Transcription du webinar du 28/04/2026 : "Contrats d’apprentissage et de professionnalisation : mieux orienter vers l’alternance"
Vous souhaitez mieux orienter et accompagner les publics dans leur projet de formation en alternance ? Vous voulez découvrir les atouts d’un parcours en alternance ? Vous avez besoin de comprendre les types de contrats associés ? Vous souhaitez en savoir plus sur le rôle des médiateurs de l’apprentissage ?
Intervenants
- Magdalena PULIDO – AKTO, Chargée de Projet Emploi Formation
- Nathan NOGUERAS – AKTO, Référent handicap
- Hugo VILLAND – ANAF, Co-directeur général en charge du développement et des territoires
- Amandine PAQUET – CCI, Référente technique Apprentissage et Orientation - Médiatrice de l'Apprentissage
Animé par Élise André, chargée de mission ingénierie de l'orientation, Via Compétences
Élise André | 00:00.128
Donc bienvenue à toutes celles et ceux qui nous rejoignent pour ce nouveau RDV Compétences du SPRO dédié aujourd'hui à l'alternance et plus précisément nous tenterons cet après-midi ensemble de répondre à cette question : comment mieux orienter et mieux conseiller vos publics dans leur projet de formation en alternance ? Pour ma part je suis Élise André, chargée de mission ingénierie de l'orientation au sein de Via Compétences et j'ai le plaisir en ce début d'après-midi d'accueillir quatre intervenants pour animer ce rendez-vous. Tout d'abord Magdalena PULIDO qui est chargée de projet emploi formation au sein d'AKTO, et également Nathan NOGUERAS qui est référent handicap au sein d'AKTO. Bonjour à tous les deux et merci de votre présence aujourd'hui. Nous accueillons également Hugo VILLAND qui est co-directeur général en charge du développement et des territoires au sein de l'ANAF. Bonjour Hugo et merci de nous partager votre expertise également aujourd'hui. Et enfin Amandine PAQUET qui est référente technique apprentissage et orientation, et également médiatrice de l'apprentissage au sein de la CCI. Bonjour Amandine et merci aussi de votre intervention cet après-midi. Donc nous sommes ensemble pour 45 minutes et le programme de ce RDV compétences se déroulera en trois parties. Tout d'abord Magdalena introduira ce qu'est concrètement l'alternance, les différents contrats existants et quels sont les plus également de suivre un parcours en alternance. Et Nathan fera quant à lui un zoom sur les spécificités des publics en situation de handicap. Dans un second temps, Hugo nous donnera des astuces sur comment aider les alternants dans leur démarche de recherche d'entreprise, qui est souvent perçue comme une difficulté par les publics, et notamment à travers des méthodes et des outils proposés par l’ANAF. Et enfin, dans la dernière partie, Amandine nous présentera le rôle de médiation de l'apprentissage, avec des exemples de problématiques qui peuvent être rencontrées et quelles réponses on peut y apporter. Donc bien évidemment vous aurez accès au support de présentation qui est projeté à l'écran et le replay de ce webinaire sera également publié sur le site de Via Compétences d'ici quelques jours. Je vous invite tout au long de ce webinaire à réagir au maximum et à poser toutes vos questions via l'onglet chat qui apparaît à droite de votre écran pour que les intervenants puissent répondre aux questions que vous allez poser lors du temps de questions-réponses dédié, qui se déroulera après les différentes interventions. On a deux modératrices dans le chat aujourd'hui qui s'occuperont de faire remonter vos questions. Donc je vous propose, puisque nous avons un temps restreint, de rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Magdalena je vous laisse la parole pour introduire sur l'alternance.
Magdalena Pulido | 02:40.155
Merci. Bonjour à tous. Donc on va essayer de parler ensemble de l'alternance, et en tout cas de vous donner un premier vernis pour vous permettre d'aller plus loin et vous présenter le dispositif qui est très intéressant, notamment sur un projet de reconversion ou même de formation initiale. Alors, on est AKTO, donc AKTO c'est un opérateur de compétences. On réunit 27 branches professionnelles et le dénominateur commun à toutes nos branches, c'est une forte densité de main-d'œuvre. Donc on a des branches comme le travail temporaire, le commerce de gros, café, hôtel, restaurant. C'est vraiment divers et varié en termes de métiers. Alors, qu'est-ce que l'alternance ? L'alternance, c'est deux possibilités de contrat, soit un contrat d'apprentissage, soit un contrat de professionnalisation. La spécificité de l'alternance, de ces deux types de contrats, c'est l'apprentissage avec une alternance en période de formation en centre de formation et une période de formation en entreprise, donc on va dire en contact direct avec les compétences du métier. Pour ces deux types de contrat, il y a trois acteurs principaux : donc l'entreprise, le centre de formation et le tuteur ou le maître d'apprentissage. Et donc, le tuteur et le maître d'apprentissage ont une grande importance dans l'accompagnement des apprentis et donc dans le cadre de ce type de formation. Une relation tripartite de deux types de contrats et une alternance entre les périodes de formation en entreprise et les périodes de formation en centre de formation. Pourquoi l'alternance ? L'alternance, c'est vraiment une relation gagnant-gagnant. L'entreprise est gagnante et l'alternant est gagnant. Pour l'alternant, c'est vraiment une expérience enrichissante qui va lui permettre de mettre des vraies compétences et enrichir son CV. Ça va lui permettre de percevoir un salaire et de devenir autonome, ce qui est intéressant aussi, et notamment d'accéder au logement. Il aura en entreprise les mêmes avantages que les salariés lambda, sauf les avantages liés à l'ancienneté. Pour le reste, il aura droit aux mêmes avantages. Par exemple, s’il y a un comité d'entreprise, il aura droit aux cadeaux de Noël, il aura droit à une possibilité d'avoir des tickets restaurant, il aura droit à tout ça. Donc c'est très intéressant pour lui. Et puis à l'issue de sa formation, ça booste son insertion sur le marché du travail parce que par rapport à un candidat qui aura fait son parcours en continu, lui il aura déjà été sur le monde du travail, il connaîtra déjà les codes de l'entreprise et donc ce sera une insertion facilitée. Pour l'entreprise, c'est l'occasion de recruter un futur professionnel qui sera formé au métier et à la culture de l'entreprise. C'est