Transcription du webinar du 27/11/2025 : "Conjoncture en Auvergne-Rhône-Alpes : tout comprendre sur l’économie et l’emploi !"
Avec la multiplication des sources d’information, comprendre la situation de l’économie, de l’emploi et du marché du travail en Auvergne-Rhône-Alpes peut s’avérer complexe !
Ce webinaire, à destination des professionnels de l'emploi et de la formation, propose de revenir ensemble sur la conjoncture régionale. Passez une heure aux côtés de spécialistes de la Banque de France, de la Dreets, de l’Insee et de France Travail qui déchiffreront pour vous les dernières données disponibles et répondront à toutes vos interrogations.
Intervenants
- Kathie WERQUIN-WATTEBLED, Directrice régionale de la Banque de France en Auvergne-Rhône-Alpes
- Philippe LAVAL, Directeur de cabinet de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes
- Yann METAIS, Directeur performance opérationnelle, France Travail en Auvergne-Rhône-Alpes
- Antonin BRETEL, Directeur régional adjoint en charge des études et de la diffusion de l’INSEE en Auvergne-Rhône-Alpes.
Webinar animé par Cédric Cabanel (Chargé de mission Conjoncture, Via Compétences)
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Bonjour à toutes et à tous, merci de nous rejoindre pour ce nouveau webinaire de la conjoncture organisé par Via Compétences dans le cadre de l'Observatoire de la Conjoncture. Il a pour thème l'état actuel de l'économie, de l'emploi et du marché du travail en Auvergne-Rhône-Alpes. Je suis Cédric Cabanel, chargé d'études conjoncturelles et sectorielles à Via Compétences, en charge de l'Observatoire de la Conjoncture, et c'est à ce titre que j'ai le plaisir de coordonner ce webinaire.
Un mot d'abord sur l'Observatoire de la Conjoncture, c'est un ensemble de ressources à votre disposition sur le site Via Compétences, parmi lesquelles une synthèse de conjoncture trimestrielle, une newsletter sur la conjoncture, ou encore une veille quotidienne sur l'actualité conjoncturelle régionale. Juste avant de démarrer et de présenter nos quatre intervenants, quelques précisions. D'abord, vous trouverez un chat à droite de votre écran en cas de problème technique ou pour poser vos questions. Le replay ainsi que la possibilité de télécharger la présentation seront disponibles dans quelques jours dans votre boîte mail. Et enfin, à bien noter, un message automatique s'affichera à midi moins 5, vous invitant à commenter ce webinaire. Vous pouvez le remplir et nous donner votre avis, mais notez bien que le webinaire se terminera comme prévu à 12h15.
Pour cette cinquième édition, nous accueillons quatre structures, membres du réseau d'experts de la conjoncture, et voici nos quatre intervenants. Cinq éditions du webinaire, cinq participations, j'ai le plaisir encore une fois de recevoir la directrice régionale de la Banque de France, Kathie Werquin. Nous sommes heureux également de recevoir le directeur de cabinet de la DREETS, Philippe Laval. Honoré également de rencontrer le nouveau directeur régional adjoint de l'INSEE en Auvergne-Rhône-Alpes, Antonin Bretel. Bonjour. Et puis, il nous réitère sa confiance, le directeur de la performance opérationnelle à France Travail Auvergne-Rhône-Alpes, Yann Métais. Bonjour à tous.
L'objectif de ce webinaire, c'est de décrypter ensemble la conjoncture régionale et permettre d'échanger avec les spécialistes du sujet. Pour ce faire, nous avons prévu aujourd'hui un programme en trois parties. Dans un premier temps, Kathie de la Banque de France et Philippe de la Dreets présenteront la situation économique régionale avec un éclairage sur les restructurations, les plans sociaux et les ruptures conventionnelles. Dans un second temps, Antonin de l'INSEE et Philippe de la Dreets proposeront une analyse de l'emploi salarié régional avec un focus sur l'apprentissage et les contrats de professionnalisation. Et enfin, dans une troisième partie, Yann et Philippe reviendront sur l'évolution récente du marché du travail avec un zoom sur la demande d'emploi et un focus sur le public senior.
Je vous invite à poser vos questions dans le chat tout au long du webinaire. Des temps d'échange seront proposés à la fin de chaque intervention et après les trois présentations. Et nous reviendrons dans un dernier temps en conclusion sur les grands messages qu'il faut retenir de ce temps d'échange. Sans plus attendre, je passe la parole à Kathie et Philippe pour nous présenter la situation de notre économie régionale en Auvergne-Rhône-Alpes.
Kathie Werquin-Wattebled – Banque de France
Et bien, bonjour à toutes et tous, je suis heureuse d'être à cette cinquième édition où je suis une fidèle de l'animation de ces séquences et avec plaisir. Moi, je vais être essentiellement sur les données macroéconomiques. Là, je refais une petite page de pub pour une publication qu'on rédige et qu'on met à disposition chaque trimestre. Donc là, on est sur la base de la publication de septembre. En sachant que je vous donne une petite clause de rendez-vous, on va avoir une actualisation de ces données le 19 décembre, voilà pour les prochaines éditions. Donc là, quid de 2025 en termes de croissance ? Donc vous voyez, on est sur la base de cette donnée de septembre et là, on est sur une croissance de 0,7. Que dire de cette croissance de 0,7 ? Elle est plutôt meilleure que ce qu'on pensait en début d'année. En début d'année, on avait même parfois des craintes d'une récession sur l'année 2025. Donc, ce n'est pas le cas. On est à 0,7. Et je pense que de ne pas trahir un secret, probablement qu'en décembre, on reverra un petit peu la hausse de cette croissance sur 2025. Puisque si vous avez suivi un peu les données par trimestre, on a eu un premier trimestre qui était assez calme, un deuxième trimestre à 0,3, et puis plutôt une bonne surprise sur le troisième trimestre à 0,5. Ce qui fait que si vous faites un petit peu des mathématiques, le 0,7 est déjà largement rentré. Donc voilà, si notre quatrième trimestre, comme on l'annonce là dans les dernières projections qu'on a pu faire, est en légère progression, on devrait être un peu au-delà de 0,7. Alors, je ne dis pas que ce soit une croissance euphorique. Pour être confort, on serait plutôt à 1,5, entre 1,5 et 2, mais 1,5, ce serait déjà pas mal. Donc, aujourd'hui, on n'y est pas, mais on n'est pas sur une récession. Deuxième bonne nouvelle. Si on peut considérer que c'est une bonne nouvelle, cette croissance un peu faible, mais croissance quand même, on a une inflation qui est vraiment sous contrôle. Là aussi, un rappel de notre objectif en tant que banque centrale. Nous, on a un objectif d'une inflation en moyenne à 2 %, autour de 2 % en moyenne. Et bien aujourd'hui, on est même en deçà de cette croissance d'inflation à 2 %, puisqu'on est à 1 %, et même on est parfois en dessous de 1 % en instantané sur les derniers mois. Alors, une raison pourquoi on est assez faible en termes d'inflation, c'est qu'en fait, on a une énergie qui est très calme. Vous voyez, c'est peut-être même une surprise. On voit qu'effectivement, les prix du pétrole sont très calmes. Du coup, ça entraîne les autres coûts d'énergie, notamment le gaz et même l'électricité est assez calme. Donc, on a été plutôt surpris en bien sur le prix de l'énergie. Donc, on a une inflation qui est en deçà de notre cible d'inflation à 2%. Ceci dit, les décisions de politique monétaire se prennent à l'échelle européenne. Et à l'échelle européenne, on a à peu près une croissance assez similaire à ce qu'on observe en France. Mais par contre, l'inflation est autour de 2 %, donc on est à notre cible. Donc en jargon de banquier central, on dit qu'on est dans une bonne situation avec une croissance correcte, mais pas extraordinaire, et une inflation qui est sous contrôle. Ça me permet de faire le lien avec mon petit cartouche de droite, c'est-à-dire l'évolution des taux directeurs en zone euro. Là aussi, je rappelle, ces taux directeurs, Banque centrale, ce sont les taux courts et qui sont pilotés à l'échelle européenne. Les décisions sont bien prises à l'échelle européenne, à l'échelle BCE. Donc vous avez vu qu'on avait beaucoup remonté, c'est très visuel sur la courbe, on avait beaucoup remonté les taux banque centrale qui étaient même en territoire négatif. On les a remontés à 4% pour lutter contre le pic d'inflation qu'on a connu post-Covid et avec l'impact de la guerre en Ukraine. Ensuite, on a eu un petit plateau à 4% et puis là, on a... fait en fait 8 baisses de taux de 25 points de base, de 0,25. Et on a ramené les taux depuis la rentrée de septembre, on les a ramenés à 2%. Donc là, on est stable. On ne fait plus de prévision à la banque centrale, c'est-à-dire qu'on ne dit plus lorsqu'il y a une réunion des gouverneurs ce que l'on va faire lors de la réunion suivante. On ne fait plus ce qu'on dit en bon français de « for a guidance » . Par contre, les marchés qui observent les banquiers centraux sont plutôt à nous dire qu'il y aurait pas de baisse de taux, de nouvelles baisses de taux d'ici la fin de l'année. Maintenant, la fin de l'année est assez proche et on verra bien l'année prochaine si on baisse encore les taux. Mais là, on est plutôt dans une bonne position. On a des taux banque centrale à 2% qui permettent de financer assez facilement à la fois les entreprises et les particuliers via le crédit immobilier. Voilà sur le cadrage très macro.
