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Illectronisme : comprendre et agir

Illectronisme : agir et comprendreLe numérique est porteur d'enjeux impactant les différentes générations et catégories socio-professionnelles. L'accélération intensive de la dématérialisation des services en ligne, les technologies en permanente évolution supposent l'acquisition de compétences pour naviguer de manière aisée sur les sites indispensables aux démarches de la vie citoyenne ou pour sélectionner une information valide.

Une partie de la population française ne possède pas d'ordinateur et n'a pas de connexion internet au domicile, ce qui constitue une fracture numérique. La crise sanitaire a rendu encore plus visible cette fracture. La fermeture des établissements scolaires et de lieux ressources pendant le confinement, par exemple, a impacté élèves et étudiants issus des familles modestes non équipées.

Tout ceci constitue l'illectronisme qui, au-delà d'un défaut de matériel ou de connexion, relève également d'un manque ou d'une absence totale de compréhension des clés nécessaires à l'utilisation et à la création des ressources électroniques. Il ne s’agit pas d’ignorance, mais bien d’illectronisme. C’est un manque de savoirs spécifiques au champ du numérique.

Depuis l'apparition d'internet l'illectronisme n'a cessé d'évoluer. Selon l'Insee 19 % de la population ne possède aucune compétence dans l'utilisation du numérique et 28 % a des faibles compétences.

Illectronisme : situation d'un adulte ne maîtrisant pas les outils numériques usuels pour accéder aux informations, les traiter et agir en autonomie dans la vie courante (définition retenue par l'ANLCI et ses partenaires)

Quelles situations ?

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Qui n'a pas déjà renoncé à réaliser une action en ligne ? L’explosion de la dématérialisation des services, sans formation préalable des usagers, laisse ces derniers démunis et seuls face à un écran.

13 millions de Français sont éloignés du numérique, selon la déclaration du président de l'institution Le Défenseur des droits, lors de son audition par la Mission d'information sur la lutte contre l'illectronisme mise en place par le Sénat.
Les difficultés liées à l'illectronisme sont de plusieurs ordres : accès difficile aux ressources électroniques, handicap, sentiment d'être mal à l'aise dans l'utilisation d'outils numériques, difficulté à sélectionner une information qualifiée, etc.

Ci-après un classement, non exhaustif, des profils impactés par l'illectronisme



DEFAUT D'EQUIPEMENT

Personnes qui ne bénéficient pas d'une connexion optimale ou bien ne sont pas du tout connectées ou équipées en matériel, zones blanches, précarité, etc.
 

SELECTIONNER L'INFORMATION

Public navigant bien, voire très bien, mais a des difficultés à sélectionner une information qualifiée, a manipuler des services ou outils officiels dématérialisés.

INTERPRETER L'INFORMATION


Difficultés pour accéder à l'information
, qui peuvent relever d'un handicap, d'illettrisme ou de l'absence de compréhension du français..

Accompagnement et lieux de médiation numérique

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Vous accueillez, conseillez, informez différents publics et peut être que parmi eux, certains sont démunis face à l’usage du numérique. Vous n’avez pas le temps dans votre pratique professionnelle de les prendre en charge pour les aider dans la gestion de leur dossier CAF, ou leur inscription à un concours, ou leur expliquer le fonctionnement de Word pour rédiger leur CV. … Sachez qu’il existe des structures d’accueil avec des aidants formés à la médiation numérique. 


UNE CARTOGRAPHIE RÉGIONALE

Cartographie des lieux d'accompagnementHub pour l’inclusion numérique, cartographie les lieux de médiation numérique en Auvergne Rhône-Alpes. La cartographie s'enrichit régulièrement, elle couvrira à terme toute la région.