aussi une façon de tester le candidat. À l'issue, il peut l'embaucher, donc il aura fait une grande période d'essai. L'alternance, c'est aussi une relation humaine, un plus pour l'entreprise, et notamment dans la transmission des compétences. Il y a des métiers qui pourraient disparaître s'il n'y avait plus de transmission. Et puis pour l'entreprise, l'État a mis en place un ensemble de mesures financières incitatives pour soutenir l'emploi. Donc, c'est aussi une opération qui peut être intéressante financièrement pour l'entreprise. Alors, pour aller un peu plus loin, parce que l'idée, ça va être de vous donner des outils pour connaître le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. C'est deux contrats en alternance, mais avec des spécificités chacun. Le choix, en règle générale, il est fait par l'entreprise, par rapport aux aides financières, aux dispositifs qui le concernent. Donc l'idée, c'est que vous ayez une idée de la spécificité de chacun des contrats, mais ce n'est pas vous ni le candidat qui choisira, en fait sur quel dispositif il va partir. Donc, on a fait un petit comparatif et on démarre par le public ciblé. Donc en apprentissage, c'est accessible de 16 à 29 ans révolus. Et dans certaines situations, on peut aller au-delà des 29 ans, notamment pour les personnes en situation de handicap, les créateurs d'entreprises ou les sportifs de haut niveau. Pour le contrat de professionnalisation, c'est de 16 à 25 ans ou à partir de 26 ans pour certains publics, notamment les demandeurs d'emploi. Et c'est sans limite d'âge pour les bénéficiaires des minima sociaux. L'objectif de la certification dans les deux cas, c'est un titre ou un diplôme professionnel inscrit au RNCP. Pour la certification, ça va être des certifications de qualification professionnelle de branche. C'est la branche qui définit ses besoins en compétences et qui fait un référentiel de formation qui s'appelle un CQP. Et ça peut être aussi des parcours qui visent à une reconnaissance dans les classifications d'une convention collective nationale de branche. Donc la branche peut mettre en place des formations spécifiques à sa branche. Le type de contrat, donc pour l'apprentissage, on peut être en CDI, donc on peut être en CDI et partir en contrat d'alternance. Donc ça c'est intéressant pour les personnes qui viennent vous rencontrer et qui ont un projet de reconversion. Si leur employeur est d'accord, on peut faire une suspension du CDI pour la mise en place d'un contrat d'apprentissage. Et puis sinon, ça peut être des CDD. Pour le contrat de professionnalisation, c'est des CDI de la même manière, des CDI intérimaires, des CDD ou des contrats de travail temporaires. Donc une personne en intérim, en agence d'intérim, peut se voir proposer un contrat d'apprentissage par son agence d'intérim. Et puis, les permanents des agences d'intérim peuvent aussi partir en contrat d'apprentissage. La durée, donc pour le contrat d'apprentissage, on est entre 6 et 36 mois et jusqu'à 4 ans pour les travailleurs en situation de handicap. Donc, on va adapter le référentiel et le temps de formation pour ce public-là. Pour le contrat de professionnalisation, c'est entre 6 et 12 mois en général et 24 mois lorsque la qualification visée l'exige, et notamment la qualification mise en place par la branche. Il y a une possibilité d'étaler la formation jusqu'à 36 mois pour les bénéficiaires des minima sociaux et les personnes ayant bénéficié du CUI, les demandeurs d'emploi. On peut rallonger les périodes de formation pour les personnes très éloignées de l'emploi et les personnes qui sont sorties également du système scolaire sans qualification. C'est une belle opportunité pour les personnes qui sont sans formation et qui veulent accéder au marché de l'emploi. On continue sur les caractéristiques : pour le contrat d'apprentissage, il peut démarrer jusqu'à 3 mois avant ou après le début de la formation et se terminer jusqu'à 2 mois après la fin de la formation. Un jeune peut rentrer en formation, peut signer un contrat d'apprentissage avec un centre de formation, il peut démarrer sa formation et il aura 3 mois pour trouver son entreprise. Et après, il peut terminer 2 mois après la fin de la formation, notamment si l'employeur s'arrange, par exemple juillet-août, il peut continuer à faire travailler son jeune apprenti, même s'il a obtenu son diplôme. Pour le contrat de professionnalisation, le contrat peut démarrer également 2 mois avant le début de la formation et se terminer jusqu'à 2 mois après la formation diplômante et un mois après pour les formations qualifiantes. La durée de la formation, donc dans le contrat d'apprentissage, elle doit représenter au minimum 25% de la durée totale du contrat. Pour la professionnalisation, c'est entre 15 et 25% de la durée du contrat, avec un minimum toutefois de 150 heures de formation. Donc, vous voyez ça s'est vraiment adapté aux besoins de la branche qui le met en place. Le financement, c'est là où est aussi la grosse différence. Dans le contrat d'apprentissage, le financement c'est le principe du coût-contrat, qui est fixé par la branche professionnelle et France Compétences. Donc là, il y a un coût-contrat par diplôme qualifiant qui est fixé. Je veux dire, ça ne dépend de personne. Pour le contrat de professionnalisation, là on va partir sur un forfait horaire. Et donc là, c'est la branche qui va décider de quel taux horaire elle va donner pour former les futurs collaborateurs. On vous a mis un petit lien ici où vous pouvez cliquer, vous allez aller sur notre site et là vous allez avoir par formation et par branche le coût horaire qui est fixé par la branche. Ce coût horaire, il varie en fonction des commissions qui se réunissent en règle générale tous les 3-4 mois. Donc voilà, ça vous donne une idée, mais si vous avez à faire un contrat ou à prendre une décision, bien retourner sur notre site pour voir quel coût horaire est actuellement disponible. On vous a mis donc un petit lien sur les encarts pour en savoir plus sur les deux types de contrats, mais déjà ça vous donne une bonne base pour pouvoir conseiller les personnes qui viennent vous voir, et en tout cas leur expliquer parce qu'ils entendent souvent parler de contrat de professionnalisation ou d'apprentissage, mais ils ne savent pas la différence. Donc bien leur dire que quel que soit le type de contrat, ce sera de l'alternance et il y aura un diplôme au bout. Donc, les aides