Alors maintenant, je viens sur la conjoncture nationale. Cette conjoncture nationale, c'est quelque chose qui a encore une meilleure fraîcheur que nos prévisions macro, puisqu'en fait, on fait une publication tous les mois. On interroge un panel de chefs d'entreprise. On a donc 8500 entreprises qui sont interrogées tous les mois par des collègues de la Banque de France. Dans la région, c'est 1200 entreprises qui sont interrogées tous les mois dans les secteurs de l'industrie, des services marchands et du bâtiment. Donc dans l'industrie, vous voyez qu'on a un petit peu des hauts et des bas, mais le mois d'octobre, là on est vraiment avec une bonne fraîcheur de data, le mois d'octobre a été plutôt correct. On voit un petit rebond dans l'industrie. Dans les services marchands, si vous voyez un peu, c'est très visuel aussi, vous voyez bien que le graphique, on a des petits tubes noirs là, qui sont bien au-dessus de zéro. Donc, on a plutôt des services marchands qui ont continué à plutôt tirer la croissance. C'est un bon moteur de croissance, les services marchands. Et puis, le bâtiment, c'est un petit peu plus erratique. Mais j'y reviendrai, mais sur le bâtiment BTP, si on prend bâtiment et travaux publics, voilà on a effectivement un secteur qui se porte moins bien que c'était le cas il y a quelques années avec un boost post-Covid, mais on a quand même un secteur qui est résilient et qui tient, notamment dans le second œuvre. C'est plus compliqué dans le gros œuvre, j'y reviendrai. Mais voilà, donc tout ça fait qu'on a ce package qui nous fait une croissance à 0,7, voire peut-être un peu plus quand on reverra nos croissances en fin d'année.
Alors si je descends maintenant sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, je le dis souvent, mais on a rarement une grosse différence entre la région et le national, parce qu'on est une grosse région. Vous savez, il y a ce fameux pourcentage où la région représente 12%, ça marche sur le PIB, sur les effectifs, sur pas mal de choses. On pèse un peu plus sur l'industrie. On sait qu'on est une région industrielle, un peu plus industrielle que la moyenne. Mais globalement, ce 12% marche et on est une grande région assez diversifiée. Donc, ce que je vous ai dit au plan national, on le retrouve bien dans la région, avec l'industrie qui reprend un petit peu du poil de la bête là sur octobre. Les services, les services marchands qui se tiennent bien. Et puis le bâtiment qui est un peu flat avec un mix entre l'ETP, le second œuvre et le gros œuvre qui est un peu plus compliqué. Alors maintenant, on fait en version très zoom.
Maintenant, je suis, je descends sur l'industrie et dans la région. Alors que commenter sur ces différents graphiques ? On va peut-être se concentrer sur le cartouche de droite et en haut. C'est notamment le taux d'utilisation des capacités de production. Donc vous voyez qu'on avait un peu décroché, on avait décroché après la sortie Covid et boost après l'Ukraine. Là on voit que ça repart, si vous regardez un peu sur la droite, on a le taux d'utilisation des capacités qui repart un peu. Ça c'est important parce qu'évidemment quand les capacités ne sont pas saturées, les chefs d'entreprise investissent moins. Il vont mettre une pause notamment sur les investissements capacitaires. D'ailleurs en 2024 et 2025, on voit bien que les investissements dans l'industrie ont un peu marqué le pas. Voilà, donc là, on voit que ça repart un peu. Ça pourrait peut-être être un bon signe pour un redémarrage des investissements en 2026. Un petit commentaire aussi, c'est sur les carnets. Vous voyez bien, quand vous regardez les cours, si vous regardez les carnets, on voit bien que les carnets ont décroché dans l'industrie. Et ça aussi, ça peut expliquer que parfois, le moral des chefs d'entreprise est un peu en berne. C'est sûr qu'ils ont eu quelques années post-Covid où les carnets étaient pleins. Ils avaient du mal à suivre. Et donc, c'est très confort, évidemment, pour un chef d'entreprise d'avoir évidemment des carnets à trois, quatre mois, enfin selon les secteurs, la durée de carnet est différente. Aujourd'hui, ils ont des carnets beaucoup plus courts. Donc forcément, pour le mental, c'est plus compliqué. On voit bien que finalement, le réaliser au mois le mois n'est pas si mauvais que ça, mais ils ont beaucoup moins de visibilité. Et donc forcément, pour un chef d'entreprise, il a un sentiment, c'est plus complexe pour lui de vivre avec des carnets qui sont plus courts.
Alors, dans les services marchands, il y a moins cette logique de carnet. Ce que je voulais vous dire, c'est que là, effectivement, on voit bien que les services marchands, ça se porte plutôt mieux. On voit quand même que les trésoreries ont un peu décroché, mais là aussi, un petit focus sur les trésoreries. Il faut savoir que les trésoreries, elles avaient quand même été boostées, là aussi, avec les PGE, les fameux PGE qu'on avait délivrés largement pendant la période Covid. Le PGE, c'était une solution de court terme, mais qui était en fait livrée sur les comptes. Donc les trésoreries avaient beaucoup boosté et c'est vrai que là, on voit bien que les trésoreries, elles se renormalisent avec les remboursements de PGE. Et puis maintenant, en quelques mois, on ne parlera quasiment plus des PGE parce qu'ils auront été remboursés. On reviendra sur une base un petit peu plus homogène.
Sur le bâtiment, donc petit focus sur le bâtiment, c'est ce que je vous disais, c'est-à-dire qu'est-ce que l'on observe ? Si je parle du bâtiment et du TP, le TP se tient plutôt correctement. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de travaux, puis il y a eu aussi un cycle électoral. Vous connaissez le cycle électoral dans le TP, il faut couper les cordons là avant les élections. Donc là, on arrive vers les élections. Donc, ça a plutôt bien tenu sur le TP. Puis, il y a eu aussi des gros projets d'infrastructures qui ont tiré le marché du TP. Dans le bâtiment, c'est sûr que la courbe que vous avez vue de remontée des taux, elle n'a clairement pas aidé le bâtiment. Et donc, on a eu un coup d'arrêt, notamment sur le neuf. Aujourd'hui, la baisse des taux que vous avez vue, donc les 4% qui sont devenus 2% en taux banque centrale, Ça a relancé le marché de l'immobilier, mais plutôt l'ancien. C'est plutôt l'ancien qui a redémarré. Le neuf repart un peu. On a par exemple des petits programmes sur des petits collectifs qui redémarrent. Mais ce n'est pas non plus encore extraordinaire, mais ça repart quand même dans le bâtiment. Le neuf redémarre tout doucement, mais vraiment tout doucement. Et clairement, dans les crédits immobiliers que l'on observe tous les mois, l'ancien est bien reparti. La contribution du neuf est encore aujourd'hui insuffisante. Donc voilà sur la situation globale sur les différents secteurs.
Et je vais finir sur les défaillances d'entreprise. Donc, vous avez vu, là, vous avez une courbe qui monte. Alors, souvent, en termes d'économie, c'est plutôt positif. Là, malheureusement, ce sont les défaillances d'entreprise. Donc, cette courbe, elle est très visuelle. On a connu, en fait, une période, je dirais, normale, qui était une période de moyenne période jusqu'en 2019. On a eu un gros trou d'air dans les défaillances avec le Covid parce qu'on a mis en place ce fameux quoi qu'il en coûte qui a quand même sauvé pas mal d'entreprises, avec soit des mesures de subvention pour aider les entreprises qui étaient à l'arrêt, soit les fameux PGE. On est quand même monté au niveau national à 143 milliards de PGE ça a aidé pas mal d'entreprises à survivre, peut-être au-delà de la moyenne de longue période. Aujourd'hui, on est encore avec un phénomène de rattrapage sur les défaillances. Donc, c'est sûr que vous voyez qu'on est… Donc, ça, c'est la moyenne Auvergne-Rhône-Alpes. On a exactement la même courbe au plan national. On a plus de défaillances, trop de défaillances. De toute façon, on a toujours trop de défaillances. Mais je pense qu'il faut vraiment regarder, je dirais en creux, par rapport à ce qui s'est passé par rapport à la période où on a eu moins de défaillances que prévu. Donc aujourd'hui, il y a un peu un rattrapage sur des défaillances d'entreprises un peu qualifiées de zombies, qui ont été soutenues peut-être artificiellement, on a un phénomène de rattrapage, plus un peu une sorte de guerre d'usure. On enchaîne des années avec une petite croissance, 2024, petite croissance, 2025, petite croissance, on a une usure et on a certaines entreprises, effectivement, qui ne passent pas le cap avec une croissance insuffisante. Mais voilà je pense qu'il faut pondérer cette courbe je pense qu'il faut rester relativement pondéré. Voilà ce que je pouvais vous dire en synthétique.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Kathie, je vais laisser la parole à Philippe.
Philippe Laval – DREETS
Merci Cédric merci, donc pour enchaîner et poursuivre sur un focus comme nous l'avons fait dernière fois sur un volet particulier qui est celui des plans de sauvegarde de l'emploi et des suppressions d'emplois pour licenciement économique. Alors là aussi une relative prudence et puis un constat qui est assez mesuré, je ne vais pas dire optimiste, puisqu'on parle quand même de suppression d'emploi, mais ce qu'on constate quand même, si on regarde les données brutes sur les plans de sauvegarde de l'emploi, je rappelle que ce sont des procédures qui concernent des entreprises de plus de 50 salariés qui souhaitent licencier plus de 10 salariés sur une période de 30 jours, donc ça ne concerne pas toutes les entreprises. On constate sur l'année 2025, jusqu'à fin octobre, une relative stabilité, même une baisse sensible des procédures. On en a 141 enregistrées à fin octobre. On était sur 145 l'année dernière, donc on voit que ça se stabilise. Et l'autre point positif, c'est que le nombre de suppressions d'emplois concernées baisse de manière assez significative. Sur la même période, en 2024, nous étions à plus de 8000. Aujourd'hui, même période, on est à un peu moins de 4000, donc on a un peu moins de procédures et un petit peu moins de suppression d'emploi, étant précisé que même si on masque l'effet d'un gros dossier, d'un gros groupe de distribution, qui a eu un impact significatif en 2024 puisque c'était plus de suppression d'emploi, même si on masque cet effet-là, on voit qu'on est quand même sur une diminution sensible puisqu'on était à un peu plus de 6 000 de suppression d'emploi hors ce plan. Donc, donc voilà ça veut dire qu'on a quand même sur ce volet-là moins de suppression d'emploi. Donc un petit motif sinon de satisfaction, en tout les cas d'optimisme pour rester dans cette tonalité. Les secteurs qui sont le plus concernés par ces procédures, on le voit classiquement, il n'y a pas beaucoup d'évolution, ça reste le tertiaire et l'industrie qui restent principalement affectées par ces suppressions d'emploi. Par contre, un petit bémol quand même, c'est que si on regarde cette fois-ci les suppressions d'emploi pour motif économique hors PSE, soit des entreprises de moins de 50 ou des entreprises de plus de 50 qui vont licencier, pour motif économique de moins de 10 salariés. Là, par contre, on constate qu'on a une hausse assez significative puisque sur la même période, 2024-2025, on est à +16%. Donc, on reste dans une tonalité, pour rester sur le même fil, pas pessimiste, ce n'est pas un effondrement, mais on a une relative stabilité à voir sur les prochains mois quelles seront les tendances et si elles se confirment. Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce volet-là.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci à tous les deux pour cette première intervention. Je vous invite à poser vos questions dans le chat. Pour des compléments sur cette première intervention, dans l’attente, je me permets un petit résumé.
