Quel usage des fonds de la formation professionnelle en 2025 ?
France compétences a publié le 26 février 2026, son rapport annuel sur l’usage des fonds de la formation professionnelle (RUF) et du conseil en évolution professionnelle.
Destiné aux décideurs publics et paritaires, ce rapport s'inscrit dans la mission de veille, d'observation et de transparence confiée à France Compétences en matière de formation professionnelle. Il offre une vue d'ensemble des dispositifs existants en confrontant les coûts, la qualité des formations et les accompagnements proposés, mais aussi leurs effets concrets sur les parcours des bénéficiaires.
Concrètement, comment est organisé ce rapport ?
Organisé en fiches thématiques concises, le rapport couvre plusieurs dispositifs :
- le plan de développement des compétences
- le compte personnel de formation
- les contrats de professionnalisation et d'apprentissage
- les projets de transition professionnelle
- les formations pour les demandeurs d'emploi
- ainsi que le conseil en évolution professionnelle.
Pour chaque dispositif, il restitue les volumes d'engagements financiers et le nombre d'entrées afin d'établir le coût unitaire correspondant.
Cette édition 2025 s'enrichit de focus thématiques inédits. Ceux-ci portent sur :
- les entreprises recruteuses d'apprentis
- les modalités de formation en apprentissage (présentiel, distanciel, hybride)
- et l'évolution des pratiques d'achat de formation.
Cette édition 2025 porte sur les fonds engagés au cours de l’année 2024.
Quels en sont les principaux enseignements ?
En matière de développement des compétences, 2024 consolide les dynamiques impulsées par la loi du 5 septembre 2018, en particulier en termes de recours massif à l’apprentissage et au CPF.
21,61 milliards d’euros engagés
Ces fonds ont été mobilisés hors fonds dédiés aux formations des personnes en recherche d’emploi et au conseil en évolution professionnelle. Une baisse de 1,7 % est observée par rapport à 2023 en lien principalement avec les mesures de régulation du financement de l’alternance : niveau de prise en charge des contrats d’apprentissage et suppression de la majeure partie des aides de l’État pour les contrats de professionnalisation.
Les hausses observées correspondent à la hausse du concours financier des acteurs privés (contributions conventionnelles) et des ménages (participation financière des actifs pour le CPF).
Les fonds consacrés au CPF
Les fonds consacrés au CPF connaissent une légère progression. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de réformes intervenues en 2024, notamment l’élargissement du catalogue des formations éligibles au permis moto et l’introduction d’une participation financière obligatoire pour les actifs occupés.
Le CPF constitue également un vecteur important d’accès à la formation pour les demandeurs d’emploi, même si les montants engagés restent relativement modestes en raison de la durée plus courte des formations financées et de l’absence d’indemnisation spécifique.
Plan de développement des compétences (PDC)
En 2024, plus de 3 milliards d'euros ont financé la formation des salariés : le PDC concentre 84 % des fonds avec 4,5 millions de formations courtes (19h, 570 € en moyenne), tandis que le Projet de Transition Professionnelle (PTP), bien que minoritaire, affiche un coût unitaire de 30 100 € du fait de parcours longs incluant la rémunération du salarié (64 % du coût).
La formation à destination des personnes en recherche d’emploi
En 2024, 7,6 milliards d'euros ont été consacrés à la formation des demandeurs d'emploi, en recul de 9 % sur deux ans.
Le CPF est le premier vecteur d'accès à la formation pour ce public, même s’il génère peu de dépenses car les formations sont courtes et sans indemnisation spécifique. Parmi les bénéficiaires, plus d'un quart a 45 ans ou plus et plus de la moitié est sans baccalauréat.
Les formations préparatoires aux formations qualifiantes se développent mais peinent à déboucher : leur part a progressé, mais seulement 14 % des bénéficiaires accèdent ensuite à une formation qualifiante.
Enfin, la formation qualifiante améliore l'accès à l'emploi : à deux ans, les personnes formées ont 8 points de probabilité supplémentaires d'être en emploi, avec un effet plus marqué pour les seniors et les moins diplômés — mais sans gain salarial notable.
Le conseil en évolution professionnelle (CEP)
En 2024, 3,37 millions de personnes ont entamé un accompagnement CEP, soit près de 11 % de la population active en France métropolitaine. Les personnes en recherche d’emploi représentent à elles seules 92 % des entrées en 2024 et sont surreprésentées dans les outre-mers.
Dans le rapport, il est souligné que le CEP produit trois types d'effets sur ses bénéficiaires :
- il restaure la confiance et ouvre de nouvelles perspectives professionnelles
- il sécurise le projet en définissant des étapes réalistes
- il renforce la capacité d'agir lors de la mise en œuvre (négociation de financement, achat de formation, etc.).
Ces effets sont souvent discrets et difficiles à mesurer statistiquement.
Valeur ajoutée d’une formation
Évaluer la valeur ajoutée d'une formation est complexe, car l'accès à l'emploi dépend de nombreux facteurs individuels et économiques indépendants de la formation elle-même. Des outils statistiques existent (matching, machine learning) mais restent imparfaits. Pour le CEP, une étude confirme que le service répond bien à ses objectifs en produisant des effets variés et difficiles à mesurer statistiquement.
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