Transcription du webinar du 28/05/2026 : " Conjoncture en Auvergne-Rhône-Alpes : tout comprendre sur l’économie et l’emploi ! - Mai 2026 "

Avec la multiplication des sources d’information, comprendre la situation de l’économie, de l’emploi et du marché du travail en Auvergne-Rhône-Alpes peut s’avérer complexe !

Intervenants 

  • Kathie WERQUIN-WATTEBLED, Directrice régionale de la Banque de France en Auvergne-Rhône-Alpes
  • Philippe LAVAL, Directeur de cabinet de la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Yann METAIS, Directeur de la performance opérationnelle, France Travail en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Antonin BRETEL Directeur régional adjoint en charge des études et de la diffusion, INSEE en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Frédérique MINY, Directrice Générale de l’URSSAF Rhône-Alpes.

Animé par Cédric CABANEL, chargé d'études conjoncturelles et sectorielles, Via Compétences 

Cédric Cabanel – Via Compétences | 00:00.320

Bonjour à toutes et à tous, merci d'être fidèles au rendez-vous. Ravi de vous accueillir pour cette sixième édition du webinaire de la conjoncture organisé par Via Compétence dans le cadre de l'Observatoire de la Conjoncture. Il a pour thème l'état actuel de l'économie, de l'emploi et du marché du travail en Auvergne-Rhône-Alpes. Je suis Cédric Cabanel, chargé d'études conjoncturelles et sectorielles à Via Compétence, en charge de l'Observatoire de la Conjoncture, et c'est à ce titre que j'ai le plaisir de coordonner ce webinaire. Un mot sur l'Observatoire de la Conjoncture pour démarrer, c'est un ensemble de ressources présentes sur notre site Via Compétences, parmi lesquelles une synthèse de conjoncture trimestrielle, une newsletter sur la conjoncture, ou encore une veille quotidienne sur l'actualité conjoncturelle régionale. Juste avant de démarrer et de présenter nos intervenants dans quelques précisions nécessaires, tout d'abord vous trouverez un chat à droite de l'écran en cas de problème technique ou pour poser vos questions. Ensuite, le replay ainsi que la possibilité de télécharger la présentation seront disponibles dans quelques jours dans votre boîte mail. Et enfin, un message automatique s'affichera à midi moins 5 vous invitant à commenter ce webinaire. Vous pouvez le remplir et nous donner votre avis, mais notez bien qu'aujourd'hui, le webinaire terminera plutôt vers 12h20. Pour cette sixième édition, nous accueillons plusieurs membres du réseau d'experts de la conjoncture parmi lesquels plusieurs habitués. Tout d'abord, Kathy Werquin, directrice régionale de la Banque de France. Nous avons également le plaisir d'accueillir le directeur de cabinet de la DREETS, Philippe Laval. Yann Metais, directeur de la performance opérationnelle à France Travail Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi qu’Antonin Bretel, directeur régional adjoint en charge des études et de la diffusion de l'INSEE. Et puis, j'ai parlé de plusieurs membres du réseau d'experts de la conjoncture, puisque nous avons aujourd'hui... le plaisir de voir s'agrandir la famille des participants et nous avons le plaisir de recevoir pour la première fois la directrice générale des Urssaf Rhône-Alpes qui représentera aussi les Urssaf Auvergne, Frédérique Miny.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes | 02:05.819

Merci.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences | 02:06.179

Bienvenue et bonjour à tous. L'objectif de ce webinaire, c'est de décrypter ensemble la conjoncture régionale et permettre au public d'échanger avec les spécialistes du sujet. Pour ce faire, nous avons opté pour une intervention en trois temps. D'abord, dans une première partie, Kathie de la Banque de France et Philippe de la Dreets présenteront la situation économique régionale, avec un éclairage sur les restructurations, plans sociaux et ruptures conventionnelles. Dans un second temps, Antonin de l’INSEE et Frédéric des Urssaf proposeront une analyse de l'emploi salarié régional, complété d'un focus sur l'apprentissage et les contrats de professionnalisation par Philippe. Et enfin, un zoom sera effectué sur les travailleurs indépendants par Frédéric des Urssaf. Enfin, dans un troisième temps, Yann de France Travail et Philippe de la Dreets reviendront sur l'évolution récente du marché du travail avec un détail des enseignements de l'enquête de besoins en main d'œuvre 2026. Vous l'aurez compris, c'est un programme assez riche qui nous attend ce matin. Je vous invite donc à poser vos questions dans le chat tout au long du webinaire. Des temps d'échange seront proposés à la fin de chaque intervention et après les trois présentations. 

Nous nous étions quittés en novembre sur une croissance positive, malgré des incertitudes pesantes sur l'économie nationale comme régionale. Au cours des six derniers mois, février a été marqué par le déclenchement du conflit au Moyen-Orient qui a agité le climat d'incertitude, interrogeant les possibles répercussions à venir. C'est ainsi que nous ouvrons le premier tableau de ce webinaire et que je passe la parole à Kathie et Philippe pour nous présenter la situation de notre économie régionale en Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Kathie Werquin – Banque de France | 03:48.167

Bonjour à toutes et tous, et puis bonjour aussi effectivement à mes co-intervenants, que je retrouve avec plaisir. Donc c'est parti pour le point de conjoncture macro. Alors voilà, donc premier slide. Donc, premier slide, pour ceux qui nous suivent habituellement, je pense que vous connaissez cette présentation un peu standard. Ce sont les prévisions macro qu'on met à jour chaque trimestre. Donc, ça a une bonne fraîcheur de data. Sauf que là, les prévisions macro que vous voyez datent de mi-mars. On a presque l'impression que c'est très vieux, puisque quand on a sorti les prévisions macro de mi-mars, on a encore fait des scénarios avec notamment le scénario standard, scénario de base, le premier que vous voyez, qui espérait un conflit très court au Moyen-Orient et donc aujourd'hui évidemment à date on sait que ce ne sera pas le cas. Donc le scénario que vous voyez sur 2026 avec un PIB qu'on espérait en progression de 0,9 et une inflation relativement sous contrôle en 2026 à 1,7, et bien aujourd'hui on est en train de dériver plutôt vers le scénario, le deuxième scénario qu'on appelle le scénario défavorable ou adverse. Clairement aujourd'hui on n'est pas encore sur le scénario très défavorable ou très adverse, on est plutôt en train de dériver entre le standard et le scénario défavorable. Donc ça veut dire qu'on s'éloigne à date du 0,9, qu'on sera plutôt entre 0,9 et 0,6. Sur le T1, on le sait, on a eu une croissance quasiment à zéro. Donc ce n'est pas un effondrement de l'activité, mais on voit quand même déjà un coup de freinage sur le premier trimestre. Il est très compliqué de se lancer sur le deuxième trimestre. Là encore, pas d’effondrement, mais on voit bien que le deuxième trimestre ne sera pas non plus flamboyant, vu le contexte, mais ça aussi, on y reviendra. Et puis évidemment, tout l'enjeu sera de savoir quel sera l'atterrissage en termes d'inflation. Évidemment, c'est très corrélé à l'évolution du prix du pétrole et du gaz, en fait des énergies fossiles. On sait qu'à aujourd'hui, on n'est pas non plus revenu de loin pas à la moyenne de longue période qu'on connaissait avant sur un baril de Brent à 70 dollars. Ce matin, j'ai regardé, on est encore au-delà de 90 dollars. Donc voilà, on sera sur une inflation clairement au-dessus de 2, mais pour l'instant, il n'y a pas un dérapage extraordinaire. Je reviendrai peut-être juste après sur l'impact notamment nous en tant que banque centrale sur les taux, parce que ça peut évidemment avoir un impact fort sur la croissance prévisionnelle sur l'année. Alors maintenant, si je descends sur la conjoncture nationale avec les trois secteurs qu'on suit très classiquement, l'industrie, les services marchands et le bâtiment, ce que l'on voit, c'est qu'on voit qu'il y a un petit amorti sur l'industrie, même s'il a encore, j'insiste, on n'a pas un effondrement. On a même des grosses boîtes dans l'industrie qui arrivent encore à tirer leur épingle du jeu. Dans les services marchands, même chose, c'est assez plat, mais pas non plus d'effondrement. Dans des secteurs, évidemment, c'est compliqué. C'est compliqué dans le transport routier, qui se prend un gros choc sur le coût de l'énergie. Et puis, la moins bonne performance, c'est dans le bâtiment. Le bâtiment, que ce soit le gros oeuvre, même d'ailleurs un peu le second œuvre tire un peu la langue, sur le début de mois, et les prévisions sont assez molles. Alors là aussi, on va y revenir sur la région, mais sur les trois secteurs, on voit bien que les prévisions qu'on a captées en début de mois sur le mois d'avril, pour un peu rafraîchir la data, être très proche de la data, on a tous des prévisions à la baisse sur l'industrie, les services marchands et le bâtiment. On voit quand même que ce choc qu'on espérait court, ça commence à peser, en tout cas sur le moral, et aussi sur les commandes et les carnets de commandes. Si je focus maintenant, alors voilà, donc on vous a rajouté, avant le focus sur la région, on vous a rajouté un indicateur d'incertitude. C'est quelque chose qu'on a mis en place lors des crises précédentes, c'est intéressant. Et vous voyez bien que là, quand on est tout au bout en avril 2026, on voit bien qu'on est remonté à un niveau d'incertitude. On n'est pas au même niveau que le premier choc de 2020, mais on a quand même le niveau d'incertitude qui est quand même important. Et ça, forcément, ça joue sur le moral. Ça joue sur le moral des particuliers, mais aussi des chefs d'entreprise. Donc ça, c'est un indicateur qui est assez intéressant. Alors voilà, maintenant, on est sur mon focus Auvergne-Rhône-Alpes. Donc là, vous avez le jugement des dirigeants sur l'évolution de l'activité. Là encore, vous avez l'industrie, services marchands, bâtiments. Intéressant, je vais peut-être juste effectivement vous parler notamment des prévisions. On voit bien, regardez comment vous voyez le bâtiment, là on voit bien que le bâtiment, depuis trois mois, on est en baisse, donc on a vraiment un impact assez fort. Et en gros, les prévisions, que ce soit dans les trois secteurs, on a vraiment, là c'est la première fois où les trois secteurs sont en rang d’oignon, on va dire, sur des prévisions en baisse, sur le mois à venir, à voir les quelques mois à venir, donc ça c'est assez marqué. Sur les segments, qu'est-ce que je peux vous dire par exemple sur l'industrie ? L'industrie, veuillez prévision sur mon premier graphe, c'est le petit bâton que vous avez en bas, en moyenne, on est en baisse. On voit aussi sur les capacités de production, intéressant de voir qu'on a des capacités de production qui ne s'effondrent pas, mais on a de la marge. Donc ça, ça peut aussi jouer sur le moral des chefs d'entreprise pour investir. Aujourd'hui, les capacités de production, elles ne sont pas saturées. Et puis, ce qui est intéressant, le dernier focus était sur les stocks, mon petit cartouche en bas à gauche. Sur les stocks, vous voyez, les stocks sont en baisse. Donc là aussi, on voit qu'on commence à avoir des tensions, notamment sur les approvisionnements. Et donc, en moyenne, les stocks sont plutôt en baisse dans l'industrie. Donc, on voit un premier impact de cette crise, notamment sur les approvisionnements. Dans les services marchands, là aussi, vous voyez mon petit bâton foncé, on est en baisse sur les prévisions. Et les services marchands étaient des secteurs qui, en moyenne, se portaient toujours le mieux. Et là, on voit que ça commence à atteindre un peu le moral des chefs d'entreprise, même dans les services marchands. Un autre focus qui est extrêmement intéressant, c'est là encore, c'est sur l'évolution des prix, en bas à gauche. Vous voyez qu'on commence à avoir des augmentations de prix dans les services marchands. Or, les services marchands, par définition, sont moins impactés que l'industrie par le choc native de l'énergie. Mais ça veut dire, et ça pour nous c'est important en tant que banque centrale, ça veut dire qu'il commence à y avoir en fait un effet de second tour. C'est-à-dire qu'il y a le premier choc sur l'énergie, le pétrole et le gaz, et on commence à avoir des répercussions, y compris sur les services. Or les services, les coûts de production des services, sont essentiellement des coûts liés au salaire. Donc on voit qu'on commence à avoir un peu une transmission de ce choc, et nous évidemment ça nous interpelle, et ça nous amène en tant que banque centrale à être extrêmement vigilants sur le suivi de l'inflation et sur les effets de second tour. Et puis sur le bâtiment, je finis sur le secteur qui est le plus en difficulté. Vous le voyez, comme je le disais, on a trois mois de baisse et des prévisions à la baisse dans le bâtiment. Alors pour le coup, on voit que les prix des devis ont quand même pas mal dérapé ces dernières années parce que l'activité n'étant pas au rendez-vous dans le bâtiment, ils ont dû faire des concessions sur les prix. Il y a un petit rebond sur la fin de période parce que forcément, là aussi, c'est bien dans le bâtiment, les intrants, eux, peuvent être directement concernés par les coûts de l'énergie. Les coûts de production donc là il commence à le répercuter mais on voit que c'est encore très joyeux et donc on n'a pas des hausses de prix énormes dans le bâtiment et puis surtout les carnets, regardez les cartouches de droite en haut à droite, on voit que les carnets sont bien en baisse dans le bâtiment, on comprend que les prévisions soient assez à la baisse pour les mois à venir. Sur les défaillances d'entreprise, donc là on est actualisé au mois de mars alors on voit qu'on est toujours en légère augmentation. On est bien plus haut que ce qu'on a connu, parce qu'on a connu, vous le savez, un plus bas post-Covid et Ukraine avec les mesures d'aide qu'on avait mises en place. Ceci dit, ce plus haut, il est quand même plus haut que ce qu'on connaissait avant crise, là où on était autour de 60 000, alors 54 000 en 2018. On voit qu'aujourd'hui, on commence à flirter avec les 70 000. Mais j'insiste, je pense que j'ai déjà dit dans cette présentation, attention, on a aussi une dynamique de création extrêmement forte. Donc, on a en fait une base installée d'entreprises beaucoup plus importante que ce que l'on avait il y a 5-6 ans. Voilà, donc il faut comparer le presque 70 000 à un 60 000 d'avant, mais sur une base installée d'entreprises beaucoup plus importante. Donc, je pense qu'il faut aussi pondérer, faire un peu attention au message qu'on passe, notamment sur les défaillances d'entreprises.