Au précédent webinaire, nous nous étions quittés sur une économie régionale toute en contraste. Ici, on peut dire que la croissance demeure positive, malgré un contexte d’incertitude qui est pénalisant. L’activité semble en progression au niveau national, tandis que la conjoncture régionale a été favorable plutôt en octobre après un mois de septembre, plutôt timide. Parmi les signes positifs, on retiendra notamment la croissance des services marchands, malgré le décrochage des trésoreries sous l’effet du remboursement des prêts garantis par l’État. La situation du bâtiment reste quant à elle plutôt erratique, bien qu’il y ait de la résilience, notamment dans le TP, qui présente une situation plutôt correcte. Et enfin, les défaillances poursuivent une trajectoire ascendante. Les plans de sauvegarde de l’emploi décrivent une relative stabilité, alors que les autres ruptures collectives sont à la hausse.
Pour le moment, je ne vois pas de questions dans le chat, mais je vais me permettre de vous poser mes propres questions. Et la première, elle s’adresse à Kathie. On voit qu’il y a un contexte d’incertitude qui demeure et il pèse sur la croissance du PIB. Dans le détail, comment il pèse sur les entreprises et surtout, est-ce qu’il le fait de la même façon sur les grandes entreprises et sur les PME ?
Kathie Werquin-Wattebled – Banque de France
Oui, alors ce contexte d'incertitudes, évidemment, ce n'est vraiment pas bon pour la croissance, évidemment. Et nous, on a même essayé de le modéliser. Alors, ça vaut ce que ça vaut, mais on a quand même des modèles qui sont assez performants. Et au vu de ce qu'on capte comme information auprès des chefs d'entreprise, en modélisation, on pense que le contexte d'incertitude aujourd'hui, à la fois international et national, pèse à peu près 0,5. C'est-à-dire qu'on pourrait quand même grappiller 0,5 points de croissance en plus si on était un peu plus, je dirais, en « mer d'huile » . Et on a même détaillé cet impact entre le contexte international qui pèse peut-être plus sur les grandes entreprises, pèse autour de 0,3. Et notre, on va dire, génie national, pour rajouter dans ce millefeuille un petit peu d'incertitude sur le budget, les incertitudes politiques, pèseraient à hauteur de 0,2. C'est beaucoup quand même. Ça veut dire que, je ne sais pas si en fin d'année, on sort une croissance à 0,8, peut-être 0,9, par rapport au 0,7 qu'on a annoncé. Ça veut dire qu'on pourrait cranter quasiment à 1,4. Voilà, 1,3, 1,4. Et ça change vraiment les choses sur le plan de l'emploi, sur le plan du confortement des entreprises. Sur le plan budgétaire d'ailleurs, avec les impôts de production. Et puis, ça a un impact aussi sur la consommation des ménages. Et vous savez que la consommation des ménages, c'est à peu près 50% du PIB en France. On est un pays riche, donc la consommation est importante dans la croissance. Et on voit aujourd'hui un taux d'épargne stratosphérique. On est quasiment à 19% de taux d'épargne. Et on sait que, par exemple, si on ramenait le taux d'épargne de 19% à 18%, alors que la moyenne de longue période est de 14-15, donc on est vraiment pour ça, le terme de stratosphérique n'est pas excessif, si on ramenait le taux d'épargne de 19% à 18%, ce serait 0,4 points de PIB en plus, voilà. Donc tout ça, en fait, entre guillemets, on se tire un peu une balle dans le pied, que ce soit sur la consommation que sur la croissance, tirée notamment par les investissements des entreprises. L'incertitude, c'est vraiment très mauvais pour la croissance.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Kathie pour cette précision. Philippe, moi je voulais vous demander aussi, est-ce que les tendances observées sur les plans de sauvegarde de l'emploi au deuxième trimestre se confirment à l'été ou est-ce qu'on a des indications sur ce plan là ?
Philippe Laval – DREETS
Alors, j'ai un écran face de moi, pas une boule de cristal, donc c'est difficile. Non, mais un peu plus sérieusement. Alors, oui, je dirais d'une certaine manière, les tendances se confirment. Alors, c'est toujours un petit peu difficile de faire de la projection, puisque bon, sur les sur les licenciements hors PSE, donc là, on enregistre les flux, on n'a pas forcément de visibilité à part les flux. Sur les PSE, là, par contre, on a une vision un petit peu plus longue, parce que ce sont des procédures qui sont annoncées dans le... le temps, celui par les services, celui par nos services, pour en avoir un petit peu plus de visibilité. Et puis, on a d'autres outils, que ce soit au niveau national ou régional, qui nous permettent d'avoir une connaissance assez précise des difficultés d'entreprise. Donc, oui, on sait qu'on a quelques dossiers importants. Ils sont toujours des dossiers importants, parce que derrière, ce sont quand même des suppressions d'emplois parfois en masse. Et la volumétrie, je dirais, peut avoir un impact très différent en fonction du territoire où sont opérées ces suppressions d'emplois. Ça n'a pas le même impact dans le gros département ou les petits départements ruraux par exemple. Donc, oui, une tendance qui se confirme, on ne sent pas une explosion, mais vraiment, j'insiste vraiment sur, à la fois les guillemets et les réserves, c'est-à-dire que, voilà, comme Kathie le disait, à l'incertitude, on a toujours quand même ce contexte d'incertitude qui fait que les choses peuvent s'orienter aussi bien d'une manière un peu plus positive, on le voit pour la croissance, par exemple, que, voilà, être beaucoup plus dégradé avec quand même un certain nombre d'entreprises, notamment des... très petites entreprises. Je rappelle toujours que le tissu économique d'Auvergne-Rhône-Alpes, c'est quand même très majoritairement des petites entreprises, très petites entreprises. Donc, on a toujours une fragilité quand même pour un certain nombre d'entre elles. On retrouve d'ailleurs les chiffres des défaillances. Donc, oui, on est sur ces perspectives-là. C'est un petit peu difficile de faire beaucoup plus de projections.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
D'accord, merci pour ces précisions. On reviendra sur quelques thèmes peut-être dans le dernier temps de questions. On va passer du coup à la deuxième partie. Je vais maintenant laisser la parole à Antonin et Philippe pour nous en dire plus sur l'emploi salarié en région avec des zones sur l'apprentissage et les contrats de professionnalisation.