incitatives, comme je vous ai dit par ailleurs, les entreprises sont aidées pour pouvoir embaucher des apprentis. Donc l'actualité sur ces aides, c'est qu'elles ont été suspendues en début d'année. Donc, elles sont normalement, il y a un cadre légal, un décret qui les fixe pour une année. Donc, elles finissent tout le temps au 31 décembre de l'année et elles reprennent au 1er janvier. Cette année, elles n'ont pas repris au 1er janvier, donc du 1er janvier au 8 mars, il n'y a pas eu d'aide pour les entreprises. Au 8 mars, il y a un décret qui est tombé d'application, qui a fixé les règles du jeu pour l'année. Donc, pour ces règles, ça dépend du niveau de diplôme qu'on prépare et de la taille de l'entreprise dans laquelle on va faire notre apprentissage. Donc, pour un niveau Bac et infrabac, pour une entreprise de moins de 250 salariés, l'entreprise va avoir une aide de 5 000 euros. Donc, c'est une aide annuelle qui est donnée pour la première année d'apprentissage. Pour une entreprise de plus de 250 salariés, ça va être 2 000 euros. Pour les niveaux Bac+2, pour les moins de 250 salariés, on va avoir 4 500 euros. Pour les plus de 250 salariés, 1 500 euros. Et enfin, pour les Bac+3 et plus, moins de 250 salariés, les entreprises auront 2 000 euros. Plus de 250 salariés, les entreprises auront 750 euros. À ces aides-là s'ajoutent, pour les cas particuliers, notamment les travailleurs en situation de handicap, une aide de 6 000 euros qui s'additionne à l'aide dont j'ai parlé par ailleurs. C'est une aide qui est donnée à l'année pour la première année du contrat d'apprentissage et qui est versée mensuellement. Cette aide n'est pas rétroactive. Elle est à partir pour cette année du 8 mars. Elle n'est malheureusement pas rétroactive pour les contrats qui ont été signés en début d'année jusqu'au 8 mars. Et elle s'applique pour les contrats dont la date d'exécution est antérieure au 1er janvier 2027, c'est-à-dire que les contrats signés à partir du 8 mars devront avoir un démarrage en entreprise inférieur au 1er janvier 2027. Cette aide n'est pas versée par les OPCO, elle est versée par l'ASP, l'agence de services et de paiement. Donc nous, dès lors qu'on reçoit un contrat d'apprentissage, qu'on le saisit, qu'on le valide, un numéro DECA est généré, ce numéro est envoyé directement sur le logiciel de l'ASP, qui lui va mettre en place le calendrier de paiement. Et ça va être versé directement aux entreprises. Il y a une obligation et un quota de 5% pour les grandes entreprises. Donc les entreprises dont la masse salariale est supérieure ou égale à 250 salariés, pour bénéficier de ces aides, il faut qu'elles aient dans leurs effectifs plus de 5% d'alternants, d'apprenants.
Nathan Nogueras| 14:03.542
Merci Magdalena, et du coup, moi je vais vous parler rapidement de quelques spécificités sur la thématique du handicap et de l'alternance, et de pourquoi notre OPCO travaille notamment sur ce point. Parce qu'il y a des mesures incitatives, aujourd'hui il n'y a pas de condition d'âge, on peut faire un contrat d'apprentissage, peu importe son âge, quand on est en situation de handicap. Donc en situation de handicap, c'est-à-dire avec une reconnaissance en qualité de travail handicapé, ou d'autres titres qu'on va voir par la suite. On peut aménager la durée, aller jusqu'à 4 ans de contrat. On peut aussi aménager les horaires, faire des contrats avec une quotité horaire hebdomadaire inférieure dans le cas d'une personne en situation de handicap. On a une aide aussi de l'OPCO, des différents OPCO, pour les CFA, pour compenser la pédagogie, du soutien scolaire par exemple, de l'achat de matériel, un fauteuil, un logiciel sur les troubles dys par exemple, très large, tout ce qui va compenser le handicap de la personne en formation, jusqu'à 4000 euros par an et par contrat pour être pris en charge par l'OPCO. C'est une demande qui doit être faite par les référents handicap de CFA. donc voilà on a un rôle à jouer assez fort là-dessus au niveau des OPCO et comme vous l'a dit Magdalena précédemment il y a une aide de l'ASP qui est majorée pour les apprentis en situation de handicap donc elle est de 6000 euros au lieu des différents montants qui vous ont été montrés précédemment, qui est aussi entre 750 et 5000. Voilà là c'est 6000 euros pour toutes les entreprises pardon peu importe la taille ou le niveau de diplôme, il faut juste respecter les conditions de versement que Magdalena vous a présentées. Donc il y a des aménagements et des aides que ce soit en centre de formation, dans la partie scolaire on va dire, on va avoir des aides au niveau des entreprises aussi qui vont s'ajouter en plus de celles de l'ASP de 6000 euros, ce sont les aides de l'Agefiph. Donc dès lors qu'il y a un contrat d'alternance avec une personne en situation de handicap, il y aura une aide suivant la durée du contrat qui peut aller jusqu'à 3000 euros pour un CDI. Donc 6 000 euros + ces potentiels 3 000 euros également. Donc, ça, ce sont des aides de l’Agefiph. Je voulais juste vous parler, pour terminer sur notre partie, sur une loi qui est assez récente. C'est depuis le 1er janvier 2024 et qui a élargi, et c'est pour ça qu'on parle de personnes en situation de handicap et pas que seulement du titre de reconnaissance en qualité de travailleur handicapé. C'est-à-dire que toutes ces personnes ont le droit à ces aides dont on vous a parlé, à toutes ces mesures incitatives. Par exemple, pour les jeunes qui ont entre 15 et 20 ans, si dans leur scolarité, donc en lycée professionnel par exemple, ils ont eu une Prestation de compensation du handicap (une PCH), donc par exemple une assistante de vie scolaire avec eux, s'ils ont eu une Allocation d'éducation d'enfants handicapés (AEEH) ou un Projet personnalisé de scolarisation (PPS), s'ils rentrent dans un de ces trois cadres, ils ont l'équivalence de la RQTH, de la reconnaissance en qualité de travail handicapé, sans démarche administrative supplémentaire, et qui leur donne les mêmes droits. Donc voilà, c'est quelque chose d'assez intéressant à ce niveau-là. Et pareil, en plus de la RQTH, il y a l'extension BOE, donc des Bénéficiaires de l'obligation d'emploi, c'est-à-dire des autres titres du handicap, donc ça peut être la carte mobilité inclusion, qu'on retrouve assez fréquemment, ou l’AAH, l'allocation adulte handicapé, bref, plein de titres qui existent, donc ce qu'on appelle les BOE, les bénéficiaires de l'obligation d'emploi. Merci beaucoup.