Voilà pour moi, je passe donc la parole à mon voisin.

 

Philippe Laval - Dreets | 11:37.037

Merci, Cathy, merci. Donc, traditionnellement, je prends la suite, et malheureusement, avec une note qui n'est pas forcément très optimiste, vous voyez, donc là, pour nous, pour les plans de sauvegarde de l'emploi, donc je rappelle toujours que ça concerne les entreprises de plus de 50 salariés qui envisagent de faire des licenciements économiques pour motif économique de plus de 10 salariés sur une période de 30 jours, donc par toutes les entreprises. Ce que l'on constate, c'est que vous le voyez à l'écran, on est sur une forte augmentation sur le premier quadrimestre. Les chiffres sont arrêtés à fin avril, puisqu'on est à 75 dossiers ou entreprises qui ont engagé un plan de sauvegarde de l'emploi sur cette période. C'était 55 l'année dernière, donc c'est plus de 36% d'augmentation. C'est quand même une augmentation assez conséquente. Et si on regarde le nombre d'emplois concernés cette fois-ci, L'augmentation est encore plus importante puisque c'était un peu moins de 2000 emplois concernés ou envisagés l'année dernière. On est à plus de 4000 aujourd'hui, donc on voit qu'à la fois le nombre d'entreprises, mais surtout le nombre d'emplois concernés, augmente de manière assez significative. Sur la part des entreprises qui sont en procédure collective, c'est-à-dire soit en redressement, soit en liquidation, cette part reste stable, mais on est toujours sur des niveaux élevés puisque c'est 36% des entreprises qui sont en procédure collective, c'était un tout petit peu moins l'année dernière, 35%. Et on est aussi, si l'on regarde cette fois-ci, le nombre de licenciements économiques ou de rupture de contrat hors plan de sauvegarde de l'emploi, donc que ce soit les ruptures conventionnelles collectives ou les licenciements économiques pour les entreprises de moins de 50, là aussi on le constate à la fois une augmentation du nombre d'entreprises et du nombre de salariés. On l'a indiqué, sur les secteurs les plus concernés, on retrouve le tertiaire et l'industrie qui concentrent l'essentiel de ces restructurations. Si je détaille un tout petit peu, ce sont principalement les équipementiers automobiles. C'est déjà quelque chose d'observé, on le sait, le secteur des équipements anti-automobiles est assez durement affecté. Depuis quelques années, on retrouve, et là c'est un petit peu nouveau, la plasturgie. Et là, c'est sans doute un des effets directs liés à la crise au Moyen-Orient, avec notamment une difficulté d'approvisionnement et le coût des matières premières. Le transport également, c'est une question de vie. C'est un secteur où l'on voit arriver des dossiers en nombre, à la fois en termes d'entreprise et en termes de salariés. Parce que si l'on cumule les différentes catégories, en matière de transport, que ce soit le transport à moyenne distance ou la messagerie, on est à plus de 700 intentions de licenciement économique donc ce qui est un volume assez élevé. Et puis dans les services, le secteur de la formation aussi, qui est assez affecté, alors pour des raisons autres. Mais voilà, donc c'est ces quatre secteurs-là qui regroupent la majorité des plans de sauvegarde de l'emploi. Peut-être juste dire quelques mots, puisque la situation diffère suivant les départements. Donc on a principalement trois départements sur la région qui sont impactés, qui sont le Rhône, l'Isère et la Loire. Ce n'est pas vraiment une surprise quand on s'intéresse aux caractéristiques socio-économiques de ces départements, c'est là où on a les concentrations des entreprises. Donc on a des départements qui sont un petit peu mieux lotis sur la région. Voilà pour ce premier point sur les plans de sauvegarde de l'emploi. Je passe à Cédric.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 15:16.973

Eh bien merci pour cette première intervention à tous les deux. N'hésitez pas à poser vos questions dans le chat, je les ferai remonter à nos experts de la conjoncture. Donc en résumé, malgré le déclenchement du conflit au Moyen-Orient et l'impact engendré sur la production pétrolière et la circulation commerciale dans le détroit d'Ormuz, les différents scénarios qui révisent la croissance à la baisse n'annonceraient pas de récession pour l'économie en 2026. L'activité semble pour le moment se maintenir d'après les derniers chiffres du mois d'avril, même si les prévisions s'orientent progressivement à la baisse. En région, on observe toujours un recul du bâtiment, tandis que les autres secteurs décrivent une croissance modérée. Les défaillances d'entreprises augmentent quant à elles progressivement, donc c'est à souligner. Toutefois, il ne faut pas oublier la dynamique des créations d'entreprises, donc ces éléments sont à pondérer. Et enfin, en ce qui concerne les PSE, ils expriment une dégradation économique puisqu'ils concerneraient notamment 4000 emplois en 2026, presque plus du double qu'en 2025, et qu'ils augmenteraient sur tous les types de ruptures collectives. Voilà, c'est le résumé qu'on pouvait faire de cette première présentation. 

Je vais maintenant vous poser quelques questions avant de passer à la prochaine intervention. 

J'avais à la base une question sur les secteurs qui concernaient les PSE, mais Philippe vous en avait parlé dans le détail, alors je vais plutôt m'adresser à Kathie. C'est vrai qu'on parle beaucoup de cette situation au Moyen-Orient, de la crise que ça suscite et des incertitudes que ça provoque. La question qui nous intéresserait, c'est à partir de quand les effets de la crise au Moyen-Orient ont été ressentis dans vos enquêtes de conjoncture et de façon plus générale, quels sont les principaux marqueurs affectés, on pense au prix des matières premières, aux investissements, aux marges, voilà, un petit décryptage sur ce thème.

