Les stéréotypes : un mécanisme qui nous concerne tous

Les stéréotypes sont partout : dans notre quotidien, dans nos pratiques professionnelles et parfois même dans nos relations avec les personnes que nous accompagnons. Conseillers, formateurs, professionnels de l’orientation… nous y sommes tous exposés.

Publié le 5 janvier 2026

L’Intelligence Artificielle est aujourd’hui au cœur de nombreux débats, notamment lorsqu’elle reproduit des stéréotypes présents dans la société. Plutôt que de voir cela comme un défaut technologique, c’est aussi l’occasion de réfléchir à nos propres représentations.

Les stéréotypes, on en parle souvent pour décrire les publics que nous accompagnons. Mais on oublie qu’ils touchent aussi… les professionnels eux-mêmes.

Les stéréotypes n'épargnent personne (même vous)

Avant de parler des stéréotypes que nous portons, commençons par ceux qui peuvent être véhiculés sur certains professionnels.

Les clichés sur nos métiers

Conseillers emploi, formateurs, professionnels de l’orientation : vos métiers sont régulièrement résumés à des idées "toutes faites", parfois entendues, parfois répétées sans y prêter attention :

Les conseillers emploi ne connaissent pas le terrain.

Les professionnels de l’orientation veulent sauver tout le monde.

Les formateurs répètent toujours les mêmes choses.

Ces jugements rapides ne reflètent ni la réalité de vos pratiques, ni la diversité de vos compétences. Pourtant, ils prouvent une chose essentielle : personne n’échappe aux stéréotypes, pas même les accompagnants.

Alors pourquoi en aurions-nous moins sur les personnes que nous accompagnons ?

Pourquoi avons-nous tous des stéréotypes ?

Avoir des stéréotypes ne fait pas de nous de mauvaises personnes. C'est un mécanisme cognitif universel. Comprendre comment il fonctionne, c'est se donner les moyens de le déjouer.

Le stéréotype : une simplification cognitive

Notre cerveau traite des milliers d'informations par jour. Pour gagner du temps, il catégorise, simplifie, généralise. C'est automatique.

Un stéréotype, c'est une croyance simplifiée sur un groupe : "Les X sont Y." Cette simplification nous aide à naviguer rapidement... mais elle efface les individualités.

Du stéréotype au préjugé... puis à la discrimination

Le problème surgit quand cette simplification se charge d'émotions :

Les stéréotypes sont des représentations mentales qui sont socialement construites et nous permettent de faire société, en partageant des raccourcis communs.

Par exemple : "Les jeunes maîtrisent le numérique".

Au stade du stéréotype, il n’y a pas d’affect particulier : on ne juge pas (encore) l’individu contrairement au préjugé. On passe ainsi d’une représentation commune sur les jeunes qui maîtrisent le numérique à : "Ce jeune n'a pas besoin de formation numérique, il sait déjà".

Et si, finalement, on ne lui propose pas de formation, alors qu'il en aurait besoin. On passe du préjugé à la discrimination…

Les chiffres qui dérangent

  • 87% des handicaps sont acquis au cours de la vie (pourtant, on imagine le handicap "de naissance").
  • Les étrangers sont surreprésentés dans les emplois pénibles. Ils ont 40% de probabilité supplémentaire par-rapport à un natif d’occuper un poste aux conditions de travail difficiles.
  • 1 sénior sur 4 déclare avoir été victime de discrimination liée à l’âge dans son parcours professionnel. La dernière analyse de la DARES sur les séniors et la formation continue, mettait en évidence que seuls 35% des 55-64 ans avaient suivi une formation. Mais comment interpréter ce faible pourcentage comparativement aux autres tranches d’âges, surtout au regard du sentiment des concernés concernant des discriminations dont ils seraient victimes dans le monde du travail ?

Les stéréotypes ne sont pas que des mots : ils ont un impact mesurable sur les parcours.

Et c’est justement ce que permet d’explorer le module Moockie « Déjouer les stéréotypes : leviers pour un accompagnement inclusif ». Dans ce module d'e-learning d’une heure dont sont extraits les principaux chiffres et exemples mobilisés ici, sont également proposées des activités pour identifier ses angles morts (et en faire une force).

Alors, si vous souhaitez aller plus loin, inscrivez-vous, c’est gratuit et à parcourir à votre rythme. Vous pourrez :

  • Identifier vos biais avec des exercices pratiques.
  • Expérimenter des outils concrets (tests IAT, questions réflexives).
  • Sécuriser votre posture professionnelle (cadre légal, mises en situation).

Suivre le module Moockie "Déjouer les stéréotypes : leviers pour un accompagnement inclusif"

À retenir :

  • Personne ne choisit d'avoir des stéréotypes. Mais chacun peut choisir d'en prendre conscience.
  • Les intelligences artificielles reproduisent nos biais parce qu'elles apprennent de nous.
  • L'inclusion commence par un peu d'humilité : accepter qu'on a tous des angles morts. Et choisir de les éclairer.

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