>>> Consulter la cartographie des lieux de médiation numérique en Auvergne-Rhône-Alpes

Accompagnement et lieux de médiation numérique
 

LIEUX RESSOURCES

  • Réseau France services : Réseau visant à faciliter l’accès des citoyens à un panier de services publics, en particulier dans les zones rurales et les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
  • Pass numériques : permet d'accéder, dans des lieux préalablement qualifiés, à des services d'accompagnement numérique.
  • Pix : plateforme d'évaluation et de certification des compétences numériques.
  • Emmaüs connect : sa mission est d'aider les plus fragiles à sortir de l'exclusion numérique
  • Aidants connect : ressources permettant à un aidant professionnel de réaliser des démarches administratives en ligne à la place d’une personne ne parvenant pas à les faire seule.
  • Site Solidarite-numerique.fr : portail d'information pour ceux qui butent sur l'outil informatique (démarches administratives, ...).
  • L'association WeFund, association 1901, située à Villeurbanne dans le Rhône, propose aux entreprises de s’engager dans une action citoyenne contre la fracture numérique et le gaspillage électronique en soutenant le projet d’éducation numérique de structures socio-éducatives via le réemploi de leurs ordinateurs.

Politiques et acteurs publics

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L’État va déployer 4 000 conseillers dans les territoires pour aider les Français à mieux maîtriser les outils numériques. Une enveloppe de 200 millions d’euros sera mobilisée dans le cadre de France Relance pour financer la formation et l’activité de ces professionnels pendant deux ans (lancement novembre 2020).


Plan régional de prévention et de lutte contre l'illettrisme 2019-2022 : une des priorités affichées est axée sur le numérique et favorise le travail partenarial de nombreux acteurs sur le sujet. --->>> Parlera.fr: portail des actions et ressources linguistiques en Auvergne-Rhône-Alpes : présente l’ensemble des actions de formation et des ressources existant dans le champ de la maîtrise de la langue et des compétences de base.
--->>> Coordonnées des Centres de Ressources Illettrisme en Auvergne-Rhône-Alpes
--->>> Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme


  • Site Mission Société Numérique : a vocation à accompagner la transition numérique des territoires en matière d’usages, d’accès aux droits et de services.
  • Conseil national du numérique : chargé d'étudier les questions relatives au numérique, en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique de la société, de l'économie, des organisations, de l'action publique et des territoires.
  • Hinaura : hub pour l'inclusion numérique en Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour aller plus loin

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Voici les principales sources sur lesquelles nous nous sommes appuyés pour réaliser cette rubrique.
En complément nous vous proposons également un large panorama de ressources sur le sujet de l'illectronisme, issu de notre catalogue en ligne.