 

Kathie Werquin – Banque de France  | 17:00.561

Oui, alors le premier choc finalement, le premier choc c'était le choc de confiance. Je pense que vraiment, ça a été, il y a eu un peu une sidération. Et on l'a vu, on a vu ça sur des indices notamment de consommation. On le voit aussi sur les chefs d'entreprise, notamment sur la variable des investissements. On sait bien que s'il y a bien une variable qu'on peut repousser ou sur laquelle on peut temporiser, en fait, c'est la variable des investissements. Alors qu'à la limite, il y a le business as usual sur les autres activités. Donc ça, ça a été le premier choc sur le moral. Et ça, on le ressent notamment dans nos questionnaires qu'on opère chaque mois puisqu'en fait, on a des chefs d'entreprises au téléphone, ce n'est pas juste un questionnaire chiffré, on a du qualitatif, on a ressenti. Sur le premier quadrimestre, je vais élargir au quadrimestre, il n'y a pas eu énormément d'impact réel hormis effectivement le coût de l'énergie, mais on a beaucoup de secteurs, par exemple le transport, ce secteur a vraiment un pied de facture, on peut répercuter ces hausses de coûts. C'est plus aussi des craintes, passé le premier short, on a des craintes aujourd'hui parce qu'on a des entreprises qui nous disent nos fournisseurs nous annoncent des hausses importantes dans les prochains mois. Aujourd'hui, on a des chefs d'entreprise qui, passé l'aspect premier choc de sidération, sont inquiets pour l'avenir parce qu'ils voient bien que la résolution du conflit n'en finit pas et que maintenant, on a des fournisseurs, plus seulement les fournisseurs d'énergie, mais des fournisseurs d'intrants divers et variés, d'équipements, qui commencent à dire « nous, on va devoir augmenter nos prix, j'entends des chiffres de 5, 10, 15 % » . Et là, c'est comment j'ajuste moi-même mes coûts de production pour encore être compétitif si mes fournisseurs m'annoncent des chocs au niveau des répercussions sur les prix. Donc ça, on a une inquiétude maintenant, on a vraiment une inquiétude pour les mois à venir sur cet effet de second tour dont je parlais. On n'est plus seulement sur l'énergie, mais on est effectivement sur les plastiques, sur les engrais dans la production alimentaire. Voilà, on voit qu'on commence à avoir les effets de second tour. 

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 18:53.220

D'accord, merci Cathy pour cette précision, ça rejoint un petit peu ce que nous demandait Régis, il nous demandait si la crise du Moyen-Orient qui dure, laissait présager plus de PSE dans les entreprises de transport. Et puis, il y a une autre question à Philippe, qui vient de Isia, qui nous demande quelles sont les raisons de licenciements économiques dans le secteur de la formation. 

 

Philippe Laval - Dreets  | 19:16.192

Sur le premier point, c'est toujours difficile de faire des prévisions, même si on a des indicateurs et on a des signaux d'alerte. Ce qu'il a dit, on l'a souligné, le secteur des transports, c’est un des secteurs qui est impacté. Sur le secteur de la formation, l'analyse est un petit peu plus difficile, mais ce que l'on peut retenir, c'est que c'est une contraction des crédits, notamment à l'égard de la formation. Donc, de fait, dans un marché qui se rétracte, assez logiquement, je dirais malheureusement, les organismes qui dispensent de la formation sont les premiers impactés. On a connu un développement très important de la formation. Je rappelle, et je parle aussi sur le contrôle de nos collègues, que depuis 2018 et même un petit peu avant, on a connu des plans très importants en matière de formation pour promouvoir la formation, notamment auprès des demandeurs d'emploi. On a eu le plan 500 000, 600 000. Après, on a eu le plan régional d'investissement dans les compétences. Donc, des politiques publiques qui ont fortement mis le sujet formation et les moyens et les moyens en avant sur ces dernières années. Aujourd'hui, c'est un dispositif qui se rétracte sensiblement. Donc, je veux dire, de manière assez logique, le secteur de la formation est l'un des secteurs qui est aussi impacté par cette rétractation du marché. Même si, je le dis, on est quand même encore sur des volumétries et sur des volumes et sur des moyens alloués importants, on l'est moins que les années précédentes. On verra tout à l'heure sur d'autres dispositifs. Voilà, on a cet effet-là qui... commence à jouer.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 20:53.690

Merci Philippe, je vois que cette partie a suscité pas mal de questions, j'en garde un peu sous le coude pour les prochaines parties. Je vous propose qu'on continue les défaillances d’entreprises, interrogent notamment notre public. Je vous propose du coup, merci encore pour ces réponses, je vous propose qu'on passe désormais à la deuxième partie. 

Et donc pour démarrer la deuxième partie, et bien traduction majeure du dynamisme de l'activité économique, l'emploi avance au ralenti depuis plusieurs trimestres en région. Toutefois, les processus sectoriels et territoriaux, tout comme les dynamiques d'apprentissage ainsi que certains profils d'emploi spécifiques, comme les travailleurs indépendants, peuvent faire apparaître des nuances. Je laisse donc la parole à Antoine de l'INSEE, Frédéric des Urssaf, Philippe de la Dreets, pour ouvrir la deuxième partie de ce webinaire consacré à l'emploi régional.

 

Antonin Bretel – Insee  | 21:40.470

Merci beaucoup. Bonjour à tout le monde. On va commencer, tout d'abord, c'est sûr qu'on est dans une période d'incertitudes, donc les données qu'on va présenter là, ce sont les données... du quatrième trimestre 2025 pour les données régionales. On a quelques données sur le premier trimestre au niveau national, avec toutes les réserves qu'on peut avoir suite à ce qui s'est déroulé au mois de février et l'incertitude qui est devant nous. Sur le dernier trimestre 2025, on a eu une baisse de l'emploi au niveau régional, - 2500 postes. C'est une petite baisse, moins 0,1%. C'est vrai qu'il faut relativiser, on est sur un volume d'emploi de l'ordre de 3,3 millions au niveau de la région, donc 2500, c'est assez faible. Mais ça va quand même sur une période, comme on peut le voir. Depuis 2022, il y avait une forte progression de l'emploi jusqu'en 2024, où on avait atteint une forme de plateau, un plateau qui s'est maintenu tout le long de l'année 2025, mais une petite baisse sur la fin de l'année, qu'on retrouve notamment au niveau national sur l'emploi privé sur le premier trimestre 2026. Donc voilà, 2500 emplois en moins sur le dernier trimestre. Sur l'année complète, on est à 1200 emplois, donc on voit bien qu'on était sur quelque chose de légèrement positif ou de très stable. Et juste pour rappel, l'emploi dans la région, c'est quand même 12,1% de l'emploi national. Et donc, c'est vrai que les dynamiques d'Auvergne-Rhône-Alpes sont des dynamiques qui sont assez moteurs sur les dynamiques nationales. Pour information, et là, malheureusement, je ne peux pas les diffuser aujourd'hui, on aura des données consolidées sur l'emploi privé, public et intérim demain matin à 8h45 sur la prochaine ligne. La prochaine information rapide sur le site de l'INSEE. Ça s'est joué à quelques heures. Je suis vraiment désolé, ce sera sur le premier trimestre de 2026.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes | 23:31.158

Donc on va continuer sur la vision Urssaf au travers de la masse salariale. Alors pourquoi on vous parle de la masse salariale en Urssaf ? Parce que vous le savez, nous encaissons les cotisations sociales auprès des entreprises et avec l'encaissement de ces cotisations sociales, nous récupérons les informations de la DSN, la déclaration sociale nominative, qui nous permet d'avoir plein d'éléments sur les salaires versés, leur évolution, les secteurs d'activité, donc c'est à ce titre que je vais vous donner quelques éléments sur la masse salariale. Il s'agit du secteur privé hors intérimaire et les éléments qui viennent de la DSN, je le souligne, sont labellisés par l'autorité de la statistique publique et donc c'est à ce titre que je peux les présenter officiellement. Alors on va retrouver des données très proches et c'est tout de celle indiquée par mon collègue de l'INSEE. La masse salariale régionale en Auvergne-Rhône-Alpes, représente 12% de la masse salariale de l'enseigne. C'est 12,1% pour les effectifs salariés. Donc, c'est assez logique puisque la masse salariale, elle dépend directement des effectifs salariés. Les graphiques que vous voyez à l'écran ont une base 100 au quatrième trimestre 2021, ce qui permet d'avoir un petit peu de recul. Et on est en prévisionnel sur le premier trimestre 2026. Et ça permet de voir l'évolution. Donc on voit... une croissance qui est moins marquée au fur et à mesure du temps. On voit que la courbe baisse un petit peu. On est passé d'une croissance annuelle régionale qui était de 6% fin 2022 pour tomber à 1,7% fin 2025. Les évolutions de la masse salariale tiennent bien sûr à la progression du volume des effectifs salariés, mais comme ça sera ralenti ça explique une diminution de la courbe qui reste positive mais qui diminue, et aussi à l'inflation, parce que dès lors qu'on a de l'inflation, comme Kathie l'a souligné, on a des demandes de revalorisation de salaire. Pour le SMIC, c'est automatique, mais pour les autres, ça se passe dans le cadre des négociations salariales. Donc, ça explique pourquoi notre masse salariale, elle augmente toujours grosso modo, au moins en fonction de l'inflation. Le deuxième graphique que vous voyez apparaître, c'est l'évolution du salaire moyen par tête, c'est un salaire par individu, quelle que soit la durée du contrat de travail. On voit que vous avez la courbe nationale et la courbe Auvergne-Rhône-Alpes. La courbe nationale est un petit peu au-dessus parce qu'on a toujours la région de Ile-de-France qui tire le salaire moyen vers le haut. Pour autant, nous, on est un petit peu en dessous de 3 000 euros. On est à 2 950 euros par mois. Et au niveau national, on est à 3 050, je crois. Donc, légèrement en dessous avec une évolution, par contre, une courbe assez similaire.