Antonin Bretel – INSEE
Oui, tout d'abord, bonjour à tous et merci à Via Compétences pour l'organisation de ce webinaire. On a repris là sur notre présentation le titre de la note de conjoncture qui a été publiée au mois de septembre et qui est traité du T2 2025. Donc, des inquiétudes persistantes pour l'économie régionale malgré des signes favorables sur l'emploi. Donc voilà, on a des données qui seront sur le premier semestre 2025, donc un peu moins fraîches que les données des collègues autour de la table. Donc voilà, donc au niveau régional tout d'abord, on a un premier semestre qui est en très légère croissance avec 3 300 emplois en plus. Ça fait 0,1 % de croissance de l'emploi. Et on voit bien quand on regarde le graphique sur une période un peu plus longue, là on a attaqué à partir de 2021, donc on n'a pas le trou qui avait pu être celui qu'on a beaucoup vu ces dernières années avec la crise sanitaire, que la phase de rattrapage post-crise sanitaire est peut-être arrêtée, c'est peut-être l'inversion qu'on a mesurée dès 2024. Quand on regarde au niveau régional, on voit bien que c'est sur le premier semestre 2025, plutôt du fait de l'emploi public, du tertiaire non marchand, que des autres secteurs d'activité sur cette légère croissance de l'emploi salarié. On voit bien quand on regarde ce graphique, qu'on a deux périodes, le premier trimestre qui était plutôt en baisse et un second trimestre avec une reprise, une reprise d'oxygène. C'est évidemment corrigé des variations saisonnières, donc ce n'est pas juste le fait d'un début de saison touristique par exemple, mais voilà, on est sur une tendance plutôt stable et en très légère croissance. On a quand même des données nationales qui peuvent peut-être nous éclairer sur ce qui va nous arriver, et ça a été dit par Kathie juste avant, on est quand même une très grosse région, donc ce qui se passe au niveau national ressemble à ce qui se passe au niveau régional ou inversement, en tout cas ce qui se passe au niveau régional a une conséquence assez marquée au niveau national. Et donc, on voit que sur le troisième trimestre 2025 au niveau national, on est sur une baisse de l'emploi salarié, notamment privé, qui est assez marquée, de moins 0,3%. Et on sait notamment que ça s'explique par un repli des contrats d'apprentissage. Et ça, on aura aussi un éclairage après sur ce sujet. Et notamment suite à la diminution des aides à l'embauche sur l'apprentissage. Pour faire aussi notre publicité des publications à venir, la note de conjoncture du T3 de l'INSEE sera publiée au tout début du mois de janvier, le 8 a priori, donc voilà. Seconde diapositive, là on va regarder plutôt par secteur économique. On voit que dans l'industrie, on est sur une stagnation, on est à moins 0,1%, ça veut dire 400 emplois en moins au premier semestre. Sur un an, on est vraiment à 0%, donc on voit qu'on est sur... une... une santé économique qui se traduit dans l'emploi plutôt de manière assez neutre, mais on verra aussi qu'il y a d'autres manières de voir, et on l'a vu juste avant avec la Banque de France. Pardon, je me suis trompé, j'ai changé de diapo, mais ce n'était pas ce que je voulais faire. La construction, elle, poursuit son repli depuis quelques années, depuis la sortie de la crise sanitaire. On sait que c'est un secteur où l'emploi diminue et diminue de manière assez marquée. On est à moins 0,9% sur le premier semestre. On est à -1,6% sur l'année entière. Donc, on voit bien qu'on est sur un secteur qui continue sa baisse et ça reste un secteur, malgré tout, qui est aussi porteur d'emploi puisque 6% de l'emploi régional. C'est vrai que je ne suis pas revenu sur l'industrie. L'industrie, c'est aussi un secteur très moteur dans la région. C'est quasiment 16% de l'emploi régional. Donc, voilà. Le tertiaire marchand hors intérim, on est aussi... alors, c'est vrai que c'est des messages qui sont un peu neutres, c'est ce qui a été dit déjà par les partenaires autour de la table. On est aussi sur une légère phase de repli au premier trimestre, avec une petite croissance au deuxième trimestre, ce qui fait qu'on est sur un premier semestre 2025 à zéro. Et c'est pour le coup un employeur très important, c'est 44% de l'emploi régional. Et sur le tertiaire non marchand, donc l'emploi public globalement ou para-public, là on est plutôt sur une croissance, +4000 emplois sur le premier semestre. Et c'est vraiment lui, c'est ce que je disais sur la première diapositive, c'est vraiment lui qui est aujourd'hui un peu moteur sur ce premier semestre. Et voilà. On continue sur l'intérim. Donc on est sur une... une chute de l'emploi intérimaire qui est peut-être ralentie ou en tout cas qui arrive peut-être à un plateau sur ce premier semestre 2025 puisqu'on est sur 3,1% de l'emploi salarié et une baisse de -0,4%, soit -400 emplois intérimaires sur le premier semestre. Mais on le voit là sur la courbe que vous avez sous les yeux, qui est un peu petite, mais je vous l'accorde. On a un petit rebond sur le T2 avec une hausse de +0,4%. On est sur un volume d'emplois intérimaires qui est en dessous du niveau de 2019 et on a des grosses disparités départementales. On a +30% au premier semestre en Ardèche, -1,7% dans le Rhône. Globalement, il y a quatre départements qui sont encore positifs sur l'emploi intérimaire et les autres qui sont plutôt en retrait. Mais voilà, mais on pourra aussi revenir s'il faut sur ce sujet-là. On sait bien notamment dans l'Ardèche, cette forte croissance elle est tirée par une entreprise. Dans la suite de cette présentation, un petit zoom sectoriel sur l'industrie, le secteur de l'énergie, de l'eau, de la gestion des déchets, du raffinage et le sous-secteur industriel est en croissance au premier semestre, en +1,5%. L'industrie agroalimentaire, lui aussi, enregistre une petite hausse, 500 emplois supplémentaires avec une hausse de 0,7%, donc qui continue sa progression. Les autres secteurs industriels, donc là qui regroupent le gros de l'industrie régionale, avec notamment la chimie, la plasturgie, la pharmaceutique, régressent légèrement, c'est un emploi sur deux au sein de l'industrie, et c'est vrai que les signes sur le premier semestre sont plutôt à la baisse. Qu'est-ce que je dis comme note, excusez-moi. Donc voilà. On a une petite explication sur les transitions énergétiques et la gestion des déchets, les contraintes environnementales qui viennent, eux, tirer le premier secteur dont on a parlé au début de cette diapositive. Le deuxième zoom, c'est sur le tertiaire marchand. Donc là, on voit bien que c'était le moteur de la croissance de l'emploi en sortie de crise sanitaire et qu'on est sur un moteur qui est peut-être un peu… au ralenti, alors en panne c'est peut-être un peu dur, mais au ralenti en tout cas avec une baisse sur le premier semestre de -0,3%. Quand on nuance dans les sous-ensembles du tertiaire marchand, on se rend compte que l'hébergement-restauration se distingue favorablement avec une croissance de l'emploi de 0,8% sur le premier semestre et le commerce qui est un gros pourvoyeur d'emploi de ce secteur, lui reste à un niveau de croissance proche de zéro, puisqu'on a +0 pour le commerce et +0,1% sur les services aux entreprises. Quand on regarde... au niveau départemental, on voit bien, et c'est pour reprendre, ça illustre presque d'une certaine manière aussi ce qu'on a vu sur les disparités départementales dans l'intérim, des réalités qui sont différentes selon les espaces territoriaux de la région, avec une forte croissance de l'emploi dans l'Ardèche, la Drome et l'Ain, donc l'Ardèche qui est le département où la croissance est la plus marquée, et on l'a vu tout à l'heure avec une forte croissance de l'emploi intérimaire de 30% sur un territoire qui est quand même plutôt rural, avec une base d'emploi qui est somme toute plus faible que d'autres départements. On a une stagnation dans le Rhône, et c'est le Rhône qui est quand même le gros moteur de l'économie et de l'emploi dans la région, avec 0% de croissance de l'emploi. Et on a des baisses qui sont constatées dans la partie Auvergnate de notre région, notamment dans le Cantal et l'Allier, mais avec des conséquences qui sont somme toute assez raisonnables, puisque ce sont des territoires avec un bassin d'emploi moins important. Voilà, c'était la partie emploi par l'INSEE. Merci à vous pour votre écoute.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci, Antonin. Je vais laisser la suite à Philippe.
Philippe Laval – DREETS
Merci, Antonin. Vous avez parlé tout à l'heure d'apprentissage. Justement, comme on a pris l'habitude, on va faire un petit focus sur ce dispositif et cette mesure. Alors, pour rappeler quand même déjà que l'apprentissage fait partie des priorités du gouvernement. C'était une priorité en 2017, ça le reste. Le ministère du Travail, aujourd'hui, garde deux priorités, dont celle-ci, le plan d'apprentissage, l'autre étant l'emploi des travailleurs expérimentés ou des seniors, on se focus tout à l'heure, on est en plein dans l'actualité, voilà. Alors, cette priorité, elle se traduit évidemment dans les chiffres, puisque si on revoit, alors on n'a pas fait de courbe, mais on pourrait peut-être le faire pour la prochaine fois, mais on le verrait entre 2018 et 2024, on a une progression extraordinaire, je vais le dire comme ça du nombre de contrats d'apprentissage conclus, on est à plus de 200%, que ce soit au niveau national ou au niveau régional. Je rappelle que l'objectif du président de la République en 2017, c'était d'arriver à un million d'apprentis en 2027. Alors, si on regarde le stock, le terme n'est pas très heureux, mais le stock, ça, sur 2024, je ne veux pas que les jeunes apprentis ou les moins jeunes me pardonneront, ça veut dire à la fois les contrats, les personnes qui sont en contrat, qui sont rentrés en contrat en 2024, et ceux qui étaient déjà sur des contrats... précédemment, on est effectivement à plus d'un million, un peu plus d'un million en France, à 1,5 million. En Auvergne-Rhône-Alpes, 130 000. Bon, si on regarde maintenant les entrées, les nouvelles entrées en apprentissage, on est un petit peu en dessous, c'est un peu plus de 800 000, près de 900 000 en France, et c'est 100 000, un peu plus de 100 000 en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais on est quand même sur des niveaux très, très, très, très élevés. Pour rappeler qu'un peu moins, juste les chiffres de 2018, au niveau national, nous étions... en entrée à 301 000 et en Auvergne-Rhône-Alpes à 37 000, ça permet de mesurer l'écart et la progression, donc qui s'est traduit aussi dans les chiffres de l'emploi puisque le contrat d'apprentissage, c'est un contrat de formation, mais c'est aussi surtout et avant tout un contrat de travail. Donc, ceci étant dit, que se passe-t-il ? Parce que c'est ce qui nous intéresse sur l'année 2025. Alors, quelques évolutions sur l'année 2025, les chiffres que l'on a et dont on dispose, qui sont des chiffres consolidés, sont arrêtés à fin août 2025. Vous allez dire le webinaire aujourd'hui, il arrive un peu tôt, ce qui sera intéressant, c'est de voir les chiffres du mois de septembre. Et déjà, ce que l'on constate sur l'année 2025, on est depuis le début janvier jusqu'à fin août à presque 30 000 entrées. Donc, c'est une diminution sensible, mais pas encore très, très forte, voilà qu'on observe par rapport à la même période de 2024. Il va vraiment vraiment falloir regarder les chiffres de septembre, septembre et octobre, puisque ce sont les mois sur lesquels la majorité, la très très grosse majorité des entrées se font, pour vraiment voir quelle est la tendance, si on est vraiment sur une baisse significative ou pas, et pouvoir voir un petit peu quelles sont les tendances sur les mois à venir. Donc, sur l'évolution, voilà ce qu'on peut dire aujourd'hui, donc une diminution sensible, à voir pour les prochains, pour les prochaines séquences, puisque les chiffres du mois de septembre, je crois que nous les auront en fin du mois, fin novembre. Donc, assez rapidement, on va pouvoir voir si cette petite tendance légère se confirme ou pas. Si on part sur des aspects un petit peu plus qualitatifs, comme vous le voyez, alors si on dresse le portrait robot de l'apprenti 2024, c'est un apprenti ou une apprentie qui est plus diplômée à l'entrée en contrat, puisque vous voyez sur les chiffres qui sont affichés, on est à... un tiers d'un niveau bac et plus, alors qu'on était à un peu moins de 20% en 2018. Ce sont également des apprentis qui préparent des certifications diplômes de niveau plus élevé. On est à deux tiers sur des certifications de niveau bac et plus, alors que c'était un tiers en 2018. Et nous sommes également, enfin là voilà, l'apprenti ou l'apprenti 2024 est plus âgé, légèrement plus âgé que celui de 2018, avec une part des plus de 25 ans, mais ça ce sont des effets de la loi pour choisir son avenir professionnel qui augmente, même si on reste... sur une maîtrise faible, c'est 7%, mais on est quand même passé de 1% à 7%. Voilà ce que l'on peut dire concernant l'apprentissage.