Élise André | 17:47.533
Merci beaucoup à tous les deux pour ces éléments éclairants qui posent bien le cadre de l'alternance. Je vous propose de poursuivre directement avec notre deuxième partie avant de traiter vos questions. Je vois qu'elles sont nombreuses dans le tchat. Hugo, justement, dans cette deuxième partie, on va plutôt voir ensemble les démarches qui permettent d'aider les professionnels et les publics dans la recherche d'une entreprise d'accueil. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment justement aider les alternants dans ces démarches ?
Hugo Villand | 18:17.674
Mais bien sûr, je suis là pour ça et merci beaucoup encore Élise pour avoir invité l'ANAF sur ce webinaire. Pour me représenter très rapidement, je suis Hugo Villan, co-directeur général en charge du développement des territoires au sein de l'ANAF, Association Nationale des Apprentis de France. Mon objectif aujourd'hui sera de pouvoir vous proposer un témoignage avec toute l'humilité que cela implique d'une structure qui accompagne les jeunes vers l'apprentissage, vous présenter nos outils et pouvoir également vous proposer une petite sélection d'outils complémentaires qui pourront vous aider dans l'accompagnement de vos bénéficiaires. Pour passer très rapidement sur ce qu'est l’ ANAF, c'est une association qui est aujourd'hui composée uniquement d'apprentis et d'anciens apprentis, qui est née en 2010 et qui porte trois missions, que sont : la représentation des intérêts des apprentis, au niveau national comme au niveau territorial, l'accompagnement des jeunes vers l'apprentissage et durant leur apprentissage dans une logique de levée des freins d'accès et de sécurisation des parcours, et une valorisation de l'apprentissage de ces métiers, de ces secteurs et de ces différents parcours. Tous nos outils, nos programmes sont évidemment mis gratuitement à disposition des jeunes et de leurs accompagnants. Ça inclut évidemment tout ce que je vais vous présenter par la suite. Et donc voilà, pour vous rendre un petit peu compte de qui nous sommes, nous avons aujourd'hui 11 élus au conseil d'administration, donc tous anciens apprentis, en l'occurrence. Certains étaient apprentis à leur entrée, mais ont passé leur diplôme entre-temps. Nous avons une cinquantaine de salariés sur tout le pays. Notre siège est à Lyon et nous avons sept implantations régionales, donc en Haute-France, Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que deux sur deux territoires d'outre-mer, en l'occurrence à Mayotte et en Guyane. Pour tout de suite passer, parce que j'ai peu de temps sur les accompagnements que nous proposons, et vous montrer un petit peu en termes d'exemple la logique avec laquelle nous intervenons, je vais vous présenter 4 types d'actions que nous menons auprès des jeunes. En premier lieu, des ateliers que nous menons au sein des établissements scolaires et au sein des structures d'accompagnement jeunesse, comme les Missions locales, les CRIJ, les maisons d'éducation, etc, les prépa-apprentissages, de moins en moins, mais les prépa-apprentissages quand même. L'idée de ces ateliers, c'est effectivement de sensibiliser les jeunes, de leur transmettre de l'information, de les préparer à leur entrée en alternance. Ces ateliers tournent autour de quatre thématiques, donc l'information sur l'alternance, ce qu'ont pu faire mes collègues d'AKTO tout à l'heure, informer sur les contrats, sur le droit, sur les devoirs, sur comment l'apprentissage fonctionne. Des informations également sur l'orientation, sur les métiers qui peuvent exister sur le territoire éventuellement, et enfin des méthodes pour candidater et les indispensables pour bien s'intégrer en entreprise. L'objectif étant de pouvoir lutter contre les freins informationnels qui peuvent exister à l'intégration d'un parcours en alternance et de pouvoir faire en sorte que les jeunes arrivent avec les bons outils. En parlant d'outils, la deuxième action que je voulais vous présenter aujourd'hui était le Tour des apprentis. Il s'agit d'un événement itinérant qui s'arrête dans plusieurs endroits en France. Nous avons organisé cette année 26 étapes, pour en général tous les ans accompagner à peu près 600 jeunes sur les 26 étapes. L'objectif est de mobiliser sur une journée ou sur une demi-journée des professionnels de l'apprentissage, des professionnels de l'accompagnement jeunesse, des professionnels des secteurs sur les différents territoires sur lesquels nous allons agir. Nous mobilisons par exemple beaucoup des accompagnants de Mission locale, des conseillers d'OPCO aussi. Et l'idée de ces étapes est de pouvoir donner tous les outils aux jeunes pour pouvoir réussir leur candidature. Cet événement se déroule à peu près de mars à juin, donc sur la période qui précède la période où les recherches s'accélèrent d'apprentissage pour les jeunes. Et l'idée est de pouvoir travailler avec eux la posture d'entretien, de pouvoir travailler avec eux la candidature, de pouvoir s'il faut, préciser un petit peu leur projet professionnel. L'idée est que ces jeunes-là ressortent de ce genre d'événement avec tous les outils pour pouvoir enchaîner sur un job meeting dans l'idée. Sur un sujet plus spécifique, car on trouve qu'il est aussi important pour certains panels de jeunes, de bénéficiaires, de pouvoir aller travailler sur des compétences un peu plus spécifiques. Nous avons un programme qui propose à des jeunes plutôt éloignés de l'emploi et de la formation, de travailler sur leur présentation et de travailler sur le fait de se pitcher soi-même, qui s'appelle Filme ton profil, ou à travers la création de ce qu'on appelait un CV vidéo, que l'on appelle plutôt aujourd'hui un profil vidéo. À travers la création de ce média, on va pouvoir travailler avec eux, la présentation de soi. Travailler avec eux la capacité à mobiliser des compétences acquises durant leur parcours, car en général ces jeunes éloignés ont déjà fait beaucoup de choses, ont déjà acquis des compétences lors de petits boulots, lors d'engagements associatifs. En général, ils ont fait beaucoup de choses dans leur parcours qu'ils n'ont pas forcément en tête et qu'ils n'arriveraient pas forcément à valoriser. Et l'idée de ce programme, en plusieurs ateliers, c'est de pouvoir leur apprendre justement à valoriser cette expérience, à avoir la bonne posture, à travailler l'éloquence et à avoir toutes les chances de