 

Antonin Bretel – Insee | 26:27.982

Je reprends la main pour regarder la structure d'emploi par secteur d'activité. On se rend compte que sur le quatrième trimestre 2025, on est sur une tendance à la baisse dans tous les secteurs d'activité, dans l'industrie notamment, et c'est un employeur important de la région, puisque c'est quasiment 16% de l'emploi régional. On a déjà abordé ce point-là avec Madame la directrice de la Banque de France tout à l'heure sur la construction. On poursuit malheureusement un repli continu depuis de nombreux trimestres dans le secteur de la construction, secteur qui pèse pour 6% de l'emploi régional. On avait l'espoir en fin d'année 2025, puisqu'on avait des permis de construire qui étaient en hausse et des mises en chantier qui avaient cessé de ralentir. On avait un peu espoir sur 2026, d’un redémarrage du bâtiment et de la construction en général. Mais c'est vrai que les premières données, notamment des chefs d'entreprise, ne donnent pas raison sur ce qu'on avait pu écrire dans la note de conjoncture. Au-delà de la construction, les gros secteurs employeurs de la région, le tertiaire marchand, qui, je vous le rappelle, pèse pour 44% de l'emploi régional, est plutôt très stable sur l'année 2025 et aussi sur le dernier trimestre. Et enfin, le tertiaire non marchand. qui enregistre une petite baisse, qui lui aussi est un secteur assez important, puisque c'est 30% de l'emploi dans la région, à peu près sensiblement le même poids que pour le niveau national sur ces secteurs.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes  | 28:11.065

Je continue en effet miroir sur ce que ça donne au niveau de la masse salariale. On va constater des choses assez similaires. Alors le premier graphique que vous voyez, on est pareil en bas 100 au quatrième trimestre 2021, ce qui peut donner l'impression que tous les secteurs ont le même poids, ce qui n'est pas le cas comme ça vient d'être précisé, puisque le secteur du tertiaire représente les deux tiers de la masse salariale comme les deux tiers des effectifs. Donc là, ce qu'on voit, c'est les évolutions, et on voit apparaître nettement que la partie construction est en difficulté par rapport aux autres secteurs. Donc c'est conforme à ce qui a été dit précédemment. Si on regarde le salaire moyen par tête, il est le plus élevé dans le secteur industriel et la construction à un salaire moyen par tête le plus faible. Voilà, vous avez les chiffres qui figurent de façon plus précise dans le cartouche de gauche.

 

Antonin Bretel – Insee | 29:14.843

Allez, je reprends. Un petit zoom sur l'intérim. Alors, on a vu que l'emploi depuis 2021-2022 était en forte croissance. À l'inverse, on était sur une baisse assez marquée de l'intérim dans la région depuis 2022. Et là, on constate sur 2025 et la fin 2025 un rebond de l'utilisation de l'intérim, ou en tout cas d'une nouvelle augmentation de l'intérim dans la région. Il avait baissé de 12% depuis 2022, il avait baissé nationalement de 14% et c'est vrai qu'on a une petite progression de l'intérim, notamment sur le T4 avec 1% de croissance et un peu plus au niveau de l'année. On a des diversités, évidemment des spécificités régionales, on a pointé du doigt et on l'avait déjà abordé lors de notre webinaire du mois de novembre le record d'Ardèche en 2025 avec une hausse de 25% de l'intérim dans le département, on sait que c'est tiré par un fabricant de transports en commun, de bus, qui a ralenti sur le quatrième trimestre, mais comme il avait été très dynamique sur le reste de l'année, c'est assez anecdotique et logiquement, mais là c'est quand même un effet de structure, la hausse de l'intérim dans le département du Rhône, qui est le département avec le plus d'emplois et avec l'activité économique la plus marquée dans notre région, vient tirer cette croissance de l'intérim de l'ordre de 70% de la hausse qui s'explique juste par la hausse de l'intérim dans le département du Rhône. Voilà, c'était encore moi. Et donc là, on a fait un petit zoom par département. On a au niveau de l'année... seulement, c'est la carte que vous avez à droite, on voit quand même une forte disparité est-ouest avec les deux Savoie qui sont les deux départements qui enregistrent des hausses assez importantes de l'emploi sur l'année 2025, vous voyez bien, avec 0,5% de croissance pour les deux départements de Savoie, et à l'inverse, dans l'Allier et dans le Cantal, on enregistre les baisses les plus marquées, à moins 1,2% dans l'Allier et moins 0,9% dans le Cantal. Sur le quatrième trimestre 2025, Les deux départements de Savoie sont les seuls départements à enregistrer encore une croissance positive de l'emploi sur les territoires. On a évidemment toutes les données par département et par région, et je sais que ce sont des sujets qui peuvent intéresser des fois nos auditeurs. Après, on a le Rhône qui est quand même le moteur régional qui, lui, est plutôt stable au niveau annuel et en légère baisse sur les derniers trimestres. Et on voit bien cette dichotomie est-ouest dans la répartition pendant la croissance de l'emploi sur les différents départements, sur les 12 départements de notre région.

 

Philippe Laval - Dreets  | 32:12.240

On va passer à l'apprentissage. On va passer à l'apprentissage puisque comme on le fait depuis quelques séquences, on a choisi de faire ce focus-là sur deux dispositifs d'alternance. Alors, sur l'apprentissage, un marqueur sur l'année 2025, là ce sont des données qui sont arrêtées à fin décembre 2025, donc des données consolidées. Ce que l'on constatait, ce que j'avais pu indiquer lors de la précédente séquence, se confirme, c'est-à-dire que 2025 est la première année de baisse des entrées en apprentissage après six années d'augmentation consécutive, vous le voyez sur le... Sur le graphique, sur la droite, on a eu des augmentations très importantes entre 2018 et 2022. Ça, c'est un petit peu ralenti. Mais là, 2025 est la première année de baisse. Alors, une baisse qui est quand même relative puisqu'on est à -1,8% d'entrée pour la région. C'est un petit peu supérieur à ce que l'on observe au niveau national. On est à -0,6. On est quand même sur un tassement. Peut-être pour dire également que cette baisse ne se différencie pas suivant les secteurs. à l'écrit. équitablement répartis, quels que soient les secteurs d'activité, d'embauche, des apprentis, donc il n'y a pas un secteur plus particulièrement en baisse. Voilà, ça se répartit de manière à peu près uniforme. Si l'on essaye de dresser le portrait robot de l'apprenti à fin 2025 par rapport à celui ou celle de 2018, quelles sont les différences ? Ce n'est pas le jeu des 10 erreurs, mais les différences. Ce que l'on peut constater sur cette évolution, c'est que les apprentis en 2025 sont d'une manière générale plus diplômés à l'entrée du diplôme. Ils sont à 50% avec un niveau bac ou plus, c'était 33% en 2018. Ils sont aussi plus âgés. Ils sont 53% à avoir plus de 20 ans, c'était 32% en 2018. Ils préparent également, enfin, ils ou elles préparent également des diplômes de niveau beaucoup plus élevé, 60% préparent des diplômes de qualification de niveau supérieur au bac, c'était 37%. C'était 37% en 2018, merci. Et donc, là aussi, ce que l'on constate, ce sont des durées de formation sensiblement plus courtes, un petit peu moins d’un an, alors qu’on avait des données plus longue en 2018. Voilà sur ce que l'on pouvait dire par rapport à l'apprentissage, donc une tendance légèrement baissière, on verra avec les données de 2026 si cette tendance se poursuit ou pas. Il faut quand même rappeler, même si on parle de baisse, qu'on est quand même à des niveaux et des volumes très très importants, on est à plus de 100 000 apprentis, je le précise quand même pour terminer sur l'apprentissage que cette baisse qui s'observe sur les entrées, c'est-à-dire les personnes qui sont entrées en apprentissage, qui ont conclu un contrat d'apprentissage contre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, cette baisse se constate aussi sur le stock. Alors, le terme n'est pas forcément très heureux, mais ce sont les personnes qui sont effectivement eu contrat d'apprentissage en fin d'année. Donc, cette baisse se constate aussi. C'est moins 3% pour la région, c'est un petit peu moins, c'est moins 1% pour le niveau national. Et là aussi, il faut préciser que la progression en matière d'entrée en apprentissage a été plus importante pour la région que pour le niveau national sur les premières périodes 2018-2020. On était même parfois assez au-dessus au niveau régional, ce qui traduit aussi le dynamisme de la région. Donc voilà, on a une baisse, à voir si elle se confirme. L'autre dispositif en matière d'alternance, c'est le contrat de professionnalisation. Et là, on pourrait presque faire un portrait en miroir complètement inverse, puisque autant nous avions une progression en matière d'apprentissage, autant là, ce sont des choses que j'ai déjà pu évoquer et indiquer, nous avons une baisse. Alors, cette baisse, elle est importante sur les années 2018-2020. On est plutôt sur une stabilisation. On continue cette baisse, mais on est quand même pratiquement là, on reste sur des niveaux, on est plutôt sur une phase plateau. Si là aussi, on dresse le portrait type des personnes qui sont en contrat d'apprentissage, en contrat de... professionnalisation. On va retrouver des personnes qui, contrairement à l'apprentissage, sont moins diplômées ou qualifiées à l'entrée en contrat de pro qu'elles ne sont en contrat d'apprentissage. Donc, ils sont 36, ils ont un niveau à l'entrée moins important. On va constater aussi que ce sont des publics qui sont plus âgés, l'âge augmente et phénomène identique à celui qu'on observe sur l'apprentissage, les durées de... formation se réduisent également. Pour les deux types de contrats, quand même un élément positif, c'est que la part des publics que l'on appelle prioritaires, notamment les personnes porteuses de handicap ou pour les contrats de professionnalisation, les personnes qui sont issues résident au quartier politique de la ville, reste stable. Donc on n'a pas de diminution de nos publics prioritaires, ce qui est quand même aussi un effet positif des politiques assez volontaristes que l'on mène et aussi à un effet positif puisque pour ces publics, il y a peut-être plus de difficultés à accéder à l'emploi. On voit que ces dispositifs-là fonctionnent toujours. Voilà, sur les travailleurs indépendants, je passe la parole.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes  | 37:34.569