INITIATIVES LOCALES

ÉTUDES ET CHIFFRES-CLÉS

RAPPORTS OFFICIELS


Veille

 
  • Le numérique doit devenir le premier levier d'inclusion
    16 juin 2022
    Si le numérique est porteur d'espoirs, que ce soit pour une meilleure qualité de vie, la mise à disposition des connaissances ou pour favoriser l'inclusion sociale, tout ceci n'a de sens que si on l'envisage de manière globale.Le numérique est aujourd'hui synonyme de progrès, cependant, plus de 14 millions de Français n'en maitrisent pas les usages et près d'un Français sur deux [1] dit ne pas être à l'aise avec les différents outils digitaux.L'exclusion numérique constitue un véritable fléau dans une société toujours plus connectée et les changements qui s'y rattachent. Les confinements successifs et la démocratisation du télétravail ont rendu encore plus urgentes les prises d'initiatives fortes au niveau national. Une accélération déjà consentie par les gouvernements successifs depuis 1998, avec la dématérialisation généralisée des services publics qui laisse sur le carreau 3 Français sur 5, [2] incapables d'effectuer leurs démarches administratives en ligne. Le numérique peut donc être un instrument incroyablement puissant s'il est mis au service d'une société inclusive. Mais pour ce faire, il faut avant toute chose mieux appréhender la fracture numérique, dans son ensemble, pour concevoir une politique publique ambitieuse.Se doter de moyens régionaux pour une culture numérique inclusive nationaleTout d'abord, il apparaît important de rappeler qu'il n'existe pas de définition unique pour la fracture numérique, puisque reposant sur une multitude de critères que l'on peut généralement répartir en deux grandes catégories, celle matérielle et celle liée aux usages et compétences. L'inégalité matérielle repose en grande partie sur le manque d'accès aux réseaux internet et aux équipement numériques et celle liée aux usages touchent en principalement les personnes entre 60 et 74 ans, qui ont 5 fois plus de chance d'être touchés par l'illectronisme. Une probabilité qui est jusqu'à 8 fois supérieure pour les plus de 75 ans, 4 fois supérieure pour les non diplômés et 2 fois pour les personnes seules. Une inégalité sur les usages qui est d'ailleurs mise en avant par 41 % des répondants [3] pour justifier un manque d'équipement.Selon l'Acerp, plus de 20 % des foyers Français n'étaient encore raccordés au très haut débit fin 2021 avec d'importantes disparités selon les régions. Les zones fortement urbanisées comme Paris et le Nord dépassent les 90 % quand d'autres régions rurales comme la Corse, la Dordogne ou la Vienne. Ce sont aujourd'hui 15 % des Français âgés de plus de 12 ans qui ne disposent pas d'une connexion internet, un chiffre qui peut même atteindre 85 % dans les communes de moins de 2 000 habitants[2].Le numérique inclusif passera obligatoirement par une réduction des disparités territoriales pour concevoir des projets à plus grande échelle. Il manque également au niveau national des données précises et actualisées sur l'illectronisme, [4] la dernière étude sur le sujet datant de 2019[3]. D'un point de vue local, la récupération de la donnée sur la fragilité numérique de la population est à la charge d'un seul et même outil, développé par la MedNum et qui pourrait être mis à jour régulièrement pour plus d'efficience. Enfin, la priorité a longtemps été la couverture numérique du territoire, et non la maîtrise de ses usages. Pourtant, de nombreux rapports [5] ont souligné l'urgence d'également fournir à chacun un mode d'emploi du numérique, ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent. De plus, les différents outils résultant de cette politique comme le " pass numérique " [6] et les " hubs territoriaux pour un numériques inclusifs " ont été déployés de manière trop disparate par les régions.Le salut de l'inclusion par le numérique passera aussi par les entreprisesLes entreprises et services publics, ont tout autant besoin de compétences numériques et la pénurie de ressources se fait largement ressentir avec notamment plus de 50 000 développeurs manquants en France [7]. Et si certains pensent qu'il suffirait de former les jeunes et moins jeunes au développement, il y a pourtant chaque année, 30 000 nouveaux diplômés sur le marché. Ce qui suffirait, en théorie, à combler, à terme, les différents besoins de chaque organisation, mais la réalité est tout autre. Nous ne sommes pas uniquement confrontés à un problème de nombre. L'ascenseur social semble également bloqué, et beaucoup d'entreprises ne prennent plus le temps de former les profils juniors.Mais tout