pouvoir convaincre et de pouvoir se vendre auprès des recruteurs. Et enfin, sur un registre beaucoup plus général, nous portons également un programme de mentorat. Je suppose que beaucoup d'entre vous connaissent déjà le principe du mentorat, mais pour ceux qui n'auraient pas cette connaissance, je vais me permettre. Il s'agit de mettre en relation un mentor, un ou une mentor bénévole avec un jeune en demande d'accompagnement. Au sein de l'ANAF, cet accompagnement par un bénévole doit durer au moins 6 mois à raison d'au moins 3 heures par mois. Cet accompagnement va porter sur un petit peu tous les besoins du jeune, que ce soit en termes de posture, de travailler le parcours professionnel, d'être accompagné sur l'administratif, d'être accompagné humainement, socialement, tout simplement de pouvoir faire des simulations d'entretien. L'avantage de ce type d'accompagnement, c'est que c'est très flexible et que cela s'adapte aux besoins des jeunes qui pourront potentiellement changer sur 6 mois. Évidemment, la relation est monitorée par une salariée, en l'occurrence puisqu’il n'y a que des femmes dans l'équipe mentorale à l'ANAF en ce moment. Les bénévoles sont formés, sont accompagnés sur différents sujets centraux, connexes ou transversaux de l'accompagnement. Et plusieurs ressources sont mises à disposition, et des mentors, et des mentorés, donc des accompagnés, pour que la relation se passe au mieux possible. D'ailleurs, j'en profite, vu que j'ai le bâton de parole, nous sommes toujours à la recherche de mentors bénévoles. Donc, si l'envie vous prenait d'accompagner des jeunes dans le cadre de ce programme-là, n'hésitez surtout pas à vous rendre sur notre site, le Mentorat de l'apprentissage. Je suis désolé, je ne me suis permis. En seconde partie, pour compléter un petit peu ce témoignage et ces idées d'outils, je vais me permettre également de pouvoir vous faire quelques recommandations sur des outils externes à l’ANAF, car il y en a déjà beaucoup en réalité. Et en premier lieu j'aurais aimé vous parler des sites d'annonces, des job boards. Ceux qui ont déjà pu accompagner des jeunes sur l'apprentissage le savent, il y a beaucoup beaucoup beaucoup de job boards différents aujourd'hui en France qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, qui peuvent être de qualités très diverses. Je me suis permis de faire une petite sélection, que je vous présente aujourd'hui sur ceux qui nous paraissent les plus pertinents pour différentes raisons. Comme vous le voyez, il y a une petite flèche sur chacun des cadres. Lorsqu'on vous donnera la présentation, tous les sites que je vais présenter sont cliquables. Alors à part les sites des OPCO que je vais vous présenter juste après, je vous montrerai, mais parce qu'il y en a beaucoup, je n'ai pas mis tous les liens des sites des OPCO, mais ça se retrouve assez facilement. En l'occurrence ce que nous conseillons de faire, nous en général à l'ANAF, c'est plutôt d'aller sur les plateformes publiques, où France Travail et La bonne alternance. Ceux qui ne connaissent pas La bonne alternance, il s'agit du site d'annonce qui est lié au site 1jeune1solution. Il s'agit du site d'annonce du ministère du Travail, où il y a beaucoup d'offres et qui sont en général plutôt bien caractérisées. Pour la suite, les 4 autres sites que nous proposons sont des sites privés. Donc vous connaissez très certainement Linkedin, réseau social très connu maintenant et Indeed, c’est un site que nous conseillons toujours car c'est aujourd'hui le site où il y a le plus d'offres de très loin sur tous les job boards qui sont disponibles en France. Le problème étant que les offres ne sont pas forcément toujours qualifiées, qu'il y en a beaucoup, que les termes peuvent être très différents et d'une manière générale lorsque l'on ne connaît pas les job boards et que l'on débute un peu sur les recherches, on peut avoir l'impression d'être un peu lâchés dans la jungle. Donc il faut être un petit peu préparé lorsque l'on va faire ses recherches sur Indeed, mais ça peut être un outil qui est très puissant lorsque l'on sait s'en servir. Et les 2 derniers job boards que l'on voulait vous présenter, Adopt1 alternant et Welcome to the Jungle, qui sont des plateformes où il y a un peu moins d'offres que sur Indeed. En revanche, en général ce sont des offres qui sont plus qualifiées, où l'entreprise est mieux présentée, où l'offre est mieux détaillée, où la présentation est plus claire, et où en général il y a également des ressources sur différents sujets qui viennent compléter les différentes offres qu'il peut y avoir. À l’ANAF, nous conseillons également souvent d'aller sur les sites des différents OPCO, notamment le site de mes co-présentants d'AKTO ici, mais également des dix autres OPCO. Chaque opérateur de compétences a son propre site d'annonce, avec les annonces qui vont concerner son ou ses secteurs d'activité. N'hésitez surtout pas à aller sur le site de l'OOPCO, à conseiller de faire un tour sur ces sites-là qui sont en général justement très clairs et qui qualifient très bien les offres qui sont présentées. Nous avons également 2 sites spécialisés pour le service public, pour les jeunes qui voudraient entrer en apprentissage au sein du service public : donc emploispublic.fr et emploiterritorial.fr pour la fonction publique territoriale. C'est assez transparent et je me suis permis également de compléter tout cela par les ressources plus spécifiquement régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment le site de la Région Nos Talents Nos Emplois, où il y a également énormément d'offres et où tout est très bien qualifié et très clair. Également les sites consulaires de la CMA régionale, ainsi que de la CCI, de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Et enfin, il peut être également intéressant, car ils sont aussi très pourvoyeurs d'offres d'apprentissage, d'aller sur les sites des métropoles, des départements, les sites spécifiques des régions et les sites des communes d'une manière générale, où il y a également beaucoup d'offres disponibles. En complément, je me suis également permis de vous mettre 2 sites d'annonces spécialisées pour les jeunes en situation de handicap, donc Cap Emploi, que vous connaissez très certainement, pendant de France Travail pour les personnes en recherche en situation de handicap, ainsi que l’Agefiph, qui est une structure