Alors, un petit focus sur les travailleurs indépendants. Les données qui vous sont présentées sont des données 2025, alors qui peuvent encore varier. Les statisticiens m'ont demandé d'être prudente parce qu'elles vont être définitivement arrêtées au mois de juin. Donc c'est dans pas longtemps, mais elles doivent être assez proches de la réalité. Qu'est-ce qu'on constate ? D'abord rappeler que les travailleurs indépendants, ça correspond à deux statuts différents. Vous avez le travailleur indépendant dit classique et puis vous avez l'auto-entrepreneur, le statut créé en 2008, qui permet le grand avantage, qui permet à l'usager de ne payer des cotisations que s'il a un revenu, un chiffre d'affaires annuel. Donc d'où l'explosion de ce statut des auto-entrepreneurs qu'on voit tout à fait clairement sur le graphique puisque c'est la partie bleue et on voit bien que la partie TI classique a plutôt un peu diminué, même si pour cette année on est sur une progression autour de 1%. Pour les auto-entrepreneurs, alors là je parle des auto-entrepreneurs économiquement actifs, alors vous précisez la notion, ce sont ceux justement qui ont déclaré un chiffre d'affaires. Et si je prenais tous les auto-entrepreneurs, j'en aurais 33% de plus. Donc c'est pour ça qu'on a recentré sur ce compte, qui ont déclaré un revenu, on voit que ça a cru de 3,7%. On pouvait même être sur des taux de croissance supérieurs les années précédentes. Donc c'est eux qui tirent économiquement, les économiquement actifs qui tirent la croissance du nombre de travailleurs indépendants. Et ils représentent aujourd'hui plus de la moitié des travailleurs indépendants. Donc 52% sont des auto-entrepreneurs. Si je continue. Donc là on voit apparaître les secteurs d'activité qui concentrent les activités des travailleurs indépendants et des auto-entrepreneurs. Les auto-entrepreneurs sont à plus de 75% dans certaines activités de service, notamment la livraison, le nettoyage, le graphisme et le commerce non spécialisé. Le secteur de la construction est plus équilibré parce qu'on a à peu près la moitié d'auto-entrepreneurs et la moitié de travailleurs indépendants classiques. Et les travailleurs indépendants classiques, on les retrouve davantage dans la santé, les activités juridiques et financières, le commerce de détail alimentaire et l'hébergement, restauration. L'évolution annuelle de 2025 a été portée principalement par les services, mais je vous rappelle que les services globalement, c'est le secteur économique qui fait les deux tiers de l'économie française. Si je fais un petit focus par département, pour vous donner une vision régionale plus précise. Alors la moitié des travailleurs indépendants se concentrent sur trois départements, mais ce n'est pas très étonnant puisque c'est les départements sur lesquels globalement on a le plus d'activités économiques, qui sont le Rhône, l'Isère et la Haute-Savoie. Et les travailleurs indépendants classiques sont proportionnellement plus nombreux dans les départements du Cantal, de la Savoie et de la Haute-Loire. Voilà vous avez les deux notions sur cette carte, le nombre de travailleurs indépendants et la part d'auto-entrepreneurs économiquement actifs à l'intérieur de ces travailleurs indépendants. Voilà sur ce que je voulais vous dire s'agissant du petit focus travailleurs indépendants.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 41:15.014

Merci pour cette seconde intervention. En résumé, encore une fois, l'emploi semble au ralenti, voire même prendre une orientation plutôt à la baisse, état de fait visible fin 2025 comme début 2026. Dans le détail, l'emploi industriel recule, la construction poursuit son repli et le tertiaire ne semble plus trop compenser. Éclairci toutefois dans le paysage le signe de prudence des employeurs, on voit que l'emploi intérimaire évolue favorablement depuis plusieurs trimestres et malgré des disparités départementales fortes, le cas des deux Savoie en témoigne. La masse salariale, elle, tributaire de l'évolution des effectifs mais aussi d'autres facteurs telles que l'inflation ou la revalorisation du SMIC, semblent aussi un peu ralentir. Enfin, pour la première fois depuis 2018, l'apprentissage baisse sous l'effet notamment de la révision des modalités de son financement, tandis que la baisse des contrats de professionnalisation se stabilise, même si la part des publics prioritaires reste stable. Et enfin, quand on zoome sur les travailleurs indépendants, on observe des dynamiques de plusieurs catégories. Ce sont toutefois les auto-entrepreneurs qui tirent la croissance, majoritairement dans les services, avec une géographie distincte selon les auto-entrepreneurs et les travailleurs indépendants classiques. 

On a accueilli pas mal de questions pendant qu'on avançait dans ce webinaire et je voudrais commencer par deux questions un petit peu de cadrage, ou en tout cas deux questions un peu méthodologiques. On nous demandait de rappeler la différence notamment entre le tertiaire marchand et le tertiaire non marchand et on nous demandait si la construction intégrait la rénovation. Donc deux premières questions.

 

Antonin Bretel – Insee | 42:52.642

Le nom est assez équivoque quand même, tertiaire marchand ou marchand. On retrouve bien dans le non marchand, notamment, tout ce qui relève des services publics. Et donc, de ces logiques qui ne sont pas des logiques commerciales. Alors, dans le tertiaire marchand, on va retrouver tous les services et tous les commerces et tout ce qui relève de l'activité économique. Oui, le commerce, c'est le meilleur exemple, je pense, du tertiaire marchand. Et on voit bien, voilà, que... comme ça a été rappelé, c'est les deux tiers de l'emploi dans la région, comme au niveau national, c'est structurellement identique. Et donc, le moteur, une partie du moteur de l'économie, évidemment.

Et sur le bâtiment et la construction, oui, oui, les activités de rénovation, elles se posent sur plein de sujets, aussi bien sur les rénovations énergétiques que sur l'adaptation des logements au vieillissement. Par exemple, tout ce seconde œuvre se retrouve dans le secteur du bâtiment et de la construction.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 43:47.553

Merci pour ces précisions. On a aussi pas mal de questions sur le salaire moyen par tête, notamment la première qui nous demande de préciser si c'est un salaire brut ou un salaire net.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes  | 43:58.039

C'est une bonne question, c’est un salaire brut.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 44:00.440

Et ensuite, on nous demande s'il y a des tendances pour les salaires juste au-dessus du SMIC. Ça revient sur plusieurs questions, cette impression de Smicarisation pour cette catégorie. C'est ce qu'on nous demande à plusieurs reprises. On a des précisions là-dessus.

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes  | 44:17.061

Alors le salaire c'est bien un salaire brut, après je pourrais compléter bien sûr. Comme le SMIC est directement indexé sur l'inflation, ce qui n'est pas le cas des autres salaires, ce qu'on constate, d'ailleurs on le constate aussi pour les salariés qui travaillent à la sécurité sociale, c'est qu'en fait le SMIC a tendance à écraser un peu l'échelle des salaires, puisque la revalorisation du SMIC est plus forte, et va plus vite que celle des autres salaires qui nécessitent des négociations au niveau des entreprises. C'est d’ailleurs pour ça qu'il y a un certain nombre de conventions collectives qui se trouvaient à avoir des salaires d'embauche qui étaient inférieurs au SMIC. Bien sûr, le paiement se fait bien au niveau du SMIC, mais en tout cas, la convention devait être ajustée. C'était aussi le cas de nos salariés.

 

Antonin Bretel – Insee | 44:58.283

Ce qu'on retrouve aussi dans la fonction publique, avec certaines catégories dans la fonction publique où les débuts de grilles sont inférieurs au SMIC aujourd'hui.

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 45:05.905

Merci pour ces précisions. Dans toutes ces slides, on a repéré quand même un élément, une éclaircie, un élément qui nous interroge en tout cas pour avoir plus de détails, comment on pourrait interpréter ou du moins qu'est-ce qui justifie la bonne dynamique de l'intérim ?

 

Antonin Bretel – Insee | 45:24.112

Alors je pense que l'intérim est utilisé un peu comme une variable d'ajustement, donc on voit bien dans une période un peu d'insécurité économique, on va peut-être moins facilement faire de l'emploi pérenne et plus facilement recourir à de l'intérim, notamment quand on va avoir une augmentation à court terme de l'activité et des carnets de commandes. Donc on voit bien que c'est utilisé comme ça. Alors est-ce que c'est positif ? Est-ce que c'est négatif ? Ça peut être vu dans les deux sens. Ça peut être vu positivement par les prémices d'un redémarrage d'une activité économique, mais ça peut aussi être vu comme la frilosité des chefs d'entreprise ou en tout cas le manque de confiance en l'avenir pour pouvoir pérenniser ses emplois.

 

Kathie Werquin – Banque de France | 46:02.228

Après la grande bosse qu'on a vu, vous savez beaucoup monté, c'était aussi lié aux difficultés de recrutement parce qu'en fait là, il y a une telle dynamique d'emploi que les entreprises ont du mal à recruter. À un moment donné, on était à plus de 50% des entreprises qui nous disaient ne pas réussir à recruter. Donc elles pouvaient se rabattre, entre guillemets, sur de l'intérim. Et après, il y a eu l'effet inverse, c'est-à-dire quand le marché s'est détendu, à partir du moment où je peux recruter, je vais moins recourir à l'intérim. Donc je pense qu'il y a plusieurs chocs macro qui peuvent expliquer l'évolution qu'on va concatener.

 

Antonin Bretel – Insee | 46:32.218

Et la croissance sur l'année 2025 de l'intérim dans la région.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 46:36.099

Merci à tous pour ces réponses. Je garde quelques autres questions pour le dernier temps de questions. Je vous précise tout d'abord, avant d'entamer la dernière partie de ce webinaire, d'ici quelques minutes va s'afficher sur votre écran un message automatique qui vous invitera à commenter et évaluer ce webinaire. N'hésitez pas à nous donner votre avis, il est précieux pour la construction des prochaines éditions à venir. Nous allons donc en passer à la troisième partie. 

Une troisième partie, nous l'avons vue et analysée longuement lors des précédents webinaires, le contexte réglementaire notamment lié à la construction de la structure à la loi plein emploi et ses effets pluriels amènent une volatilité grande sur certains chiffres du marché du travail. Donc, pour contourner cette prudence qui reste toutefois de mise, je laisse la parole à Philippe Dreets sur les dernières tendances de la demande d'emploi et à Yann pour décrypter les derniers résultats de l'enquête de besoin en main d'œuvre.