Alors, on aurait dû dire focus sur l'alternance, puisque l'alternance est l'apprentissage et contrat d'apprentissage, mais aussi les contrats de professionnalisation. Alors là, par contre, on suit la tendance inverse. Alors, c'est peut-être un peu hasardeux de dire qu'il y a un effet de vase communiquant, mais quand même un petit peu, puisque ce dispositif-là, qui reste un dispositif d'alternance, voilà, voit lui, son volume et le nombre d'entrées diminuer de manière assez singulière. On a 4700 nouveaux contrats conclus depuis le début de l'année, jusqu'à, pareil, ce sont des chiffres qui sont arrêtés à fin août. On voit qu'il y a une baisse quand même significative, -23% entre fin 2023 et fin 2024. Depuis 2018, on est à une baisse de près de deux tiers. Donc voilà, c'est un contrat qui a vu... à la fois son publics diminuer, les entrées diminuer, et de la même manière, si on dressait un petit peu le portrait robot, on voit que ce sont des personnes qui entrent en contrat d'apprentissage qui sont un petit peu moins diplômées que ne l'étaient ceux de 2018, qui préparent des certifications de niveau moindre élevé, par contre, un petit peu la même tendance que pour les contrats d'apprentissage, des populations, des publics qui sont un petit peu plus âgés. Et puis, il y a un élément qu'on regarde toujours sur ces publics, c'est la part des personnes qui sont en quartier prioritaire politique de la ville, on est à 8%, quelque chose qui reste assez, voilà un chiffre qui reste assez stable. Voilà ce que l'on pouvait dire sur ces deux types de contrats, en alternance l'apprentissage et le contrat de professionnalisation, sachant que pour l'un comme l'autre, la majorité des contrats, on est à près des trois quarts, sont conclus dans le secteur des services, services marchands, voilà.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Philippe, merci Antonin, à tous les deux pour cette seconde intervention. Je vois arriver des questions sur la première partie, nous y reviendrons un peu plus tard.
On va d'abord résumer cette seconde partie. D'abord, on voit que la situation de l'emploi n'avance plus beaucoup, ce qui se confirmerait potentiellement avec les premiers chiffres du troisième trimestre et le ralentissement de l'emploi salarié privé dû au deux tiers par le repli des contrats d'apprentissage. Dans le détail, on note un peu de stagnation dans l'industrie et le tertiaire marchand hors intérim qui serait un moteur de l'emploi un peu au ralenti malgré l'hétérogénéité des sous-secteurs. On note aussi la poursuite du repli sur la construction. Quant à la situation de l'emploi intérimaire, il semble arriver au moins à un plateau, peut-être redémarrer avec des diversités territoriales marquées. Et enfin, après une courbe de l'apprentissage en croissance entre 2018 et 2024, on observe un repli, on observe aussi une variation du profil de l'apprenti. Vous en vous avez, vous en avez parlé Philippe. Et enfin, une tendance plutôt inverse sur les contrats de professionnalisation avec une diminution.
Je vais en profiter pour vous poser des questions. J'ai l'impression que la dimension territoriale est assez marquée, intéresse notre public. La première question vient de Pierre et qui demande qu'en est-il de l'évolution de l'emploi dans la Loire ? Assez spécifiquement, il a devancé la mienne.
Antonin Bretel – INSEE
Alors, dans la Loire, heureusement qu'on a nos... feuilles de sèche. Donc, dans la Loire, l'emploi à la fin du deuxième trimestre 2025, c'est 270 000 postes. C'est 8,3% de l'emploi régional. Et sur le semestre, il y a eu une légère croissance de 0,3%. Ce qui se traduit par 700 emplois supplémentaires dans la Loire pour répondre. Merci, Antoine. De la Loire, on va passer à l'Ardèche, maintenant. Un des éléments notables de cette seconde partie d'intervention, c'est la situation de l'intérim sur laquelle on peut éclairer l'exemple départemental de l'Ardèche. On a vu une forte progression de l'emploi intérimaire qui serait potentiellement imputée à la stratégie de l'entreprise IVECO. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus et notamment pourquoi IVECO aurait privilégié un recours à l'intérim plutôt qu'à l'emploi classique ? Voilà, quelques éléments complémentaires. Bon alors c'est vrai que ça reste un département très rural l'Ardèche c'est 3% de l'emploi régional, donc c'est sûr que quand on a une grosse entreprise qui fait recours à de l'intérim de manière un peu marquée, ça va avoir des conséquences fortes sur l'évolution de l'emploi intérimaire sur le département. Donc oui, on est bien sur Iveco qui a utilisé l'intérim. On sait que c'est une entreprise qui a été rachetée l'été dernier par Tata Motors, l'entreprise indienne, et donc avec un carnet de commandes qui est assez marqué et on a... pour préparer un peu cette réunion de ce matin, j'ai regardé rapidement l'actualité. Au début du mois de novembre, on apprend aussi que la région Île-de-France projette de commander 4200 bus supplémentaires à Ivéco Bus. Donc on voit bien qu'on est sur un carnet de commandes pour cette entreprise, peut-être Kathie pourra en rajouter quelque chose, mais qui a l'air plutôt bien rempli et qui continue à se remplir. Donc un recours à l'emploi intérimaire et peut-être aussi un emploi plus pérenne à un autre moment quand le carnet de commandes sera vraiment stabilisé. Donc on sait bien que l'intérim il répond aussi à des hausses temporaires de besoins de main d'œuvre. Donc on est vraiment dans cette situation avec un carnet de commandes qui se remplit, un besoin en main d'œuvre et puis donc le recours à l'intérim pour pouvoir répondre à la commande.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Antonin pour cette réponse. Philippe, moi j'avais une question, on parlait du coup de l'apprentissage, des contrats de professionnalisation. Est-ce que les tendances à la hausse pour l'apprentissage et à la baisse pour les contrats de pro vont se poursuivre compte tenu de l'évolution des modalités d'accès pour les employeurs et pour les bénéficiaires ?
Philippe Laval – DREETS
C'est ce que j'indiquais, c'est-à-dire que les tendances pour l'un comme pour l'autre sont à observer avec les chiffres dont on va disposer, notamment pour l'apprentissage au mois de septembre, puisque là, on n'a pas de données. Alors, je dis qu'on a pas de données, on a des données quand même par rapport à des outils que l'on a, mais qui sont des outils dont la fiabilité... est bonne, mais ne permet pas quand même de tracer des tendances très consolidées. Donc, on sent quand même qu'il y a une diminution côté apprentissage, qui peut peut-être s'expliquer par plusieurs facteurs. Le premier, ça a été évoqué, il y a l'évolution du système d'aide. On est passé sur des systèmes d'aide assez importants à un resserrement autour de... J'avais noté, j'avais pris aussi mes petites anti-sèche, parce que je ne les connais pas par cœur. Voilà, donc c'est 5 000 euros pour les entreprises de moins de 150, c'est 2 000€ pour les plus de 250€ et c'est 6 000€ pour le recrutement d'un apprenti ou d'une apprentie en situation de handicap. Donc même si ça peut paraître être important, on a quand même ce premier effet de baisse qui peut avoir un effet en tous les cas levier, qui lorsque l'on diminue, atténue un petit peu l'attractivité du dispositif. Deuxième point qui peut expliquer cette tendance un petit peu à la baisse, c'est aussi comme je l'ai indiqué, le contrat d'apprentissage c'est un contrat de travail, donc qui est dépendant de la conjoncture économique. Et naturellement, quand la conjoncture est moins favorable, les embauches, que ce soit en emploi classique ou en emploi en alternance, subissent les conséquences de cette incertitude ou de cette dégradation. Le troisième élément qui peut aussi expliquer, mais là à prendre quand même avec quelques précautions, ça peut être aussi un effet entre guillemets de saturation. C'est-à-dire que, je rappelle que le contrat d'apprentissage, comme le contrat de professionnalisation d'ailleurs, sont des contrats d'alternance qui nécessitent un accompagnement par l'entreprise et dans l'entreprise. Donc, quand on dit accompagnement, ça veut dire concrètement des salariés qui vont avoir une fonction de maître d'apprentissage. Donc, il y a à la fois pour une entreprise l'activité qui permet ou pas le recrutement d'apprentis. Donc, quand l'activité permet de recruter un ou deux apprentis, elle ne permet peut-être pas d'en recruter trois ou quatre. Donc, il y a un effet capacitaire en termes d'activité, il y a aussi un effet d'accompagnement, il y a aussi un effet de la capacité à accompagner, c'est-à-dire que si vous avez 4, 5 apprentis, ça veut dire qu'il faut avoir les salariés qui vont être en capacité de pouvoir les accompagner. Voilà donc peut-être que la très forte progression, je rappelle à 200% entre 2018 et 2024, fait aussi qu'à un moment on arrive dans certains secteurs et dans certaines entreprises, pas forcément dans toutes, à un effet un petit peu de… voilà on est arrivé au niveau très très haut et que le gain supplémentaire… pour atteindre l'objectif, il est un petit peu plus difficile et que voilà ça nécessite soit une activité en conséquence qu'aujourd'hui nous n'avons pas, soit peut-être des investissements aussi en termes d'emprisonnement parce que les entreprises aujourd'hui qui recrutent n'ont pas forcément, n'ont pas la capacité à faire ou ne souhaitent pas faire compte tenu de ce qu'on évoquait, c'était aussi de l'incertitude. C'est une explication un peu multifactorielle, encore une fois, je pense qu'il est un peu tôt pour tirer les conséquences des chiffres que nous aurons là. On y verra un petit peu plus clair à partir des chiffres de septembre et surtout en fin d'année.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Philippe pour ces précisions. Je garde la troisième question départementale pour la dernière partie de questions. On va partir dans un autre département. Mais d'abord, merci à vous. Avant de partir sur la troisième partie, je me permets de faire noter à notre public que d'ici quelques minutes va s'afficher un message automatique qui vous invitera à commenter et évaluer ce webinaire. N'hésitez pas à nous donner votre avis, il sera précieux pour l'évaluation de cette édition et des prochaines. Mais notez bien aussi que le webinaire se terminera plutôt autour de midi et quart. Je vais maintenant passer la parole à Yann et Philippe pour nous en dire plus sur l'évolution récente du marché du travail.