spécialisée pour l'accompagnement des personnes en situation de handicap également pour l'accès au travail. En complément de ces sites d'offres, je me suis également permis de vous proposer 4 structures qui pouvaient proposer des solutions d'accompagnement complémentaires, enfin des solutions d'accompagnement tout court, en fait, pour trouver une alternance. Donc France Travail et les Missions locales que vous connaissez très certainement, Info Jeunes qui met à disposition énormément de ressources sur des sujets très variés et notamment sur la recherche de travail et d'apprentissage en l'occurrence. Ainsi que la CCI Auvergne Rhône-Alpes, CCI qui porte différents programmes qui peuvent être très utiles pour les jeunes en recherche d'apprentissage, et je pense notamment, par exemple, aux stages de découverte qui peuvent donner un petit peu un premier ordre d'idée de : est-ce que j'ai vraiment envie d'aller sur ce secteur-là, sur ce métier-là ou est-ce que je ne devrais pas réorienter ma recherche. Je vous en ai un petit peu parlé tout à l'heure, mais il nous semble indispensable, toujours à l’ANAF, de parler du site 1jeune1solution. C'est notamment à ce site-là qu'est liée La bonne alternance, de laquelle j'ai parlé tout à l'heure. 1jeune1solution, c'est un site du gouvernement très complet sur lequel vous pourrez retrouver, en plus des offres d'alternance, des offres de formation en fonction des territoires d'implantation et différentes solutions pour lever les freins périphériques. Et notamment un simulateur d'aide très complet, très bien fait, qui va pouvoir sortir au simulant toutes les aides auxquelles il ou elle pourrait avoir droit en fonction de sa situation. Petite attention tout de même, en général lorsque nous sommes avec des accompagnants, nous conseillons d'accompagner les jeunes sur ce simulateur parce que c'est un simulateur qui est très complet, mais le pendant du fait d'être très complet, c'est qu'il demande beaucoup d'informations aux simulants, des informations que les jeunes n'ont pas toujours en tête. Donc, on conseille au moins un minima de briefer les accompagnés avant qu'ils se rendent sur ces sites-là parce qu'ils pourraient rentrer des informations erronées, ce qui forcément erronerait la recherche. Mais ce site d'une manière générale, ce site 1jeune1solution est un must-have pour toutes les personnes accompagnant des jeunes vers l'apprentissage de notre point de vue, en tout cas, encore une fois. Et enfin, peut-être pour conclure cette présentation, il nous paraissait important de pouvoir parler de la candidature spontanée, qui est souvent sous-estimée par les jeunes. On pense souvent à aller rechercher des offres sur plein de plateformes différentes, mais on pense très peu souvent à aller directement contacter les structures et à anticiper les besoins des structures, ce qui peut être un outil très puissant. Et je me suis permis d'inscrire quelques conseils, les conseils que l'on donne en général aux jeunes pour qu'ils puissent réussir leur candidature spontanée. Donc bien cibler les entreprises, caractériser les entreprises que l'on cible, pourquoi est-ce qu'on les cible, et ne pas envoyer des candidatures tous azimuts et prendre le risque que 80% d'entre elles tombent complètement à côté de la plaque, ce qui est le meilleur moyen de gaspiller son temps et son énergie. Évidemment, privilégier la qualité à la quantité de candidatures. Il vaut mieux 10 candidatures envoyées qui soient très solides qu'une centaine qui vont tomber, encore une fois, pour la plupart à côté de la plaque. L'un des points les plus importants, c'est de bien identifier le bon interlocuteur. Notamment, on est dans une période où, via les réseaux sociaux, et notamment LinkedIn, on peut aller stalker, comme on dit, toutes les personnes au sein d'une structure. L'idée est toujours de repérer les services RH, les cadres opérationnels de l'activité que l'on vise et pouvoir envoyer ces candidatures spontanées aux bonnes personnes, ce qui réduit drastiquement le risque que le mail ne soit jamais transmis à la bonne personne et se perde dans le néant. Évidemment, travailler un premier contact qui soit percutant, qui soit court, qui donne envie d'être recontacté. Et surtout, surtout, surtout, suivre ces candidatures. Car lorsqu'un recruteur vous rappelle au milieu de l'après-midi, vous gagnez beaucoup de points à retrouver qui est cette personne et à retrouver quelle est l'entreprise et ce qu'elle fait dans la conversation. On sait très bien que lorsqu'on envoie plusieurs dizaines, plusieurs centaines de candidatures, on peut vite se perdre. Et tenir un tableau, tenir un carnet de ces différentes candidatures, à qui est-ce qu'on a envoyé quoi, ça nous paraît indispensable. Et pour conclure cette conclusion, la page ne passe pas, je ne sais pas pourquoi la page ne veut pas passer.
Élise André | 34:52.776
Je la remets normalement.
Hugo Villand | 34:56.573
Je vais juste me permettre de pouvoir inscrire également 3 sites de l’ANAF qui peuvent être intéressants pour vos recherches. Les voilà, le site vitrine de l’ANAF où vous pourrez retrouver la bibliothèque de l'alternant où on stocke différentes ressources sur plein de questions concernant l'apprentissage. SOS Apprenti également, nous avons plein d'articles concernant de multiples sujets autour de l'apprentissage ainsi qu'un chat en ligne sur lequel les jeunes ou leurs accompagnants peuvent venir nous poser leurs questions et Filme ton job, sur lesquels vous trouverez de courtes vidéos de 2-3 minutes d'apprentis se filmant dans leur quotidien et dans leur métier. Ils sont tournés dans le cadre d'un concours et qui peuvent donner des témoignages assez intéressants des différents métiers, de ce que c'est que d'être apprenti. Je vous remercie et je m'excuse, je crois que j'ai été un petit peu long.
Élise André | 35:46.035
Merci beaucoup en tout cas, Hugo. Je pense que toutes ces ressources et ces outils seront vraiment précieux pour les professionnels qui accompagnent les publics. Merci beaucoup à vous. Et nous arrivons maintenant à la dernière partie de notre webinaire, avant de passer à vos questions nombreuses dans le tchat. Dernière partie consacrée à la mission de médiation de l'apprentissage qui est peut-être moins connue par les professionnels et par les apprenants. Amandine, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette mission ?