 

Philippe Laval - Dreets  | 47:28.767

Alors, merci Cédric, effectivement. Donc, on va parler, alors je ne sais pas si on peut parler d'embellie, mais en tous les cas, dans un... climat et un contexte un petit peu, sinon morose, en demi-teinte, je vais le dire comme ça. Petite lueur, c'est une stabilisation de la demande d'emploi. Premier point, vous l'avez rappelé, Cédric, on a, sur l'année 2025, été très très prudent dans les interprétations que l'on pouvait faire. On a essayé, je l'espère, de faire beaucoup de pédagogie pour expliquer ce que la loi Plein Emploi amenait en termes d'évolution, avec notamment les inscriptions systématiques des jeunes suivis en mission locale des bénéficiaires du RSA, la création de nouvelles catégories. Voilà, c'est tout ça, tous ces éléments-là qui, on l'a dit et on l'a redit, rendaient les comparaisons assez délicates. Donc là, on voit que ces effets-là commencent à se fixer, on commence à pouvoir faire à la fois effectivement avec les dernières données une lecture un peu plus stabilisée. Donc ce que l'on constate, ce sont les deux graphiques que vous avez sous les yeux, c'est d'abord une diminution globalement sensible de la demande d'emploi en catégorie ABC. Je rappelle, la catégorie ABC, je parle sous le contrôle de Yann, c'est effectivement à la fois les personnes qui sont immédiatement disponibles, qui n'ont pas exercé d'activité, et pour la catégorie B, c'est qui en ont exercé une. Je ne vais pas me lancer dans le nombre d'heures par mois. 

Yann Métais – France Travail 

Moins de 78 heures, et C c'est plus de 78 heures.

Philippe Laval - Dreets | 48:53.

Voilà. Donc, voilà. Mais globalement, les personnes qui sont immédiatement disponibles et en recherche d'emploi. Donc, on a une baisse sensible au niveau régional. Alors, une baisse qui est assez différenciée. Je ne sais pas les chiffres là, mais ils sont disponibles par département, puisqu'on voit au niveau régional qu'on a des évolutions assez contrastées, suivant les départements. On a des départements où, au contraire, la demande d'emploi augmente, enfin le nombre d'inscrits à France Travaille augmente, et c'est notamment le cas du Rhône, on a des départements où la baisse est beaucoup plus significative, on est à moins de 2%, notamment je crois dans l'année. L'élément un petit peu positif, c'est une décrue sensible de la demande d'emploi et des inscrits à France Travail pour les jeunes, on est à moins de 2,2%, donc là aussi un élément positif, alors qu'on était sur des augmentations, à prendre avec prudence encore au regard de ce qu'on a dit précédemment, une stabilité pour la demande d'emploi des... Alors, on ne les appelle plus seniors, ce sont les travailleurs expérimentés, les plus de 50, voilà. Donc, une relative stabilité. Je rappelle, au passage, que ces public, que ce soit les jeunes ou les travailleurs expérimentés, font partie des publics sur lesquels le ministère du Travail met l'accent, en priorité, sur les politiques publiques que nous déployons avec nos collègues du réseau pour l'emploi. Voilà ce que l'on peut dire en termes de stabilisation et d'éléments. Peut-être quand même un point qui reste un point vraiment d'attention et un point noir, c'est la demande d'emploi de longue durée. Puisque là, on reste, on est sur une augmentation. Donc, ça reste toujours vraiment un sujet d'attention et de priorité aussi. Ça s'améliore pour les jeunes, sensiblement. Ça reste stable pour les travailleurs expérimentés, mais on a toujours... cette priorité à donner aux personnes qui sont inscrites depuis plus d'un an aux chômeurs de longue durée, pour lesquelles là aussi, on déploie toute une palette de dispositifs, mais progressivement vers l'emploi. Voilà ce que l'on pouvait dire pour l'évolution de la demande d'emploi pour le premier trimestre. Nous verrons là aussi, sur l'année 2026, les chiffres qui devraient paraître fin juillet pour le deuxième trimestre 2026.

 

Yann Métais – France Travail | 50:53.914

Dans la continuité de tout ce qui a été dit, on va parler d'un autre thermomètre de l'emploi qui est l'enquête Besoin de main d'œuvre 2026. C'est une enquête que France Travail met en œuvre auprès d'un panel important d'entreprises. Sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, c'était 208 200 entreprises pointées à interroger. On a à peu près presque un quart de ces entreprises qui répondent, 48 800. C’est un échantillon stable qui nous permet d'avoir des statistiques intéressantes et représentatives. On est dans le même nombre de répondants à peu près que les autres années, donc il n'y a pas d'effet du nombre de répondants. Ce qu'il y a à noter, c'est que 8 employeurs sur 10 nous indiquent, enfin pardon, excusez-moi, 8 employeurs sur 10, l'année dernière dans cette enquête-là, qui avait dit avoir une intention d'embauche, cette intention d'embauche s'est réalisée. Donc là aussi, la fiabilité de... de l'enquête nous donne des grandes lignes et des grandes tendances. C'est un thermomètre, ce n'est pas une prédiction, mais ça nous permet en ce qui nous concerne d'orienter nos actions et de prendre la température du tissu économique. Les chiffres évoluent, mais à l'instar de tout ce que vous avez pu présenter au regard du contexte économique, Euh...effectivement, on a 24% des établissements qui envisagent de recruter, c'est à peu près le même niveau qu'en France et on est stable, donc il n'y a pas plus ou moins d'établissements qui envisagent de recruter. Par contre, le nombre de projets de recrutement, lui, est en nette diminution, -7%, c'est un petit peu plus faible que ce qu'on peut repérer en France, on rentrera un peu plus en détail un peu après. Et puis, on a une stabilité, voire une augmentation, mais c'est parce qu'il y a des écarts d'évolution sur d'autres typologies d'embauches, sur les contrats saisonniers, ça représente un tiers des embauches dans notre région, à peu près l'équivalent en France. On est un pays de tourisme, d'agriculture, qui amène beaucoup de saisonnalité. Par contre, ce qui est à noter particulièrement globalement sur cette enquête, c'est une diminution de l'expression des employeurs sur leurs difficultés à recruter. Effectivement, on a connu des années de très fortes tensions sur le marché du travail, avec une activité économique importante et donc un besoin de recrutement beaucoup plus important. C'est moins le cas à l'heure actuelle. Toutefois, 48% de difficultés exprimées à l'embauche, ça reste à un niveau très élevé. Et on est un peu dans un paradoxe d'une conjoncture qui se tend, mais quand même avec des difficultés de recrutement. Si on regarde effectivement plus précisément ces différents indicateurs, on voit que l'évolution du nombre d'intentions d'embauche, alors c'est de l'intention, c'est de la promesse d'embauche, même pas de la promesse d'embauche, c'est de la déclaration, on voit qu'on est revenu à des niveaux d'avant Covid sur ces intentions. Et on voit que depuis 2024, on est dans une diminution progressive, mais en lien avec ce que vous avez pu exprimer sur le contexte économique, si ce n'est qu'on reste quand même à des niveaux quand même importants d'intention d'embauche pour le moment. Ce que je n'ai pas précisé d'ailleurs en introduction, c'est que cette enquête a été réalisée en fin d'année, donc avant l'escalade du conflit au Moyen-Orient, probablement il peut y avoir par rapport à ces intentions d'embauche des évolutions qu'on n'aurait pas repéré encore dans le cadre de cette enquête. Si on regarde où est-ce qu'on embauche le plus, vous avez une vision par bassin d'emploi ici. Alors, bien évidemment, les grandes métropoles régionales concentrent de l'activité et concentrent des embauches, mais on voit aussi des bassins touristiques ou des bassins agricoles, parce qu'on a un modèle économique en Auvergne-Rhône-Alpes qui est très diversifié, où on voit effectivement dans ces territoires-là, la Tarentaise, la Maurienne, le Chablais-Villefranche, la Drôme-Ardèche et la Vallée de l'Arve, l'Arve que j'avais oublié, où on a encore pas mal de concentrations d'embauches qui ne sont pas du même ordre, bien évidemment. Si on fait une focale plus particulièrement sur ces fameux 33% d'activités saisonnières en région, alors là, je pense que... Nos auditeurs et vous-même connaissez peut-être suffisamment la région pour voir qu'il n'y a pas de mystère. On est à la fois dans les zones touristiques qui peuvent être très portées, notamment sur l'est du territoire, sur les activités de montagne, mais également sur tous les grands secteurs viticoles ou d'agriculture arboricole qui jalonnent notre territoire et qui développent de l'activité. Par contre, si on extrait cette tendance, sur le deux tiers des intentions d'embauche qui sont exprimées, on va retrouver, il n'y a pas de grande modification dans le poids des différents secteurs, ça correspond au poids économique des secteurs. En premier, on va retrouver le secteur de la santé et de l'action sociale, 17% du total, les supports aux entreprises, toutes les activités tertiaires d'appui aux entreprises, les métiers, les embauches dans le commerce et puis l'industrie qui reste un secteur très porteur d'embauches sur notre région. Je vais pas m'appesantir plus, il n'y a pas dans cette composante-là de grande différence. Ce qui évolue par contre, alors vous avez pas mal de données, c'est par métier Donc là, on n'est plus dans le secteur d'activité, mais bien dans le métier. On a les 25 métiers les plus recherchés qui représentent à peu près 40% de l'ensemble des projets. On voit que la plupart des intentions d'embauches dans les différents métiers sont en régression par rapport à l'année précédente, à part quelques exceptions importantes : l'aide à domicile et auxiliaire de vie, qui est toujours dans le haut de classement des métiers qui sont recherchés, mais qui cette année a pris la tête en volume. On le sait qu'indépendamment de l'évolution de la conjoncture, on a un vieillissement de la population, des besoins qui sont accrus dans les secteurs du soin et de la santé, ce qui peut mettre en lumière ces besoins de recrutement. Mais tout de suite derrière, on va retrouver des employés polyvalents de restauration, on va retrouver des agents d'entretien de locaux, un peu plus loin des serveurs. On voit qu'on est sur, pour la plupart d'entre eux, des premiers niveaux de qualification et des emplois plutôt courants dans ce qu'on peut observer au travers des principaux besoins. Et on le verra, un peu plus tard, ce n'est pas parce que ce sont des emplois courants qu'il n'y a pas de difficultés de recrutement, malheureusement. 

