat a réussi à se synchroniser avec l'époque. Il y a beaucoup de nouveaux métiers liés à la transformation écologique, à la transformation numérique... L'artisanat peut faire valoir une réactivité qui ne dépend que de la personne qui porte le projet. On compte nombre de nouvelles entreprises autour de la mobilité, du vélo, de la réparation par exemple. Mais aussi autour du recyclage de matériaux, » précise Vincent Gaud. « L'artisan est ancré dans son époque comme dans l'écosystème économique. Quand un fabricant sous-traite pour l'industrie, c'est que l'artisanat est toujours présent dans l'écosystème des ETI. Sans ces petites entreprises, les ETI ne progressent pas. »Le professeur de GEM, Hugues Poissonnier va plus loin en soulignant la nécessité des entreprises et des pouvoirs publics d'être solidaires avec les artisans. « Les donneurs d'ordres ont une responsabilité à assumer. L'engouement des particuliers pour le local est important, mais les donneurs d'ordres doivent avoir la volonté d'être des acteurs responsables de l'écosystème économique. Les marchés publics peuvent passer par l'allotissement : découper un grand marché en plusieurs lots permet de faire appel à des PME, TPE et des artisans. Cette solution témoigne de la volonté des acteurs publics de faire travailler l'écosystème local. De la même façon, les acteurs privés ont une responsabilité, celle de payer les artisans relativement bien, de leur permettre de faire des marges décentes, et de les payer suffisamment vite pour ne pas risquer de les mettre en difficulté de trésorerie. »Anticiper l'avenirAvec apparemment de beaux jours devant lui, l'artisanat ancré dans son époque et dans son territoire n'oublie pas de préparer l'avenir. D'autant que les CMA sont aussi en charge de la formation des apprentis. « Les chambres sont les premiers formateurs de France. En Aura, on compte 22 700 apprentis dans les CFA, et donc dans les entreprises artisanales. Ça fait partie de notre ADN. Il n'y a pas plus bel ascenseur social que l'artisanat. On prend un jeune, et quel que soit son niveau scolaire, on l'intègre dans un métier, et on lui transmet un savoir-faire » se félicite Vincent Gaud.Du côté de l'Isère, le président Rostaing, rappelle qu'à l'EFMA de Bourgoin-Jallieu, centre de formation en gestion directe, les apprentis qui étaient 800 il y a quelques années, sont désormais 1 200. « On construit à côté pour accueillir plus d'apprentis. L'apprentissage c'est une voie d'excellence, qui n'est plus considérée comme une voie de garage. On peut commencer avec un CAP et participer au concours de meilleur ouvrier de France. Le taux d'emploi est de 95 %. Les apprentis d'aujourd'hui sont les salariés de demain et les repreneurs de nos entreprises. C'est une chaîne. »Une chaîne qu'il est en effet bon d'entretenir. Car si les chiffres de la création sont encourageants, ceux de la reprise inquiètent davantage Vincent Gaud, qui déplore que les conditions n'encouragent pas toujours la transmission. Or, dans les cinq années à venir, on comptera 42 300 entreprises artisanales régionales à transmettre, 21 % des artisans ayant plus de 55 ans. « C'est un vrai sujet. Peut-être même une inquiétude. Ce sont des gestes, parfois ancestraux. La transmission est importante pour garder des métiers, qui s'avèrent toujours dans l'air du temps. Ce chiffre est énorme, c'est un vaste chantier, car créer une entreprise c'est bien, mais il ne faut pas oublier ce que d'autres ont créé durant de nombreuses années, par exemple dans les métiers d'art, ou des métiers traditionnels. Aujourd'hui, il est plus facile de créer que de transmettre. Une banque prête plus facilement sur le business plan d'une entreprise qui n'existe pas que sur une entreprise qui a un passif. C'est ça le vrai problème, sur lequel on travaille beaucoup avec les réseaux bancaires. Faire comprendre que dans les reprises, on a déjà un fichier clients, une empreinte locale... Le taux de réussite est beaucoup plus important quand on reprend que quand on crée. Près de la moitié des entreprises créées n'existent plus au bout de cinq ans. Ce taux est beaucoup plus faible quand on reprend, même si oui, fiscalement, il y a un coût à la reprise. Mais des salariés, du matériel, des clients et des commandes au démarrage : ça n'a pas de prix. Sans compter que tous les artisans aspirent à transmettre.