Philippe Laval – DREETS
Effectivement, on va le faire à deux voix, mais notamment sur les données d'inscription à France Travail. Je vais assurer cette partie qui, depuis le début d'année, est un exercice un petit peu périlleux, je me le permets de le dire, parce que, bon, on refait toujours ce petit temps un peu pédagogique et explicatif, les dispositions de la loi pour le plein emploi ont fait évoluer les modalités d'inscription, euh puisque maintenant on parle non plus de demande d'emploi en fin de mois, mais d'inscrits à France Travail. Et vous voyez, on a repris ce point-là, donc depuis le 1er janvier, des inscriptions systématiques pour trois catégories de publics, les demandeurs et bénéficiaires du revenu de solidarité, RSA, les jeunes en recherche d'emploi accompagnés par les missions locales et les personnes en situation de handicap qui sont suivies par les Cap-Emploi, par les structures Cap-Emploi. Donc ce premier effet-là a eu pour effet mathématique, je vais le dire comme ça, de générer une augmentation assez significative de la demande d'emploi. Ce qui rend les comparaisons avec l'année 2024 et antérieurement, sinon très compliquées, voire même quasiment impossibles. Des problèmes techniques, on entend toujours. Oui, on entend toujours, parfait. Bon, je continue à l'aveugle. Donc, simplement, pour dire qu'effectivement, Ces inscriptions automatiques ont engendré, généré une augmentation significative. Donc, si on veut arriver à faire des comparaisons et isoler vraiment le caractère conjoncturel et lié à la conjoncture, les effets de la conjoncture sur le marché du travail, il faut faire un certain nombre d'exercices, de statistiques. Que nos services, tant au niveau du ministère du Travail, que côté France Travail, savent faire au niveau national et on sait sur certaines données le faire au niveau régional. Alors le premier point qui consiste à neutraliser... aussi le terme n'est pas forcément très heureux, mais à neutraliser les effets des inscriptions systématiques. Donc, si on sort les inscriptions des bénéficiaires du RSA et des jeunes, on voit que l'évolution de la demande d'emploi en catégorie A, c'est-à-dire pour les personnes qui sont sans emploi et immédiatement disponibles et qui n'ont pas d'activité, elle est de 0,7% sur le trimestre et de 5%, on reste quand même sur un niveau important, sur un an. Si on prend les trois catégories ABC, c'est-à-dire en incluant les personnes en recherche d'emploi qui ont eu une activité pour les catégories B et C, plus ou moins importantes. Là, on voit qu'on est sur une augmentation un petit peu plus importante, mais on est vraiment sur des volumes et sur des niveaux faibles, +0,8 sur le trimestre et +3,1 sur un an. Je peux donner les chiffres bruts, même s'ils n'ont pas beaucoup de signification en tant que tel. En catégorie A, au troisième trimestre, on est à 342 280 inscrits et en catégorie ABC, on est à 629 000. Encore une fois, ces chiffres-là en données brutes n'ont pas beaucoup de signification dans les comparaisons que l'on peut faire. L'autre effet, et donc là je parle aussi sous le couvert de Yann, qui joue sur le nombre d'inscrits et les comparaisons, c'est les effets qu'on appelle du décret sanction. Depuis le 1er juin, on a une évolution des modalités de suspension en radiation qui fait qu'on est... moins les dispositions de ce décret font qu'on est moins sur des radiations systématiques en première intention, et qu'on est plus sur des modalités de suspension, ça peut être complété un petit peu. Ce qui fait que mathématiquement, si on a moins de suspension, de radiation, on va avoir un effet mathématique qui va générer une augmentation du nombre d'inscrits. J'espère que je n'ai perdu personne dans cette explication.
Yann Métais – France Travail
Je vais préciser l'esprit de la loi a changé sur les sanctions qui peuvent être appliquées aux demandeurs d'emploi qui ne respectent pas leur contrat d'engagement où effectivement précédemment avant le 1er juin 2025 un demandeur d'emploi qui respectait pas ses obligations de recherche d'emploi faisait objet d'une radiation c'est à dire qu'il n'était plus inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi et il n'était de fait plus accompagné dans ses démarches pour retrouver un emploi. L'esprit de la loi a changé. L'effet d'une sanction qui est prononcée quand on constate le non-respect d'un engagement ou le non-respect globalement des obligations du demandeur d'emploi ou de la personne inscrite à France Travail ne provoque pas l'arrêt de l'inscription, mais provoque un impact sur son revenu de remplacement, soit l'allocation chômage, soit le RSA, soit l'ASS qui sont versés. Donc c'est plutôt un impact financier, mais l'accompagnement continue puisque l'objectif... c'est d'accélérer le retour à l'emploi de la personne. La sanction est un levier pour lui dire « Vous n'avez pas suivi les règles, on le sanctionne, on le repère. Par contre, l'objectif de vous accompagner à retrouver un emploi le plus rapidement possible est maintenu. »
Philippe Laval – DREETS
Merci de cet éclairage plus précis que je n'ai pu dire. Donc si on essaye, et là c'est sur nos services à un niveau national qui travaillent sur ces éléments-là, donc si on essaye de neutraliser également cet effet, ce que l'on constate c'est que sur les évolutions, là on serait sur une évolution négative, donc une légère baisse, en catégorie A de -0,9% sur le trimestre et en catégorie ABC de -0,2% toujours sur le trimestre. Mais encore une fois, ce sont vraiment des données à prendre avec beaucoup de précautions. Là, ce sont des estimations. Donc, je pense qu'il va falloir, comme j'ai pu le dire lors de la précédente édition, attendre un petit peu de temps et de recul pour pouvoir vraiment faire des comparatifs sur des bases identiques. Donc, on peut quand même se dire un certain nombre de choses concernant l'évolution des inscrits à France Travail. Ce que l'on constate quand même, malgré ces incertitudes, c'est qu'on est quand même sur une hausse tendancielle de la demande d'emploi depuis 2023. Là-dessus, on a les éléments qui nous permettent de le dire. On est sur une probable stabilisation conjoncturelle au troisième trimestre, c'est ce qu'on vient de voir avec les chiffres que l'on a et les estimations qui sont faites par nos services, que très logiquement, on a une hausse significative du nombre d'inscrits parmi les jeunes, puisque c'est les effets de la loi pour le plein emploi. On constate également une légère progression du nombre de demandeurs d'emploi de longue durée, on est à 43,2% en catégorie ABC, donc toujours des volumes et des niveaux très très importants. Et puis là aussi, effet de la loi et de ses évolutions, une augmentation du nombre d'inscrits en accompagnement social, donc ce sont les nouvelles catégories F, dont les bénéficiaires du RSA. Aujourd'hui, voilà ce que l'on peut dire globalement sur les évolutions des inscrits à France Travail. Donc encore beaucoup de prudence dans l'interprétation des chiffres. Vraiment regarder les tendances, attendre un petit peu, ne pas regarder les chiffres bruts, enfin les chiffres bruts sont toujours intéressants, mais si on s'attelle ensuite à faire des comparaisons, il faut vraiment être très très prudent. En gros, ce sont les cinq points qu'on peut retenir par rapport à ces données. Merci.