Justement, si on parle de l'évolution des difficultés de recrutement, je vous l'ai dit en introduction, on est cette année dans l'enquête BMO à 48% de difficultés de recrutement exprimées par les employeurs. On voit qu'après le pic de... de 2022 où là on avait deux tiers des déclarations des employeurs qui nous disaient avoir des difficultés à recruter, on diminue, mais 48%, ça reste un chiffre élevé, y compris quand on compare à d'autres périodes où le contexte économique était un peu moins favorable en 2015-2016, on reste sur des tensions. Donc on est un peu dans un moment paradoxal où on a un ralentissement économique, mais encore des tensions sur le marché du travail et où la nécessité d'accompagner les entreprises et aussi les demandeurs d'emploi pour adapter leurs compétences reste importante. Si on regarde l'expression de ces difficultés par secteur, là aussi on voit que la construction, c'est l'endroit où 64%... Voilà, les trois quarts pratiquement des employeurs nous disent avoir des difficultés à recruter. Alors on a été exprimé une évolution et des difficultés dans le nombre de recrutements, mais se cumule à ça la difficulté à trouver des candidats qui est fortement prégnante. Tout de suite suivi sur la santé et l'action sociale, donc là aussi on a les premiers emplois qui sont recherchés, les intentions d'embauche, avec de très fortes difficultés, qui ont trait aux typologies de poste, aux contraintes aussi liées au métier et à la demande qui est extrêmement croissante. Il y a une particularité autour de l'industrie, où l'industrie est un vaste secteur d'activité, et où au sein de l'industrie, il y a des grandes disparités. Globalement, l'industrie, il y a une expression de 53% de difficultés de... dans les intentions de recrutement, la métallurgie c'est 71%. C'est beaucoup plus important. Il faut avoir un regard attentif et différent selon les typologies de postes proposées dans l'industrie. Après, vous voyez, on est plutôt dans des secteurs qui sont pour la plupart en décrue dans l'expression des différentes difficultés de recrutement et notamment le commerce. 

On a parlé des secteurs et si on va plus loin, comme tout à l'heure on regarde les métiers, là aussi on retrouve la construction avec les maçons ou les difficultés de recrutement, de l'expression des employeurs sont les plus importantes, suivi des charpentiers, et puis globalement tout ce qui est maintenance, électricité. Finalement, le détail des métiers de l'aide à domicile arrive à un peu plus bas, donc toujours un sujet, le double sujet des métiers techniques et des métiers du bâtiment, où malgré la baisse d'activité, on peut encore avoir d'importantes difficultés de recrutement. Voilà, c'est assez rapide. 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 62:37.980

Merci à tous les deux. 

Yann Métais – France Travail | 50:53.914

Il y aura probablement des questions.

Cédric Cabanel – Via Compétences 

Il va y avoir des questions. Merci pour cette intervention. Merci à tous les deux. Donc, en résumé, on observe une stabilité des inscrits à France Travail sur un an au premier trimestre 2026. Parmi les publics prioritaires, les moins de 25 ans connaissent une baisse. Les travailleurs expérimentés sont stables, mais le point noir réside plutôt dans l'augmentation des demandeurs d'emploi de longue durée. Quant aux perspectives sur les besoins en main d'œuvre, les intentions d'embauche sont en baisse pour 2026, ce qui pourrait confirmer un peu l'atonie de notre économie. Les difficultés de recrutement sont également en baisse, mais toutefois avec un niveau qui reste globalement élevé. Et puis, vous l'avez bien montré, on a aussi des réalités socio-économiques qui dépassent le simple fait conjoncturel à l'image du vieillissement de la population. Comme vous le voyez dans les profils tout à l'heure. 

Je vais maintenant vous poser quelques questions avant de passer à la dernière session de questions. On a d'abord une question qui nous vient d'Emmanuel et qui demande si la baisse des demandeurs d'emploi est-elle le reflet des évolutions démographiques, notamment liées aux générations qui partent à la retraite ? On a cette première question.

 

Philippe Laval - Dreets  | 63:48.378

On peut jouer à joker. C'est assez difficile de répondre. Franchement, là-dessus, ça nécessite, c'est un petit peu plus poussé, la baisse. Encore une fois, il faut le remettre en perspective, des évolutions qu'il y a eues en matière de modalité d'inscription. C'est un peu tôt pour arriver à tirer des conclusions. C'est ce que je disais, on a été très prudent en 2025. Même si, comme je l'indiquais, on commence à avoir un effet de glissage, c'est encore un petit peu tôt pour avoir des éléments très précis sur les différentes raisons qui expliquent cette baisse-là. Ça demandera un tout petit peu plus de temps. Ce n'est jamais une réponse très satisfaisante, mais en même temps, je pense que les évolutions qui ont lieu nécessitent quand même cette prudence.

 

Kathie Werquin – Banque de France  | 64:35.097

Il n'y a quand même plus une grande dynamique d'entrée sur le marché de l'emploi. On le voit quand on a le recteur ou la rectrice d'académie qui nous dit « fermez des écoles » . Ça veut dire quand même que sur la dynamique qu'on a pu avoir avec nos chères têtes blondes qui rentraient sur le marché de l'emploi à l'issue de leurs études, aujourd'hui, on voit bien qu'il y a une… dynamique qui est assez molle et on a des perspectives d'ailleurs de baisse.

 

Philippe Laval - Dreets  | 65:00.925

C'est plutôt, voilà, ça peut être, comme on l'a dit sur d'autres domaines, ça peut être un premier indice qui demande en tous les cas à être confirmé.

 

Yann Métais – France Travail  | 65:10.769

Excusez-moi, sur cet aspect du nombre d'inscrits à France Travail, on est sur un point très conjoncturel en fait. Donc, et ces données-là, et cette évolution-là, Encore une fois, au regard de toutes les évolutions techniques et administratives qui sont liées à la loi pleine emploi, on ne peut pas encore se projeter sur une modélisation à plusieurs années pour dire l'impact direct de la démographie, parce qu'il y a plein d'autres critères, facteurs qui peuvent influencer ces chiffres.

 

Antonin Bretel - INSEE  | 65:44.039

Même si on voit bien que la sortie des baby boomers du marché du travail a forcément aussi une part de responsabilité, sur la fécondité et sur les naissances, de début d'année 2000, donc les gens qui rentrent aujourd'hui ou qui sont en début d'activité post-neb, étaient encore assez nombreux. C'est vrai que la baisse de la fécondité, elle vient d'après. Donc c'est vraiment quelque chose qu'on va avoir de plein fouet d'ici une dizaine d'années sur le marché du travail.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 66:07.233

Merci à tous. On a aussi une question de Sandra qui réalise que l'enquête sur les besoins en main d'œuvre apparaît un peu stable. Il y aurait moins de pression sur les recrutements, mais elle demande... Comment on peut mettre ça en lien avec l'annonce de baisse de la main-d'œuvre d'ici 2036 ? Et est-ce qu'il y a des idées pour accompagner ces prochaines années à venir, notamment sur la baisse des activités ?

 

Yann Métais – France Travail  | 66:34.172

C'est la question précédente. Premièrement, c'est aussi à ça que servent les enquêtes de besoin de manœuvre, elle à essayer de détecter les évolutions des besoins des employeurs et des grands secteurs d'activité. Encore une fois, c'est un thermomètre parmi plein d'autres. On n'est pas dans la cartomancie, on essaie d'avoir un certain nombre de repères. Le premier moyen, c'est comment on fait évoluer les compétences de la main-d'œuvre disponible pour l'adapter au fil de l'eau et au fur et à mesure des évolutions, des métiers et de l'activité des entreprises qui recrutent. Il n'y a pas que la démographie, la démocratie, si peut-être, mais la démographie aussi qui va avoir des impacts. On voit les changements technologiques autour de l'IA, on voit un certain nombre d'évolutions. On sait que la réalité des emplois que l'on connaît actuellement ne sera pas la réalité des emplois de demain, et que... tout au long de la vie, les demandeurs d'emploi, on va dire ce que c'est, les forces vives qui recherchent un emploi, devront adapter leurs compétences parce qu'effectivement, il peut y avoir moins de masse salariale, moins de main-d'œuvre à un moment donné par rapport à la population. Ça va forcément modifier la typologie des emplois et un certain nombre d'emplois aussi par la technologie vont évoluer. Donc c'est pas une réponse toute faite, mais c'est un travail au travers de la formation tout au long de la vie et l'évolution professionnelle tout au long de la vie qui a été déjà initiée depuis plusieurs années et qui permet cette adaptation-là. C'est un travail dans l'offre de formation, même si on l'a évoqué, les modes de financement et les volumes de financement évoluent, mais la priorité est donnée aux adaptations aux postes de travail et c'est la mobilisation de leviers, plus fortement que les autres années et qui vont encore s'accentuer autour de la découverte des métiers, notamment via des dispositifs comme l'immersion professionnelle, qui sont les leviers de maintenant qu'on peut mettre en œuvre pour préparer les compétences de demain.

 

Antonin Bretel - INSEE | 68:59.021

Si vous me permettez un dernier point, on a vu d'autres pays, je pense à l'Allemagne ou à l'Espagne, il y a aussi la problématique des mobilités géographiques. Même si nous, on est dans une dynamique de fécondité et de natalité qui est très faible, il y a la possibilité aussi de... de faire venir de la main-d'oeuvre de l'extérieur.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 69:16.249

Merci pour vos réponses. Je vous propose un dernier petit temps de questions en remontant un petit peu le fil du webinaire. Il y a quelques questions qui m'ont un peu échappé, mais on va y revenir maintenant. 

D'abord, on a une question de Philippe sur les défaillances d'entreprises. Est-ce qu'il est possible d'avoir un petit peu plus de détails sur ce thème, notamment sur le tertiaire ? Quelles activités ça concerne ? Quelles sont les tailles d'entreprises concernées par les... par les défaillances.

