L’IA et le premier emploi des jeunes générations
L’enjeu est double l’intelligence artificielle (IA) peut dans certains cas faciliter l’insertion professionnelle des jeunes mais elle risque aussi de faire disparaitre des postes de juniors ou de débutants. D’ici 5 ans l’IA pourrait détruire la moitié des emplois « juniors » et ainsi augmenter le chômage des jeunes.
Les jeunes diplômés devront intégrer l’IA générative dans leur premier poste en entreprise alors qu’ils ne seront pas assez formés.
Les jeunes ont des raisons de se montrer inquiets mais qu'en pensent les RH ?
L'enquête "IA et jeunes générations", menée par l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), auprès de 220 professionnels RH, vient d’être publiée.
IA et jeunes générations : que montre les chiffres clefs de l’enquête ?
Du coté des entreprises ou organisations :
- 63% des entreprises ont déjà utilisé l’IA auprès de leurs collaborateurs.
- 12 % seulement ont mis en place un programme de formation dédié aux jeunes nouvellement arrivés.
- 10 % des entreprises ont commencé à diminuer les recrutements de juniors en raison du développement de l'IA.
- 34 % des répondants signalent la réduction voir la disparition des missions d’exécution généralement dévolues aux jeunes en alternance ou en stage.
La technologie n’est donc plus une question réservée à demain, mais une réalité concrète et déjà opérationnelle pour la plupart des organisations.
Quelles conséquences pour l’emploi des jeunes ?
Les jeunes générations risquent de :
- Perdre leurs repères au niveau de leur métier. Ainsi des tâches souvent confiées aux jeunes débutants pourraient être réalisées par l’IA comme la rédaction de support, la recherche d’information, la conception de compte rendu, etc.
- Se sentir exclus par manque de nouvelles compétences liées à l’IA (savoir faire des prompts, vérifier ses réponses, protéger ses données, etc.).
- Subir une forte pression, visée la performance pour être reconnu à leur niveau de compétences humaines.
Quelques pistes envisagées
Malgré le fait que 73% des jeunes interrogés âgés de 16 à 25 ans utilisent l’IA générative, ils devront lutter contre son emprise.
Pour les entreprises, il sera nécessaire de repenser l’arrivée du jeune, en proposant une cartographie des tâches à faire, et de répertorier celles qui pourront être faite par l’IA.
Il faudra développer l’esprit critique de jeunes diplômés face à l’IA, apprendre à prompter de façon critique, vérifier les sources, un enjeu important en matière d’orientation.
Favoriser la transmission intergénérationnelle
L’étude préconise de développer le Mentorat pour susciter le partage d’expérience entre les professionnels expérimentés et les juniors.
Parallèlement il est important de valoriser les compétences des jeunes diplômés que l’IA ne peut remplacer comme : le travail d’équipe, la coordination, l’animation de réunions, la prise d’initiative, etc.
L’accompagnement des jeunes professionnels par le mentorat, associé à la reconnaissance de leur compétences humaines, constitue un bon levier pour favoriser leur intégration et une utilisation de l’IA raisonnée.
À lire également
IA et évolutions des compétences
Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA), de nombreuses voix s’interrogent sur ses effets sur l’organisation du travail, l’évolution des métiers et des compétences. Pour certains, c'est l’avenir du travail qui est remis en cause, tandis que d’autres voient dans l’IA un outil professionnel comme un autre, susceptible d’améliorer la productivité et les conditions de travail.
Accompagner à l’ère de l’IA : quelle posture professionnelle ?
Depuis la mise à disposition d’un premier modèle de langage gratuit et grand public avec lequel échanger naturellement, Chat GPT pour ne pas le nommer, le recours à un agent s’est rapidement transformé en habitude… L’intelligence artificielle (IA) s’est donc progressivement invitée dans les conversations, dans les pratiques professionnelles et dans le quotidien de chacun… Pourtant, ces agents alimentés à l'IA peuvent être biaisés, ils ne sont pas toujours au fait de tout et surtout ils n’ont pas été spécifiquement entrainés pour accompagner les individus… Alors, quelle place leur faire, en tant que professionnels au contact des publics, pour mieux les orienter et accompagner vers et dans l’emploi ? Et surtout, comment (re)penser son rôle dans cette nouvelle configuration où l’IA est à portée de main (et d’oreille) ?
Pour aller plus loin
- Accéder à l'étude : L'ANDRH alerte sur des entreprises qui préfèrent l'IA à l'emploi des jeunes générations
- Consulter l'article "Comment enfants et adolescents grandissent avec l’IA, cette « amie » artificielle" de l'Université Sorbonne Paris Nord
- Voir l'"IA : Risques accrus pour la protection des mineurs en ligne" d'e-enfance.
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