comme un cinquième des Français, il existe également des entreprises éloignées des réalités du numérique d'aujourd'hui. Elles ont également besoin d'être accompagnées, de pédagogie, sur des sujets comme l'IA, la simplification de l'accès au cloud et aux solutions de gestions fiables et évolutives. En réalité, le numérique inclusif ne sera possible que si nous mettons en place de véritables politiques publiques au niveau national et surtout dotées de financements renforcés.De plus, il est aujourd'hui nécessaire de clarifier la gouvernance locale de l'inclusion numérique qui passera par une restructuration de l'écosystème local afin d'appréhender au mieux et plus efficacement le défi de l'exclusion numérique. Enfin, la priorité a longtemps été la couverture numérique du territoire, et non la maîtrise de ses usages. Pourtant, de nombreux rapports [8] ont souligné l'urgence d'également fournir à chacun un mode d'emploi du numérique, ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent. De plus, les différents outils résultant de cette politique comme le " pass numérique " [9] et les " hubs territoriaux pour un numériques inclusifs " ont été déployés de manière trop disparate par les régions. [1] Rapport d'information de M. Raymond VALL, sénateur du Gers Rapport ndeg; 711 (2020)[2] Rapport d'information ndeg; 588 (2021-2022) de Mme Patricia DEMAS, fait au nom de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, déposé le 29 mars 2022[3] Etude réalisée par l'Insee[4] L'état d'une personne qui ne maîtrise pas les compétences nécessaires à l'utilisation et à la création des ressources numériques[5] Rapport et recommandations stratégie nationale pour un numérique inclusif[6] Une aide individuelle d'une valeur unitaire de 10 euros attribuée en une seule fois par carnet de dix titres[7] Etude de la Direction de l'animation de la recherche des études et des statistiques, 2021[8] Rapport et recommandations stratégie nationale pour un numérique inclusif[9] Une aide individuelle d'une valeur unitaire de 10 euros attribuée en une seule fois par carnet de dix titres
  • @AssoDefis, l'association qui favorise l'accès au numérique pour tous ! Sa mission❓ Lutter concrètement contre la fracture numérique et développer la filière du réemploi de matériel informatique.
    20 mai 2022
    @AssoDefis, l'association qui favorise l'accès au numérique pour tous ! Sa mission❓ Lutter concrètement contre la fracture numérique et développer la filière du réemploi de matériel informatique.
  • Les demandeurs d'asile face à la dématérialisation des courriers de l'Ofpra
    19 mai 2022
    Une plate-forme a été mise en place pour accélérer les délais de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Mais les associations pointent les risques de fracture numérique
  • Journée mondiale des télécommunications: Intégrer les personnes âgées dans la société de l'information
    19 mai 2022
    La nécessité d'intégrer davantage les personnes âgées dans la société de l'information figure parmi les principales recommandations ayant couronné la Journée d'étude organisée mardi à Alger, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l'information. Par Hamma M. La cérémonie de clôture de cet évènement, inscrit cette année sous le slogan : «Vieillir en bonne santé dans un monde numérique», a été rehaussée par la présence du ministre de la Poste et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, et du ministre de la Numérisation et des Statistiques, Hocine Cherhabil. Parmi les propositions issues des trois ateliers consacrés aux TIC au service des personnes âgées, à la santé et au bien-être des personnes âgées et à la stratégie à adopter pour bien vieillir, figurent la nécessité d´une coordination entre toutes les parties concernées afin de réduire la fracture numérique en intégrant les personnes âgées dans la société de l'information. Les intervenants ont suggéré, à cet égard, d'organiser des campagnes de sensibilisation visant à promouvoir l'utilisation des solutions innovantes offertes par les technologies de l'information et de la communication pour améliorer la situation des personnes âgées et veiller à leur bien-être. Il s'agit aussi d'organiser des sessions de formations présentielles et à distance dédiées aux personnes âgées sur les techniques d'utilisation des technologies de l'information et de la communication, tout en prenant en compte leurs capacités mentales et leurs compétences techniques. Il a été recommandé également de développer les infrastructures technologiques en mettant en avant l'intelligence artificielle, l'Internet des