 

Philippe Laval - Dreets  | 69:44.729

Alors, sur le tertiaire, c'est ce que j'indiquais tout à l'heure. Je pourrais donner les chiffres, je ne sais pas les chiffres là, très honnêtement, donc je ne vais pas me hasarder à donner des précisions. Les tailles d'entreprise, ce sont des entreprises, j'allais dire de toute taille. On a des secteurs qui sont impactés. Alors, je parle aussi bien du tertiaire que d'autres secteurs. Je l'ai dit, on n'a pas que le tertiaire qui est impacté. On a l'industrie, notamment la plasturgie, je reviens à la construction aussi. On pourra donner des détails, je n'ai pas les détails précis pour répondre à la question, mais ceux-ci sont disponibles à la fois sur des secteurs peut-être plus précis dans le tertiaire, et puis aussi sur des tailles d'entreprise. Sachant que je le rappelle quand même, on est forcément sur des entreprises de plus de 50 salariés.

 

Kathie Werquin – Banque de France  | 70:26.477

Je peux peut-être apporter deux précisions. Une précision sur le camembert des secteurs. Il y a eu une intervention qu'a faite récemment le président du tribunal de commerce, TAE maintenant, au tribunal des activités économiques, qui disait que finalement, quand on regarde sur le moyen long terme, c'est assez intéressant, c'est que la part de la construction, hôtellerie, restauration, en fait, ça ne bouge pas. Ça, c'est assez intéressant. C'est-à-dire que finalement, on a des secteurs plus fragiles, clairement, sur la construction, structurellement, ce sont des structures plus petites et qui sont proportionnelles à plus défaillantes que dans d'autres secteurs où il y a plus de barrières à l'entrée. Et donc, c’est assez évident parce que l'on a un ressenti aujourd'hui dans les restaurants ou alors dans la construction. Et en fait, si on le lisse sur un moyen long terme, les pourcentages ne varient pas beaucoup. Et quand même, il y a un petit biais aussi sur les chiffres qu'on regarde en termes de défaillance. Il faut faire attention qu'aujourd'hui, on a quand même une part sur les mesures qu'on peut qualifier de soft, conciliation, mandat ad-hoc. Donc, on a des mesures d'anticipation des difficultés pour ne pas être en LG direct, qui sont beaucoup plus importantes. Donc, il y a un curseur. Et ça, c'est plutôt bien quand même parce qu'on transforme mieux l'essai quand on est plus en amont que d'aller sur du RG et souvent, en fait, RG, LG direct. Donc, on a un peu une petite variation sur le sujet.

 

Philippe Laval - Dreets  | 71:36.104

D'accord. Et l'importance d'anticiper justement, c'est le message qu'on passe aussi, en présence du tribunal des affaires économiques, je rappelle, c'est que l'importance d'anticiper, de ne pas attendre que la situation soit, entre guillemets, catastrophique. Là, effectivement, on arrive à la défaillance.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 71:52.194

Merci pour cette précision. On a une question aussi globale qui nous vient de Stéphanie, qui nous demande si on a un peu des détails, des éléments de conjoncture sur la situation agricole et de l'agriculture. Est-ce qu'il y a des éléments à mettre en avant ?

 

Antonin Bretel - INSEE | 72:06.900

On en a, mais peut-être pas sur nous aujourd'hui. Oui, on peut retrouver des informations. Si on peut juste peut-être citer le service statistique du ministère de l'Agriculture, l’Agrest, n'hésitez pas à aller voir sur leur site internet, ils sont très prolixes et ils publient énormément, et vous retrouverez, je pense, au moins un bilan sur 2025 et des informations territorialisées sur ce sujet.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 72:32.199

Je transmettrais, j'ai cru reconnaître quelqu'un derrière cette question. Merci à vous. J'avais une question pour Frédérique. On a détaillé les dynamiques sectorielles et territoriales des travailleurs indépendants. Est-ce qu'il existe aussi des écarts de revenus entre les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs ?

 

Frédérique Miny – Urssaf Rhône-Alpes  | 72:52.010

Oui, il y a des différences de revenus notables, puisqu'un travailleur indépendant classique, il a un revenu annuel moyen qui est cinq fois plus élevé qu'un auto-entrepreneur. Mais c'est assez logique parce qu'un auto-entrepreneur, il peut aussi avoir une autre activité. Certains sont retraités et dans 32% des cas, ils ont une activité salariée. Donc ça peut être un revenu de complément. D'où cette différence. Alors le revenu annuel moyen d'un auto-entrepreneur, c'est 7800 euros. C'est des chiffres de 2024, c'est un an de décalage sur les revenus pour le calcul des cotisations. Et pour les travailleurs indépendants classiques, on est à 43 500 euros.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 73:32.279

Merci pour ces précisions. J'essaie de sélectionner les questions parce qu'on en a beaucoup, les défaillances reviennent, notamment Thomas qui nous demande comment peut-on avoir le détail des défaillances d'entreprise, mois par mois et par département ? S'il y a des ressources que vous pouvez nous donner. 

 

Kathie Werquin – Banque de France  | 73:51.125

Alors, je pense que, déjà, on a les stats info de la Banque de France. Là, je vous donnais les chiffres à fin mars, mais on ne va que rechercher finalement les informations, on repackage les informations qui viennent des tribunaux de commerce et je pense qu'on trouve ça sur les greffes, ce soit avec les greffes des tribunaux de commerce et je pense qu'ils ont des sites où ils publient un minimum par département. Je suis sûre que vous trouvez des stats en cherchant sur tribunaux de commerce, greffes tribunaux de commerce.

 

Antonin Bretel - INSEE | 74:19.582

Et sur l'INSEE, il y a la série chronologique par trimestre, par département, par secteur d'activité.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 74:24.766

Merci pour ce point ressources. On a une question aussi sur les demandeurs d'emploi de longue durée et qui nous demandent si vous avez des raisons pour lesquelles les demandeurs d'emploi de longue durée restent sans emploi. Est-ce qu'il y a des liens à l'entrée en formation, par exemple ? Un mot là-dessus.

 

Yann Métais – France Travail  | 74:46.524

Alors, là, on entre dans des questions très larges aujourd'hui. Sur les raisons pour lesquelles les demandeurs d'emploi de longue durée restent sans emploi, il y en a plusieurs, en fait. On sort d'une période de très forte augmentation de l'activité et des embauches et parallèlement de forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, ce qui veut dire que les publics qui restent inscrits à France Travail peuvent avoir plusieurs difficultés à lever en priorité, et pas nécessairement que des difficultés de compétence ou d'adaptation au marché du travail, mais aussi des freins périphériques et des freins sociaux qui sont plus importants. Dans ces contextes-là, on sait qu'il y a un accompagnement aussi avec une dimension socio-professionnelle ou sociale qui doit être mis en œuvre. C'est tout le sens de la loi plein emploi, et notamment le fait que les bénéficiaires du RSA, maintenant, et leurs familles doivent être inscrits à France Travail pour être... bien orientés et avoir une meilleure visibilité sur ces publics-là. Deuxième sujet qui peut engager la difficulté, on va dire, le maintien sur les listes de demandeurs d'emploi, dans les chiffres qui vous ont été communiqués tout à l'heure, c'était des demandeurs d'emploi en catégorie ABC. Donc, la catégorie A, c'est ceux qui ne travaillent pas du tout, mais on a aussi des demandeurs d'emploi en catégorie B et C qui ont une activité mais qui restent inscrits parce que leur activité n'est pas suffisamment durable, pas suffisamment stable. On voit qu'il y a une augmentation de ces publics en catégorie B et C et on a parlé tout à l'heure de l'intérim qui a progressé. Et au premier trimestre 2026, les déclarations préalables à l'embauche liées à l'intérim et aux contrats courts sont en progrès net alors que les contrats durables sont en diminution. Donc des gens vont peut-être rester plus longtemps inscrits au chômage même s'ils ont une activité partielle. Donc il y a ces deux phénomènes-là. D'un côté des gens qui peuvent être très précarisés et de l'autre côté des gens qui trouvent des solutions d'emploi mais pas suffisamment durables.

 

Cédric Cabanel – Via Compétences  | 77:11.860

Merci Yann pour ce détail et ces explications. On va s'en tenir là pour les questions du jour. 

Avant de conclure ce webinaire, on va revenir sur les principaux éléments à retenir de cette sixième édition. Et comme maître mot que j'ai sélectionné un petit peu sur cette édition, on peut parler quand même de l'atonie de l'économie, une atonie qui se fera toutefois sans récession nationale en 2026. On observe aussi une activité qui se maintient en région, malgré la transmission progressive à notre économie des effets du conflit au Moyen-Orient. On a une dégradation économique qui est éclairée, notamment par l'augmentation des ruptures de contrats de travail, également par un emploi salarié qui s'oriente à la baisse, malgré une bonne tenue de l'intérim, et surtout une construction qui est toujours en repli. La masse salariale régionale apparaît également un petit peu impactée. On note également une première année de baisse des entrées en apprentissage, une stabilisation de la demande d'emploi qui est à nuancer selon les publics. Et enfin, des baisses d'intentions d'embauche qui confirment aussi l’atonie de notre économie régionale. 

Du coup, il est l'heure de conclure ce webinaire que j'ai été ravi d'animer. Un petit mot avant de clôturer. D'abord, merci. Merci vivement à nos intervenants pour le partage de vos expertises et vos éclairages. Ils sont toujours très intéressants et pertinents. Merci également à mes collègues de Via Compétences pour leur appui tout au long de la construction de cet événement. Merci notamment à Aurélie Sabatier, qui était à la fois à la technique et à la modération aujourd'hui. Merci à toi. Et merci aux équipes de la Banque de France, de la DREETS, de l'INSEE, de France Travail et de l'URSSAF pour la qualité de leur collaboration, notamment dans la construction de cet événement. Je tiens enfin à remercier tous les participants. Et je vous informe que ce webinaire sera disponible dans quelques jours en replay et le support vous sera transmis par mail. A l'intérieur, vous y retrouverez notamment une présentation des différentes ressources sur la conjoncture des différents intervenants.

 La prochaine édition du webinaire, la septième, se tiendra à l'automne prochain et nous vous en tiendrons informés dans l'attente. 

Je vous souhaite une bonne journée. Au revoir.