Amandine Paquet | 36:13.447
Oui, bonjour à toutes et à tous. Donc, Amandine Paquet de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne-et-Rouen et je suis la médiatrice pour cette CCI. Donc, je vais vous expliquer un petit peu les enjeux et le rôle du médiateur. Donc, au niveau des enjeux, c'est vraiment faire face à la croissance du nombre d'apprentis en France et diminuer le nombre de ruptures, parce qu'il y en a encore beaucoup. Donc, voilà, c'est vraiment pour essayer de régulariser un petit peu tout ça et offrir donc un soutien personnalisé aux acteurs du contrat face à toutes les difficultés qu'ils peuvent rencontrer et concourir au bon respect du droit du travail qui est appliqué au contrat d'apprentissage. Au niveau du rôle du médiateur, ça va vraiment être de faciliter et réinstaurer du dialogue entre les acteurs du contrat qui sont face à des difficultés rencontrées. Encadrer la démission d'un apprenti parce que pour pouvoir démissionner, l'apprenti a l'obligation de saisir le médiateur de l'apprentissage en veillant au respect du Code du travail. Il y a un article de Code du travail qui prévoit cette démission. Donc, pour encadrer tout ça ils ont l'obligation de saisir le médiateur et puis de pouvoir accompagner, si nécessaire, les parties dans la rupture d'un contrat, en tout cas d’en minimiser les aspects négatifs, dans le sens où pour rompre un contrat d'un commun accord, il n'y a pas besoin de médiateur, mais parfois, ils ont besoin de renseignements complémentaires pour connaître un petit peu les démarches. Voilà. Donc on est là aussi pour les accompagner. Au niveau des cas de saisine de médiateur, donc il y a le risque d'exclusion du CFA. Avant cette démarche d'exclusion du CFA, le médiateur peut être saisi par l'employeur ou l'apprenti s'il le souhaite, pour éviter d'arriver à l'exclusion du CFA. Comme je vous le disais précédemment, en cas de démission et puis lors d'un litige qui peut porter sur le maître d'apprentissage, sur le salaire, les congés, le temps de travail, et puis quand on en vient ensuite à des difficultés relationnelles. Au niveau des différents types de sollicitations, les médiateurs sont très souvent sollicités pour plein de questions, mais nous ne sommes pas compétents sur tout ce qui est la législation du contrat. Donc tout ce qui est rémunération, connaître le taux de rémunération, si l'apprenti est bien payé à un bon taux, le taux horaire, la rémunération pour un futur contrat ou tout ce qui est question sur le droit du travail, ce n'est pas de la compétence du médiateur, mais de la direction du travail. Donc ça, c'est important. Et ensuite, là où on va être sollicité, ça va vraiment être quand l'employeur rencontre des difficultés financières pour payer son apprenti. Donc tous les cas que je vous ai indiqués génèrent derrière un conflit. Et parfois, même si on ne renseigne pas sur tout ce qui est droit du travail, on peut recevoir les personnes, donc l'apprenti, l'employeur avec le CFA parfois, dans un lieu neutre avec une personne neutre, donc le médiateur, et ça solutionne la problématique. L'objectif de la médiation, c'est recevoir les personnes dans un endroit neutre avec une personne neutre pour qu'ils puissent s'exprimer et trouver ensemble une solution face à leurs problématiques, voilà. Donc pour revenir aux différents petits points verts, il y aura tout ce qui est non-respect de la procédure de démission, parce que parfois, il peut y avoir aussi un non-respect de la procédure. Donc, on est là pour veiller à ce que ça se passe correctement. Il peut y avoir un comportement inadapté par l'employeur ou par l'apprenti. Quand il y a un solde de tout compte aussi qui est non remis pour diverses raisons. Donc là aussi, on peut organiser un rendez-vous de médiation. Quand l'apprenti veut changer d'employeur durant sa formation, il ne peut pas forcément démissionner, mais voilà il a du mal à aller vers son employeur pour trouver de la communication et de l'écoute. Donc là il sollicite aussi le médiateur pour avoir un échange lors d'une médiation plus formelle. Quand l'apprenti aussi veut changer de CFA mais que l'employeur refuse. Ça, ça arrive un peu plus exceptionnellement, mais ça arrive en tout cas. C'est un des différents types de sollicitations qu'il peut y avoir. Il y a aussi le comportement inadapté de l'apprenti. On peut avoir aussi des apprentis qui ne reviennent plus dans l'entreprise, sans donner de nouvelles et qui disparaissent. Donc on est là pour essayer de leur permettre de retrouver du dialogue, leur proposer un rendez-vous de médiation, voir ce qui se passe, pourquoi ils ne viennent plus. Et aussi quand il y a trop d'absence chez l'employeur ou le CFA. Ce sont tous des points qu'on essaye de leur permettre de résoudre sans être conseillers, ni pour l'entreprise ni pour l'apprenti, mais vraiment leur faciliter le dialogue et qu'ils puissent ensemble trouver une solution face à leurs problématiques rencontrées. Voilà j'espère que j'aurai été claire. Ensuite, je vous ai mis les contacts de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes. Vous avez tous les médiateurs de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes parce qu'on fonctionne par rapport à l'adresse de l'entreprise et au département. Vous avez toute une cartographie et des contacts des autres médiateurs de la région et le lien pratique pour connaître un petit peu plus en détail les articles de code du travail qui permettent la rupture d'un contrat et du coup une démission.
Élise André | 43:27.543
Merci beaucoup Amandine, c'était très clair donc merci pour ces précisions. Alors je suis désolée parce qu'on est un petit peu en retard sur le programme, mais c'est quand même important qu'on puisse prendre un temps pour répondre à vos questions. Alors elles ont été très nombreuses dans le chat, donc malheureusement nous ne pourrons pas out taiter, mais au moins quelques-unes. Alors, peut-être pour commencer, plutôt pour Magdalena et Nathan, on a eu plusieurs questions notamment sur les aides, et plusieurs personnes nous demandent des précisions sur le versement de l'aide aux entreprises. Est-ce qu'elle est toujours mensuelle ?