objets, le big data et la réalité virtuelle au bénéfice des personnes âgées. Les participants ont suggéré aussi de travailler au développement d'un environnement propice à l'émergence de solutions innovantes et de services à haute valeur ajoutée en coordination avec tous les acteurs afin de faciliter et améliorer le cadre de vie des personnes âgées, en encourageant la recherche et développement, notamment au niveau des universités, des instituts et des start-up. Ils ont, en outre, mis l'accent sur l'impératif d'une coordination entre toutes les parties concernées, afin de développer des contenus numériques et des services en ligne à la hauteur des aspirations des personnes âgées, tout en s'assurant qu'ils soient adaptés aux capacités et compétences de cette tranche d'âge. Les intervenants ont, par ailleurs, proposé de créer une plateforme électronique unifiée comprenant tous les services numériques sectoriels dédiés aux personnes âgées, tels que les soins à domicile, le suivi sanitaire et la sécurité sociale. Ils ont également proposé de développer un climat de confiance, en veillant à la protection des données personnelles afin de motiver les personnes âgées à utiliser les technologies de l'information et de la communication. Réaliser les statistiques des besoins des personnes âgées et les répertorier numériquement et offrir des divertissements par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication au profit des personnes âgées, figurent parmi les recommandations. Il s'agit aussi d'améliorer la mobilité des personnes âgées en mettant en place des dispositifs appropriés au niveau des espaces publics et oeuvrer à fournir des services administratifs et commerciaux grâce à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication. La mise en place d'une commission nationale chargée de protéger les personnes âgées et promouvoir leurs droits et l'organisation d'un concours national annuel pour encourager les projets innovants dédiés à cette frange de la société ont été recommandées lors de cette journée. Il a été également souligné l'impératif d'encourager le secteur privé à investir dans les solutions numériques liées au domaine de la protection des personnes âgées et de mobiliser les ressources financières pour l'élaboration et la promotion de programmes numériques au profit de cette frange de la société. A cette occasion, le ministre de la Poste et des Télécommunications a assuré que ces recommandations seront prises en compte lors de l'élaboration de la feuille de route relative à la prise en charge par son secteur de cette frange de la société. De son côté, le ministre de la Numérisation et des Statistiques a annoncé que son ministère, en collaboration avec la société civile, les secteurs concernés et les autorités locales, lancera des sessions de formation en faveur de formateurs qui auront pour tâche d'enseigner la «citoyenneté numérique», notamment aux personnes âgées. Le thème de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l'information, à savoir «Les technologies numériques pour les personnes âgées et le vieillissement en bonne santé», met l'accent sur l'importance d'utiliser les TIC pour que ces personnes jouissent d'une bonne santé, et vivent connectées et indépendantes sur le plan physique, émotionnel et financier. H. M. L'article Journée mondiale des télécommunications: Intégrer les personnes âgées dans la société de l'information est apparu en premier sur Le jour d'Algérie.
  • L'illectronisme : un vrai défi de santé publique
    19 mai 2022
    Sommaire Aujourd'hui, ce sont 14 millions de personnes qui n'ont pas ou peu accès au numérique, selon un rapport du Sénat de 2020. Et ce pour plusieurs raisons : manque de connaissance du fonctionnement de l'outil informatique, absence de connexion Internet propre ou de supports numériques à domicile et enfin la fracture numérique touchant le territoire de résidence. « Dans une société qui vit à l'heure du digital, ne pas savoir ou pouvoir utiliser les outils numériques est un véritable handicap au quotidien. En santé, cela crée de véritables inégalités à l'heure de la téléconsultation et du suivi sanitaire via les données de santé collectés par les outils connectés », présente Eléonore Bleuzen, rapporteuse de l'étude « Agir contre l'illectronisme en Pays de la Loire » menée par le Conseil économique social environnemental (CESE) . La récente actualité sanitaire n'a assurément pas arrangé la situation. Ce phénomène a été qualifié d'illectronisme, contraction d'illettrisme et d'électronique et va fondamentalement à l'encontre de la jouissance de droits