Yann Métais – France Travail
Je vais poursuivre sur une focale qui est plus particulièrement sur le public senior. Le terme senior a des géométries parfois variables, peut être parfois bien pris ou moins bien pris. On parle des gens qui sont dans le dernier tiers de leur vie professionnelle. Vous l'avez vu dans les quelques données qui ont été présentées sur l'évolution du marché du travail, on sait qu'en France, on a une difficulté d'accès au marché du travail au début de sa carrière et les données que je vais vous partager avec vous vont plutôt faire une focale sur le dernier tiers de la carrière et on voit qu'effectivement le marché du travail peut être lui aussi difficilement ou plus difficilement accessible dès lors qu'on passe les 50 ans. Alors les premières données que je vais vous présenter, je vais présenter sous couvert de mon collègue. Ce ne sont pas des données France Travail, ce sont des données INSEE, c'est le taux d'emploi. Donc, c'est les personnes sur la population, les personnes qui sont en emploi. Et on voit qu'effectivement, malheureusement, plus on avance en âge, plus le taux d'emploi se réduit. Ca s'appelle un retrait, ce n'est pas malheureux. Et avec une conséquence aussi et une réflexion à avoir sur le fait que les carrières vont être de plus en plus longues avec l'allongement des retraites, parce qu'en ce moment, on ne sait pas trop ce qui va se passer sur le sujet. On voit bien qu'effectivement, à partir de 55 ans, ça devient plus compliqué de se maintenir en emploi, ou en tout cas de continuer son activité. Et entre 60 et 64 ans, un tiers seulement des personnes actuellement sont en emploi. On a donc un enjeu à se poser la question des spécificités de ce public et des besoins d'accompagnement de ce public et des entreprises aussi pour pour utiliser ces forces vives et ses compétences à plein dans un marché de l'emploi qui en a bien besoin. C'est un petit peu latent, ce n'est pas le bon bouton, décidément la technique et moi, si on regarde là on a regardé les personnes en emploi si on regarde plus particulièrement les demandeurs d'emploi qui sont âgés de plus de 50 ans. On voit qu'il y en a un peu plus d'un quart, 25,8% qui sont âgés de plus de 50 ans, avec des disparités selon les départements, ça va de 24 à 30%. C'est beaucoup lié au contexte social et démographique des populations des départements. Mais voilà, il faut avoir en tête que sur la région, entre 24 et 30% des demandeurs d'emploi inscrits ont plus de 50 ans, donc se pose la question soit de leur reconversion professionnelle, soit quelquefois de l'accès à l'économie. au marché du travail, quand leurs compétences doivent être réadaptées à l'environnement. On voit que la hausse de ce public-là, de plus de 50 ans, est de 0,6%. C'est une hausse beaucoup plus modérée que les autres populations, notamment que les populations jeunes. On n'est pas sur un phénomène nouveau. On sait que la population, l'inscription et le chômage des jeunes fonctionnent beaucoup plus par turnover, on va dire, surtout quand le contexte économique se tend à un impact assez immédiat sur l'emploi des jeunes, y compris après plusieurs années où on a eu un gros impact des politiques publiques pour favoriser et accompagner l'emploi des jeunes. On parlait des contrats d'apprentissage juste avant, il y a un lien. L'augmentation est beaucoup plus modérée sur les plus de 50 ans, mais on verra. que les typologies et les besoins de ces publics-là et leur accès à l'emploi, on l'a vu, restent un sujet de préoccupation important. On voit également sur ce slide-là que ce soit sur un an ou tous âges confondus, il y a une augmentation, mais qui est un petit peu plus modérée que ce qu'on peut observer. Si on regarde plus précisément, si on calque sur ces publics-là, les spécificités de ces personnes, alors on a affaire à, globalement, des personnes qui ont un peu plus d'allocations chômage, un peu plus indemnisées que les autres, c'est logique, on a des personnes qui ont déjà eu une carrière plus longue, donc ouvert des droits potentiellement de façon plus récurrente et aussi de façon un petit peu plus importante puisqu'ils sont plutôt sur des niveaux de salaires un peu plus élevés en fin de carrière, mais ça reste 1 550 euros pour une moyenne de droit ouvert à 1 310 euros, et 56% sont indemnisés contre 51% des demandeurs d'emploi. On est un peu plus élevé, mais pas non plus dans des tendances extrêmement différentes. On voit les gens, et c'est logique, si on retire les jeunes du panel, qui ont un peu plus et beaucoup plus, et majoritairement, le permis de conduire, que ce n'est pas le frein majeur qu'on peut observer sur ces publics-là, et où le motif d'inscription et de chômage, là aussi, c'est plutôt du licenciement, des gens qui avaient plutôt des contrats longs avant, et qui n'ont pas été moins en intérim, moins sur des contrats courts, comme on peut l'avoir sur des populations un peu plus jeunes. Par contre, on voit qu'on a une représentation plus importante des bénéficiaires d'obligations d'emploi, c'est-à-dire reconnaissance travailleur handicapé. 17% des demandeurs d'emploi de plus de 50 ans ont une reconnaissance travailleur handicapé contre 5% à peu près en moyenne sur le reste des populations. C'est à la fois la conjoncture de plus d'ancienneté dans l'emploi peut provoquer plus de maladies, plus de mesures, mais également des publics qui peuvent avoir, en plus de l'âge, si on considère que c'est un handicap, d'accès sur le marché du travail, d'autres difficultés plus prégnantes et d'autres difficultés d'accès. On voit aussi que les demandeurs d'emploi de plus de 50 ans sont moins mobiles géographiquement. 35% déclarent... être mobiles à plus de 30 km contre 41% sur le reste de la population. Et ceux qui sont inscrits, ça ne veut pas dire que ça représente la population, et donc qui restent inscrits sur les listes de demandeurs d'emploi, 60% d'entre eux ont un niveau inférieur au bac, contre 45% de la population des inscrits. Ça veut dire qu'on a un enjeu de développement de compétences, on a un enjeu d'accès à de la formation, et un sujet de compétence et de visibilité, de reconnaissance de leurs compétences vis-à-vis des employeurs. C'est aussi lié avec les métiers qui peuvent être recherchés par ces publics-là. Donc on voit qu'il y a des enjeux tout à fait particuliers qu'on ne retrouve pas exactement de la même façon chez les autres publics. Pour aller encore plus loin, quand on fait la somme de tout ça, on se rend compte que 27% des demandeurs d'emploi qui ont 50 ans et plus sont durablement éloignés de l'emploi. Ça veut dire que dans les 13 derniers mois, pardon dans les 15 derniers mois qui sont observés, 27% sont restés au moins 13 mois sans activité. C'est 13%, c'est deux fois moins pour le reste de la population. Voilà les quelques enjeux de ces publics-là et où on a à réfléchir pour la fin de leur carrière, comment ces compétences dont ils disposent, elles peuvent être mobilisées sur le marché du travail. Excusez-moi, je fais des allers-retours de bouton, ce n'est pas toujours très aisé. On est allé regarder aussi, sur la base de déclaratives des demandeurs d'emploi, ou de ce que les conseillers de France Travail peuvent avoir observé et échangé avec eux lors des entretiens et diagnostiqués. Plus de 41% de ces publics-là déclarent avoir un frein dans leur recherche à l'emploi contre 28% du reste de la population. Et le premier frein, ce n'est pas totalement dissonant par rapport au reste de la population, mais c'est beaucoup plus prégnant, plus d'un quart d'entre eux, le frein du numérique est particulièrement... particulièrement cité, on sait aujourd'hui que rechercher un emploi, s'insérer dans le marché du travail, ça nécessite de développer des compétences numériques de base même pour y parvenir. Et 16% d'entre eux déclarent avoir des problématiques de santé, c'est en corrélation avec les chiffres que je vous ai présenté plus en amont, contre 5% dans le reste de la population. Donc on doit avoir une réflexion plus globale sur l'insertion des publics et la prise en compte de ces difficultés dans nos choix de formation et de réflexion sur leur accompagnement. Justement, quand on regarde l'accès à la formation des demandeurs d'emploi seniors, on voit qu'il y a eu 16 200 entrées en formation de personnes de plus de 50 ans sur un an. Sur les entrées en formation, c'est 16 % des publics qui avaient plus de 50 ans pour 26% des demandeurs d'emploi inscrits qui ont plus de 50 ans. Donc on voit qu'ils sont sous-représentés dans l'accès à la formation, alors que même globalement on a des publics qui ont des niveaux de diplômes initiaux moins élevés. Et on voit que dans l'accès à l'emploi après une formation, là aussi c'est beaucoup moins. La moyenne est de 45% pour les moins de 50 ans et elle est de... seulement 28% pour les plus de 50 ans. Donc, on a un enjeu aussi à travailler avec les entreprises pour accompagner ces publics plus expérimentés et à nouveau formés pour s'insérer dans le marché du travail. Alors, vous avez une toute petite slide et des tout petits éléments, mais je vais vous les faire. en me rapprochant un peu d'ailleurs. Bien évidemment, au regard de ces constats-là, il y a un certain nombre de leviers mis en œuvre dans les politiques gouvernementales et également en complément, et dans la même lignée par France Travail, avec des moyens de casser les codes et de l'âge et les difficultés et de la compétence. Le moyen qu'on met souvent en avant, c'est la méthode de recrutement par simulation qui... permet de travailler sur des habiletés et des aptitudes des demandeurs d'emploi et qui est particulièrement un bon levier pour avoir une clé d'entrée qui sort du CV et présenter des gens qui ont des aptitudes aux employeurs. Deuxième moyen extrêmement efficace, c'est l'immersion professionnelle. On a parlé de publics qui ont besoin de faire évoluer leurs compétences ou de les adapter au marché du travail. Leur faire découvrir des métiers, leur faire découvrir un nouvel environnement et permettre à l'employeur de repérer comment les compétences de ces personnes expérimentées peuvent s'adapter dans leur entreprise, c'est l'un des meilleurs leviers que nous portons haut et fort. Et puis, plus globalement, on est en train de développer toute une gamme d'accompagnement un peu spécifique qui permet aux demandeurs d'emploi plus seniors de faire un point sur leurs compétences, de faire un point sur... les champs de mobilité professionnelle qu'ils pourraient exploiter sur le marché du travail et avec à la clé des possibilités d'actions de formation adaptées en lien avec les besoins des entreprises via des préparations opérationnelles à l'emploi. Voilà. Je peux rester sur cette slide.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci à tous les deux pour cette intervention. Donc, on l'a bien compris, cette année, le contexte d'application de la loi plein emploi et l'évolution des règles d'actualisation imposent de la prudence pour manipuler les chiffres de la demande d'emploi. Il invite aussi à des efforts pour neutraliser les chiffres afin d'avoir une vision plus nette des estimations réelles, ce que vous avez parfaitement démontré, Philippe. En outre, un nouvel effet à la hausse est incarné par le décret sanction. Ce qu'il en ressort tout de même, c'est une hausse de la demande d'emploi, une hausse d'inscrits chez les jeunes, une légère progression chez les demandeurs d'emploi de longue durée et une hausse pour les inscrits en accompagnement social, mais une possible stabilisation conjoncturelle au troisième trimestre. Et enfin, l'éclairage du public senior rappelle certaines spécificités dont doit prendre compte France Travail dans son accompagnement et il décrit aussi les efforts de l'institution en faveur de ce public cible. Le temps est passé, mais je vais vous poser une petite question, Yann.
Yann Métais – France Travail
Vous parliez pas mal de formation. Quelles sont les formations justement suivies par les demandeurs d'emploi seniors ? Et justement, je rebondissais aussi sur une question de Mélanie qui disait qu'en est-il des aides à la formation pour ces publics ? Je vais commencer par la première question, les aides à la formation. Elles ne sont pas tellement différentes pour ces publics-là des autres publics. On va avoir peut-être un peu plus d'actions d'accompagnement spécifiques aux problématiques et aux difficultés qu'ils peuvent compter, qui sont en train d'être mises en place. Mais sur l'aide à la formation, c'est la définition d'un projet professionnel, et au regard de ce projet professionnel, on va activer des leviers de formation, soit individuels, et notamment à travers des CPF que peuvent avoir un public, soit des leviers de financement France Travail, Région ou de financement lié à la reprise d'emploi via la préparation opérationnelle à l'emploi. Le gros intérêt aussi, c'est que vous l'avez vu, on a des demandeurs d'emploi seniors qui sont un peu plus indemnisés, ça veut dire qu'en formation, ils auront aussi des maintient de droits qui seront peut-être plus importants, qui leur permettront peut-être de passer ce cap. Pour revenir à l'autre question sur les types de formation, on a des formations un peu moins certifiantes que le reste de la population. C'est un peu dommage parce qu'au regard du monde de l'emploi, d'accroître un peu les formations plus certifiantes, ça permettrait peut-être d'améliorer une employabilité. Elles sont un peu moins certifiantes parce qu'on fait beaucoup de formations de remise à niveau sur un certain nombre d'outils, notamment des outils numériques, mais pas que, sur l'anglais, sur des savoirs de base qui peuvent être utiles pour se remettre à niveau sur l'entreprise. Et puis on a, dans ce qui est plus lié au monde de l'emploi, la première formation financée, c'est chariot automoteur, donc c'est la logistique, c'est le premier poste. Et après on a une diversité dans tous les métiers, mais à retenir vraiment des savoirs de base qui permettent de la remise à niveau professionnel, c'est la clé d'entrée. Et puis après, on a des leviers de formation pour adapter au poste de travail et à la réalité des besoins des entreprises.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Yann, pour ces précisions. Nous allons pouvoir enchaîner sur une autre série de questions, pourtant sur l'ensemble des présentations. Alors, il y en a eu pas mal, je vais essayer de picorer de façon équilibrée sur l'ensemble de ces parties. La première, elle revient sur la première partie, c'est vrai que je voulais vous... vous parler de la situation du bâtiment, Kathie et c'est Gilles qui rebondit un peu sur ce thème en disant qu'il a été indiqué que les métiers du second œuvre étaient moins touchés. Auriez-vous des précisions à ce sujet, notamment concernant les corps de métiers concernés ?