Magdalena Pulido | 44:03.325
Oui, effectivement, c'est mensualisé. Donc, l'entreprise crée un compte sur l'ASP, elle renseigne son RIB notamment. Et dès lors que nous on a validé le contrat, un numéro DECA (ça s'appelle un numéro DECA) est envoyé sur le système de l'ASP et ça se met en place automatiquement. Donc l'entreprise n'a rien à faire, si ce n'est à créer son espace sur l'ASP, sur le site de l'ASP.
Nathan Nogueras| 44:26.665
Et c'est bien mensuel.
Magdalena Pulido | 44:27.764
Et c'est mensuel.
Élise André | 44:29.224
Super. En plus, vous avez anticipé en répondant à une deuxième question sur les démarches à faire ou si c'était automatique. Donc, merci beaucoup. Peut-être une autre question d'Isabelle : en cas de rupture de contrat en deuxième année, est-ce que l'aide est proratisée ou est-ce que l'employeur doit-il rendre cette aide ?
Magdalena Pulido | 44:46.289
Alors, l'aide elle n'est donnée que la première année du contrat d'apprentissage. Si dans la première année, effectivement il y a une rupture, la rupture doit être déclarée et l'aide effectivement s'arrête. S’il y a un décalage ou si on ne déclare pas la rupture, l'aide va continuer. À un moment ou à un autre, le CFA déclarera la rupture et à ce moment-là, l'entreprise aura un trop perçu, comme dans le système de la CAF. Et du coup, si elle reprend un alternant et qu'elle re-signe un contrat d'apprentissage, ce trop perçu viendra se défalquer sur la nouvelle aide à laquelle il aurait droit. D'où l'importance de bien déclarer les ruptures assez rapidement.
Élise André | 45:24.812
Merci beaucoup. Et peut-être une question plus précise pour Nathan sur le handicap. Damien nous demande dans quelles conditions une personne en situation de handicap peut-elle faire moins de 35 heures hebdomadaires ?
Nathan Nogueras| 45:36.622
C'est une très bonne question. Du coup, là c'est le rôle de la médecine du travail ou du médecin de la MDPH, de la maison départementale des personnes handicapées. Donc c'est eux qui peuvent signifier un besoin d'aménagement horaire à ce niveau-là. Et j'ai par exemple des contrats d'apprentissage en tête qui font 28 heures justement pour s'adapter aux situations de handicap de la personne. Le CFA aussi a le droit d'aménager la pédagogie, par exemple de passer en distanciel, mais c'est quelque chose qui doit être demandée par la médecine du travail ou le médecin de la MDPH, la maison départementale des personnes handicapées.
Élise André | 46:18.111
Merci beaucoup à tous les deux. Peut-être une ou deux questions pour Hugo maintenant. Des personnes nous demandaient si le Tour des apprentis avait lieu dans tous les départements de la région ou si c'était spécifique à certains lieux en particulier.
Hugo Villand | 46:33.455
Alors malheureusement non. J'ai vu notamment une question sur la possibilité de faire des tours des apprentis à Chambéry ou à Nancy. Au grand damne du Savoyard que je suis, on n'a pas forcément la possibilité de pouvoir aller agir dans les Savoies. Pour l'instant, il y a en Auvergne-Rhône-Alpes deux étapes qui se sont déroulées cette année. Historiquement, on en a trois. Cette année, on n'en a eu malheureusement que deux, du fait de certaines coupes budgétaires. Nous restons une association à Lyon, en l'occurrence et à Clermont-Ferrand, à Villeurbanne précisément, et à Clermont-Ferrand cette année. Et en fait, pour ce qui est d'Auvergne-Rhône-Alpes, l'ANAF est dans cette situation particulière que son siège y est situé, mais nous n'avons pas d'équipe spécifiquement dédiée à l'action territoriale. Donc, les pôles nationaux agissent sur les territoires, participent au salon, mènent quelques ateliers, organisent des étapes d'autour des apprentis, mais nous avons une capacité d'action beaucoup plus limitée que dans une région comme Hauts-de-France, par exemple, ou Île-de-France, où nous avons 6-7 personnes dédiées à l'action territoriale. Nous sommes en cours de reconstitution d'une équipe spécifique pour le territoire d'Auvergne Rhône-Alpes. Nous devrions être fixés a priori en septembre sur la possibilité ou pas d'ouvrir une équipe territoriale sur Auvergne Rhône-Alpes. Donc non, malheureusement pas d'étape ni à Grenoble, ni à Chambéry, ni à Annecy. A priori, à ressources égales l'année prochaine, on devrait être capable de pouvoir mener deux ou trois étapes, très certainement à Lyon et Clermont-Ferrand. Peut-être à Grenoble, mais ça n'est pas sûr.
Élise André | 48:18.272
Ok merci Hugo pour cette réponse complète. Et peut-être pour terminer des questions, cette fois-ci dédiées à Amandine. Une personne nous demande si les coordinateurs pédagogiques au sein d'un CFA peuvent également faire intervenir un médiateur ou est-ce que c'est uniquement l'entreprise ou l'alternant qui peut le faire ?
Amandine Paquet | 48:38.888
Les trois parties peuvent saisir le médiateur, le CFA, l'apprenti ou l'employeur.
Élise André | 48:46.044
Très bien. Et est-ce que la médiation est possible également dans le cas d'un contrat de professionnalisation ou est-ce que ça ne fonctionne que pour l'apprentissage ?
Amandine Paquet | 48:54.509
Là, c'est que pour le contrat d'apprentissage. Le contrat de professionnalisation, je ne sais pas du tout. Je n'en ai pas connaissance. Je ne sais pas.
Élise André | 49:04.675
Eh bien super. Je vous propose de ne pas prendre plus de retard. Je suis vraiment désolée pour tous ceux qui ont posé les questions et qui n'ont pas pu avoir de réponse. Vous étiez très nombreux, donc je vous remercie en tout cas. Je vous propose de conclure ce webinaire. Je remercie une nouvelle fois vivement nos 4 intervenants pour leur intervention de qualité. Le support sera disponible ainsi que le replay du webinaire d'ici quelques jours sur le site de Via Compétences. Et merci beaucoup à vous tous et toutes d'avoir suivi ce webinar. Et je vous dis à très bientôt et bonne journée pour de nouvelles actions.
Amandine Paquet | 49:43.127
Merci. Au revoir. Merci. Bonne journée.