légitimes (droit à travailler, à se soigner, à se divertir, à s'informer...). Quelles conséquences ? S'il est dangereux d'essayer d'établir un portrait-robot type du non-internaute, de grandes tendances se dégagent sur fond de facteurs sociaux, territoriaux et générationnels. Ainsi, plus de la moitié résident dans des zones dites rurales et des communes de moins de 20 000 habitants. Des territoires déjà touchés de plein fouet par la désertification médicale où la coordination des parcours de soins s'avère complexe, qui plus est sans Internet. La moitié des exclus du numérique aurait plus de 65 ans. Enfin, un tiers est peu ou non diplômé. Dernière donnée rapportée par une récente étude de l'Insee : un habitant sur 5 est démuni face à l'usage d'internet.  L'illectronisme constitue un obstacle majeur au développement du numérique en santé, de la téléconsultation médicale, de l'exploitation des données de santé. Quelles solutions ? Le constat posé, il convient d'envisager les solutions qui permettraient de lutter contre le phénomène et corriger une situation profondément inégalitaire en matière de qualité de soins. Pour établir solidement le principe d'inclusion numérique, à l'image des engagements pris pour favoriser l'inclusion sociale des personnes en situation de handicap, 250 millions d'euros ont été dédiés à l'inclusion numérique dans le cadre du plan de relance. Une somme attribuée en partie aux acteurs qui fournissent des solutions d'accompagnement au numérique. On citera, à titre d'exemple, la start up d'État simplon.co qui, en lien avec la plateforme « aidants connects » propose des formations aux travailleurs sociaux. Ces travailleurs sociaux interviennent auprès des publics éloignés du numérique dans la réalisation de leurs démarches administratives. Une fois formés, les travailleurs sociaux sont également à même de proposer des ateliers d'initiation au numérique aux millions de personnes qui en auraient besoin. Pour assurer la démocratisation du numérique sanitaire, l'État mise aussi sur la formation : celle des professionnels ou bénévoles aidants, mais aussi celle de l'ensemble des citoyens. Il en va du déploiement d'un système de santé basé sur la possibilité donnée à chacun de jouir des apports des dispositifs médicaux numériques. L'illectronisme : un enjeu de santé publique En complément de cette politique de formation plurielle, améliorer l'accès au numérique passe aussi par des procédures d'accompagnement plus adaptées et des moyens supplémentaires. Parmi les actions initiées : des bus itinérants de télémédecine, la mise à disposition de smartphones, ordinateurs et tablettes dans les établissements de santé et cabinets médicaux etc. « L'enjeu n'est pas que d'utiliser un ordinateur, mais de participer à la vie de la Cité et de jouir de ses droits. Préparer les personnes aux mutations qu'engendre le numérique, tant dans leur vie personnelle de citoyens, que dans leur parcours de soins et leur vie professionnelle, constitue un enjeu majeur », explique Eléonore Bleuzen. Désormais, au regard de la place prise par le numérique en santé, la lutte contre l'illectronisme s'avère un réel enjeu de société ! Quelle est la position des associations de patients ? S'il est indéniable que le numérique en santé peut favoriser une optimisation de la prise en soins des patients, quelques freins subsistent. France Asso Santé met en avant quelques pistes pour les solutionner.  Le numérique en santé est devenu incontournable, parce qu'il permet aux usagers de mieux prendre leur parcours santé en main et aux professionnels,  de mieux coordonner leur action dans le cadre du parcours de soins. France Asso Santé rappelle d'ailleurs dans un communiqué que : « l'adhésion aux outils numériques par les usagers est un enjeu crucial ».  Renforcer l'information et l'accompagnement de tous les citoyens Sur la base d'une étude commandée à l'institut CSA , l'association met en avant le potentiel énorme que représente le numérique en santé, mais aussi les fragilités restant à combler. « Les outils existants sont sous-utilisés, en grande partie par manque de visibilité et d'information. Pour émanciper l'usager de la santé et le rendre acteur de ces services, une meilleure communication sur ses droits concernant ses données est indispensable, en toute transparence. La généralisation de Mon Espace Santé est un levier fondamental pour encourager et inciter les Français à s'approprier les services numériques et les ancrer dans les habitudes quotidiennes du parcours de soins. Un progrès qui devra impérativement aller avec un accompagnement renforcé des populations éloignées du numérique pour des raisons géographiques ou démographiques, afin de ne laisser personne au bord du chemin », peut-on lire dans ce communiqué. Accompagnement, le mot est lancé. Ce dernier s'avère indispensable pour ne pas oublier les laissés pour compte du numérique.  