Kathie Werquin-Wattebled – Banque de France
Oui, alors compliqué de descendre au niveau des corps de métiers. D'ailleurs, autant dans nos enquêtes de conjoncture qu'on conduit, on fait attention d'avoir un dispatch précis en taille d'entreprise, en segmentation géographique et même en segmentation, de ne pas avoir que des carreleurs, de ne pas avoir que des plaquistes. On fait attention pour que ce soit représentatif. Mais ceci dit, là, je ne peux pas descendre aussi fin. Par contre, c'est vrai que sur le second œuvre, il y a notamment une partie rénovation qui est quand même importante aujourd'hui. Il y a pas mal de rénovation. Et puis, il y a tout ce qui est sur les enjeux de transition automatique et transition énergétique. Et ça aussi, on sait que ce soit dans le privé, dans le public, sur les logements sociaux, les opérateurs logements sociaux, on fait aussi pas mal d'isolation des bâtiments par la façade, par le toit, des changements aussi de mixtes énergétiques. Et ça, ça a plutôt bien occupé en fait les professionnels du second œuvre. Je ne dirais pas tout, pas toutes catégories confondues, mais quand même, finalement, quand on touche à ce type de rénovation, on touche un peu tout. On est sur un mix énergétique, on voit bien que ça peut être les électriciens, les plombiers, ça peut être les chauffagistes, les installateurs. Il y a quand même pas mal de corps de métier qui sont concernés.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Kathie pour cette réponse. On a une question aussi sur les plans de sauvegarde de l'emploi. Sandra qui nous demande si les critères d'évaluation d'une année sur l'autre sont-ils... toujours les mêmes pour accorder une aide ? Ou est-ce que ça peut varier en fonction des décisions politiques ?
Philippe Laval – DREETS
Alors, sur les plans de sauvegarde de l'emploi, il n'y a pas d'aide, je précise, c'est un contrôle par l'administration. C'est une procédure qui est encadrée à la fois dans le temps et je le redis, l'administration, nos services, pour le dire autrement, contrôle la régularité de la procédure. On ne se prononce pas sur le motif économique, ça c'est à l'appréciation de l'entreprise. Donc, il n'y a pas d'aide et les critères, ce sont les textes législatifs et réglementaires qui encadrent des dispositifs, donc ne varient pas d'une année sur l'autre. Ce sont les textes originels de 2013, avec peut-être quelques évolutions, mais voilà, on reste sur le même cadre législatif et réglementaire, donc les comparaisons d'une année sur l'autre sont globalement tout à fait valides.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci pour cet éclaircissement. On passe à la deuxième partie, sur la partie territoriale. On avait vu la Loire, on avait vu l'Ardèche, et cette fois c'est la Haute-Savoie qui intéresse Valentine. Il en reste dix. Il nous demande un commentaire, elle nous dit si on parle des départements, j'aimerais savoir si le prix du foncier en Haute-Savoie va baisser à l'avenir, car les entreprises ne peuvent plus s'y installer.
Antonin Bretel – INSEE
Alors là on est au-delà de l'emploi, mais c'est vrai qu'on sait que la Haute-Savoie, il y a plusieurs... mécaniques qui sont en œuvre. On a d'une part un territoire très touristique, avec une part de résidence secondaire qui est marquée du fait du tourisme hivernal et des stations de ski, qui viennent tirer, parce que les propriétaires des résidences secondaires ne sont pas forcément des gens qui vivent à l'année sur le territoire, qui viennent tirer avec un pouvoir d'achat, qui peut être parisien, lyonnais ou de l'étranger, les prix dans ces territoires-là. Il y a un autre effet aussi, alors peut-être un peu moins assez visible, qui est le transfrontalier. et donc aussi un pouvoir d'achat des gens qui travaillent en Suisse et qui résident dans les départements transfrontaliers. Les revenus ne sont pas les mêmes, le pouvoir d'achat n'est pas le même. On a aussi un mécanisme de Suisse qui viennent s'installer dans les départements limitrophes et qui ont des revenus supérieurs et qui viennent tirer aussi vers la hausse, à la hausse, ces prix du foncier.
Kathie Werquin-Wattebled – Banque de France
Donc pour répondre indirectement, voilà, on n'a pas de visibilité sur l'avenir des prix du foncier, mais tant qu'il y aura une demande marquée et importante, les prix ne risquent pas de baisser. Je pense que sur ce plan là, il ne faut pas trop vendre du rêve.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Antoine, merci pour vos précisions, Kathie. Pour rester dans les timings, j'ai une dernière double question pour Yann à France Travail. D'abord, Marie-Hélène nous demande à combien évalue-t-on les noms inscrits à France Travail qui cherchent néanmoins du travail ? Est-ce que vous avez des éléments là-dessus ? une autre question sur la formation, elle nous demande quel financement de formation pour les personnes qui n'ont jamais travaillé depuis la sortie de leurs études, n'étant pas suivies par France Travail et n'ayant pas droit au chômage ?
Yann Métais – France Travail
Alors sur la première question, par définition il n'y a pas vraiment d'évaluation des gens qui ne sont pas inscrits, par contre la loi plein emploi a beaucoup fait évoluer les choses, puisque, et c'est ce qui a été présenté tout à l'heure, Aujourd'hui, l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, enfin pas sur la liste des demandeurs d'emploi, l'inscription à France Travail n'est plus liée au fait d'être reconnu comme demandeur d'emploi. Par exemple, un jeune qui franchit la porte de la mission locale et qui a son objectif, c'est l'emploi, un objectif de retour à l'emploi, sera automatiquement inscrit à France Travail. Un bénéficiaire du RSA qui... dispose d'un accompagnement social parce que son premier axe de travail pour lui, c'est régler un certain nombre de difficultés sociales qu'il retient, sera inscrit à France Travail, ne sera pas dans la même catégorie, ne sera pas accompagné forcément par France Travail, mais peut-être par un opérateur du conseil départemental. Mais la visée de son accompagnement à terme, plus ou moins long, sera bien l'emploi. C'est en ce sens-là que cette nouvelle démarche permet de recenser tout un nombre de gens qui n'étaient pas visibles avant, simplement avec la définition d'être demandeur d'emploi ou pas précédemment. On a déjà progressé, on verra les évolutions qu'on connaîtra à partir de janvier, on commencera à pouvoir les lire par rapport à l'année précédente, et ça nous donnera une vision un peu plus précise, mais on est bien une grande avancée sur la prise en compte de public dans la réflexion d'insertion sur le marché du travail, qu'on ne voyait pas forcément, ou en tout cas qui n'était pas lisible. par l'ensemble des acteurs du réseau pour l'emploi. D'accord. Et la formation, un jeune ou une personne qui s'insèrerait pour la première fois sur le marché du travail, soit en frappant à la porte de France Travail ou d'autres acteurs du réseau pour l'emploi, si c'est à visée professionnelle ou s'il a besoin de formation, peut être orienté vers différentes aides à la formation. Si c'est des très jeunes qui ne sont pas encore majeurs, la mission locale a des dispositifs d'accompagnement pour remettre en place une orientation dans le circuit de formation initiale. Et puis si c'est de la formation plus continue qui est à mettre en œuvre, dans ce cas-là, c'est le panel d'achat de formation conventionné de la Région, de France Travail et des aides classiques qui sont mobilisées.
Animateur : Cédric Cabanel – Via Compétences
Merci Yann pour cette précision.
Avant de conclure ce webinaire, je vais revenir brièvement sur les principaux éléments à retenir de nos échanges. Le premier, c'est que malgré le contexte d'incertitude, la croissance demeure positive. On a pu le voir dans la première partie. Les licenciements économiques continuent d'augmenter, mais l'impact des PSE est moindre. L'emploi salarié ne progresse plus, mais le moteur que représente le secteur des services semble un peu atteint. L'apprentissage est en repli, la demande d'emploi progresse, mais les différents contextes réglementaires en 2025 invitent à la nuance. Et enfin, le public senior apparaît comme un public spécifique qui nécessite un accompagnement particulier.
Il est l'heure du coup de conclure ce webinaire que j'ai été ravi d'animer. Un petit mot avant de clôturer, d'abord merci, merci vivement à nos intervenants pour le partage de vos expertises, de vos éclairages. Merci également à mes collègues de Via Compétences pour leur appui tout au long de la construction de cet événement, ainsi qu'aux équipes de la Banque de France, de la DREETS, de l'INSEE et de France Travail pour la qualité de leur collaboration. Merci à vous. Je tiens enfin à remercier tous les participants, tout le public, et je vous informe que ce webinaire sera disponible dans quelques jours en replay, et le support vous sera transmis par mail, et qu'à l'intérieur vous y retrouverez notamment une présentation des ressources sur la conjoncture des différents intervenants. La prochaine édition du webinaire de la Conjoncture se tiendra au printemps prochain et nous vous en tiendrons informés. Dans l'attente, je vous souhaite une bonne journée. Au revoir. Merci. Au revoir.