  • Artisanat - Sébastien Chollet, étudiant-entrepreneur, représente le lycée Jean-Monnet à la foire de Moulins (Allier)
    16 mai 2022
    Il est l'un des représentants du savoir faire de l'École nationale du verre à la foire de Moulins. Sébastien Chollet expose et vend ses créations pendant l'événement, sur le stand du lycée Jean-Monnet. Expert du chalumeau, il façonne des bijoux à la flamme. « L'idée est de lier le verre avec d'autres matériaux, comme le bois, la céramique, la pierre, ou encore la ferronnerie d'art ». Pour ce faire, il collabore avec d'autres artisans spécialisés. Les bijoux, c'est dans un premier temps. Il a aussi envie de développer d'autres formats : vases, carafes, arts de la table... L'imagination ne lui manque pas, car son projet est en cours de réflexion. Son entreprise a déjà un nom, « Verre à Lier », mais n'est pas officiellement lancée. Sébastien Chollet est étudiant-entrepreneur. Il y a six ans, il obtenait son DMA (diplôme des métiers d'Art) Art du verre et du cristal au lycée Jean-Monnet d'Yzeure. Pour compléter sa formation, il a obtenu l'an dernier son CAP Souffleur de verre au chalumeau, en alternance entre la Lorraine pour les cours et la région parisienne pour la pratique. Et depuis, il suit une formation en un an pour créer son entreprise, avec le Statut national étudiant-entrepreneur. Les cours sont à Clermont-Ferrand et son atelier se situe dans les locaux du lycée d'Yzeure. Dans les semaines à venir, il compte enfin officialiser son projet en immatriculant sa micro entreprise. « Le timing a son importance, explique l'artisan. Juste avant l'été me paraît être le moment idéal : c'est à cette période que se multiplient les marchés artisanaux un peu partout dans toute la France ». Et Sébastien Chollet compte être de la partie cette année.  Recevez par mail notre newsletter éco et retrouvez l'actualité des acteurs économiques de votre région. NL {"path":"mini-inscription/MT_Decideur","accessCode":"14129460","allowGCS":"true","bodyClass":"ripo_generic","contextLevel":"KEEP_ALL","filterMotsCles":"1|12|13|63|101|1903|2215|3219|14656","gabarit":"generic","idArticle":"4129460","idArticlesList":"4129460","idDepartement":"221","idZone":"6124","motsCles":"1|12|13|63|101|1903|2215|3219|14656","premium":"true","pubs":"banniere_haute|article","site":"MT","sousDomaine":"www","urlTitle":"sebastien-chollet-etudiant-entrepreneur-represente-le-lycee-jean-monnet-a-la-foire-de-moulins-allier"} Recevez par mail notre newsletter loisirs et retrouvez les idées de sorties et d'activités dans votre région. NL {"path":"mini-thematique-inscription","thematique":"MT_Loisirs","accessCode":"14129460","allowGCS":"true","bodyClass":"ripo_generic","contextLevel":"KEEP_ALL","filterMotsCles":"1|12|13|63|101|1903|2215|3219|14656","gabarit":"generic","idArticle":"4129460","idArticlesList":"4129460","idDepartement":"221","idZone":"6124","motsCles":"1|12|13|63|101|1903|2215|3219|14656","premium":"true","pubs":"banniere_haute|article","site":"MT","sousDomaine":"www","urlTitle":"sebastien-chollet-etudiant-entrepreneur-represente-le-lycee-jean-monnet-a-la-foire-de-moulins-allier"} Pour suivre Sébastien Chollet et Verre à Lier Sur Facebook : facebook.com/VerreaLier ; Instagram : verre_a_lier ; mail : sebchollet.pro@gmail.com ; ou au 06.63.14.09.55 Echanges de pratiques sur le verre au lycée Jean-Monnet à Yzeure (Allier), dans le cadre d'ateliers Emeric Enaud emeric.enaud@centre.com
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