L'accès aux soins de plus en plus dépendant du numérique  Dans un rapport de l'Institut Montaigne en date d'avril 2019, Alain Michel Ceretti*, ex président de France Asso Santé,  déclarait que « notre système de soins repose sur un pilier fondamental inscrit dans la Constitution de 1946 : le droit à la protection de la santé. Quant au principe d'un égal accès aux soins, il a été mis en oeuvre dans de nombreuses lois et réaffirmé dans le cadre du plan Ma santé 2022.  Dans les faits pourtant, ce postulat demeure aujourd'hui encore bien fragile. En effet, cet égal accès à des soins de qualité pour tous exige, pour être effectivement assuré, une information rigoureuse, transparente et surtout accessible à l'ensemble des citoyens. Or, force est de reconnaître que sur cette question, il reste encore des progrès à faire ».  La crise sanitaire a mis en lumière les faiblesses On évoque souvent la crise épidémique de la Covid-19 comme LE révélateur des failles du numérique en santé et de la mise en lumière de l'illectronisme... Le SESAN (Service de Santé numérique)  a récemment publié un retour d'expérience sur l'utilisation des outils numériques lors de la 1ère vague de l'épidémie de covid-19.  Reste à mieux anticiper pour l'avenir ! Solidarité numérique pour lutter contre l'illectronisme Pour certains, réaliser des démarches du quotidien en ligne (obligations administratives, travailler, faire ses courses, communiquer avec ses proches...) s'apparente à un véritable parcours du combattant. Ce dernier est certes moins périlleux et moins anxiogène depuis le printemps 2020 et le lancement de la plateforme solidarite-numerique.fr. Avec ce site, la coopérative nationale des acteurs de la médiation numérique (la MedNum), le secrétariat d'État chargé du numérique a souhaité accompagner les personnes éloignées d'Internet dans l'accomplissement des « tâches numériques » du quotidien. Une manière de les familiariser avec l'outil digital, voire de démystifier ce dernier qui peut leur sembler, a priori, inaccessible. Accessible gratuitement, la plateforme solidarite-numerique.fr pilotée par l'Agence nationale de la cohésion des territoires et financée par France Relance s'adresse en premier lieu aux seniors, aux personnes peu diplômées et aux ménages aux revenus modestes. Autrement dit, les populations « les plus fragiles » et particulièrement touchées par l'illectronisme. Si plus de 230 ressources (tutoriels, liens vers des chaînes YouTube, sites Internet...) sont proposées, la plateforme se veut avant tout pratico-pratique au travers de rubriques thématisées : s'initier à Internet et aux outils informatiques, réaliser ses démarches administratives en ligne (actualiser sa situation sur Pôle emploi, déclarer ses ressources à la CAF ou simuler ses droits aux aides, se repérer sur le site des impôts, créer un compte FranceConnect...) ou encore travailler depuis chez soi (utiliser Google Agenda et Google Drive, communiquer par visioconférence...). Enfin, on y découvre des clés pour consulter un médecin à distance ou  faire ses courses (sites utiles de drive, de vente directe à la ferme...). Et pour celles et ceux qui n'auraient pas d'ordinateur ou d'accès à Internet, un accompagnement téléphonique est également possible. Un centre d'appel 01 70 772 372 joignable du lundi au vendredi de 9h à 18h permet d'obtenir des conseils auprès d'un des 700 médiateurs numériques bénévoles. À ce jour, plus de 30 000 personnes ont bénéficié d'un accompagnement personnalisé. Les chiffres 17 % de la population française ne dispose pas des connaissances ou des équipements adéquats pour utiliser les outils numériques. Insee, Insee, Première n° 1780, octobre 2019 250 millions d'euros dédiés à l'inclusion numérique dans le cadre du plan de relance  Pour en savoir plus : https://www.france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2021/09/CSA-pour-France-Assos-Sante-Les-Francais-et-la-e-sante-Resultats-Patients-Rapport-27Juill2.pdf https://www.france-assos-sante.org/publication_document/livre-blanc-contribution-des-outils-numeriques-a-la-transformation-des-organisations-de-sante-tome-1/ M-FR-00006744 V1.0 Etabli en mai 2022 L'article L'illectronisme : un vrai défi de santé publique est apparu en premier sur Innov'Asso.
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